Brigitte Bardot, également connue sous les initiales « BB », née le 28 septembre 1934 à Paris 15e et morte le 28 décembre 2025 à Saint-Tropez (Var), est une actrice, chanteuse et militante animaliste française.
Avec 46 films et plus de 70 chansons à son actif, elle figure parmi les artistes françaises les plus célèbres au monde. Après avoir mis fin à sa carrière artistique en 1973, elle se consacre principalement à la défense de la cause animale.
Issue d'un milieu bourgeois, très jeune elle suit une formation de danse classique, discipline qui façonne sa future allure de comédienne. Elle débute comme mannequin et apparaît à plusieurs reprises en couverture du magazine Elle dès 1949. Elle est remarquée la même année par le réalisateur Marc Allégret et son assistant Roger Vadim.
En 1952, à l’âge de dix-huit ans, elle fait l’objet d’un long article dans Paris Match. Elle accède à une notoriété internationale en 1956 avec le film Et Dieu… créa la femme de Roger Vadim, où elle apparaît nue pour la première fois. Elle tourne ensuite dans de nombreux films à succès en collaborant avec des réalisateurs majeurs comme Christian-Jaque (Babette s'en va-t-en guerre), Henri-Georges Clouzot (La Vérité), Louis Malle (Vie privée, Viva Maria !) et Jean-Luc Godard (Le Mépris).
Figure majeure du cinéma des années 1950 aux années 1970, Brigitte Bardot est une star internationale, muse et égérie de nombreux artistes de son époque. Elle interprète des personnages alliant légèreté, sensualité et modernité.
Considérée comme un symbole de l’émancipation féminine et de la liberté sexuelle, elle incarne souvent des femmes indépendantes, anticonformistes ou séductrices.
Parallèlement à sa carrière cinématographique, Brigitte Bardot mène une activité de chanteuse et enregistre plusieurs chansons populaires, dont La Madrague et Harley Davidson, cette dernière écrite par Serge Gainsbourg.
En 1973, Brigitte Bardot met fin à sa carrière d’actrice afin de se consacrer à la défense des animaux. En 1986, elle crée la fondation Brigitte-Bardot, active dans la protection et la lutte contre la cruauté envers les animaux. Par son engagement, elle contribue notamment à la généralisation de l’usage du pistolet d'abattage dans les abattoirs français ainsi qu’à l’interdiction de l’importation des peaux de phoques en France, décidée sous la présidence de Valéry Giscard d'Estaing. Cette mesure est ensuite étendue à plusieurs pays européens. Elle se prononce également contre la chasse.
À partir des années 1990, elle est au centre de controverses liées à certaines prises de position publiques et fait l’objet de plusieurs condamnations judiciaires pour propos racistes et injures publiques.
Brigitte Anne-Marie Bardot naît le 28 septembre 1934 dans le 15e arrondissement de Paris, au domicile familial situé place Violet. Baptisée le 12 octobre suivant, elle grandit dans une famille bourgeoise catholique. Son père, Louis Bardot (1896-1975), est le fils de Charles Bardot (1860-1941), ingénieur des Arts et Manufactures originaire de Ligny-en-Barrois. La famille Bardot possède des attaches anciennes en Lorraine et compte un lien de parenté éloigné avec Nicolas Charles Oudinot, maréchal d’Empire et duc de Reggio. Sa grand-mère paternelle, Jeanne Hyacinthe Marie Claveau (1864-1950), née à Louveciennes, est propriétaire d’une résidence familiale où Brigitte Bardot passe une partie de ses vacances d’enfance.
Louis Bardot est un industriel français, propriétaire des usines Bardot — aujourd’hui intégrées au groupe Air Liquide — dont le siège était situé rue Vineuse, à Paris. À ses heures perdues, il écrit de la poésie sous le pseudonyme de Pilou-Bardot. L’un de ses recueils, Vers en vrac, est récompensé en 1961 par l’Académie française, qui lui décerne le prix Paul-Labbé-Vauquelin. Son épouse, Anne-Marie Mucel (1912-1978), mère de Brigitte Bardot, est la fille d’Isidore Léon Mucel (1881-1958), originaire de Valence (Drôme) et directeur d’une compagnie d’assurances et de Jeanne Louise Grandval (1887-1970), originaire de Paris. Anne-Marie Mucel passe une partie de sa jeunesse à Milan, en Italie, où ses parents disposent d’une loge à La Scala. Elle nourrit alors l’ambition de devenir danseuse et actrice. En 1933, elle rencontre Louis Bardot, qu’elle épouse la même année. Après leur mariage, le couple réside dans un vaste appartement de la rue de la Pompe, dans le 16e arrondissement de Paris, tout en disposant d'une résidence de week-end à Louveciennes. Les époux ont seize ans d’écart et conservent toute leur vie l’usage du vouvoiement. Au sein du foyer, les tâches domestiques sont assurées par du personnel de maison logé sous les combles, et Anne-Marie Bardot ne cuisine jamais. À partir de 1942, alors qu’elle est âgée de 30 ans et son mari de 46 ans, le couple fait chambre à part. À la même époque, Anne-Marie aménage à son domicile un atelier de chapellerie et vend ses créations à son entourage. Après la Seconde Guerre mondiale, et durant les années 1950, elle poursuit son activité de modiste, qu’elle complète par la couture. Elle se spécialise alors dans la confection de robes de débutante.
À leur décès, Louis et Anne-Marie Bardot ne laissent qu'un héritage modeste à leurs enfants et petits-enfants. Parmi les biens transmis figure la bibliothèque familiale, qui occupait une place importante dans la vie de Louis Bardot. Cette collection est léguée à Nicolas Charrier, fils unique de Brigitte Bardot. Elle comprend notamment des ouvrages rédigés par les dignitaires nazis Hermann Göring et Joseph Goebbels, par le théoricien racial Arthur de Gobineau ainsi que par l’écrivain collaborationniste Pierre Drieu la Rochelle. On y trouve également un exemplaire de Mein Kampf portant une dédicace attribuée à Adolf Hitler.
Les parents de Brigitte Bardot sont passionnés de cinéma et filment leur famille avec une caméra amateur, une pratique encore rare à cette époque. Il existe ainsi de nombreux films de Brigitte, de sa naissance jusqu'à ses seize ans. Une séquence, tournée en 1939 par sa mère à Hendaye, montre Brigitte à l'âge de cinq ans dans un scénario d'une histoire d'amour champêtre avec un petit garçon, incluant plusieurs scènes de baisers. Cette séquence est diffusée au cours de la première émission de Cinq colonnes à la une, le 9 janvier 1959. France Roche, qui interviewe Brigitte Bardot, fait ensuite venir sur le plateau Michel Igon, son partenaire de l'époque dans cette séquence. Il évoque les nombreux tournages du père de Brigitte Bardot, qui dirigeait sévèrement les enfants en leur administrant parfois des gifles.
Enfant, Brigitte se trouve laide, et se sent mal-aimée. Elle porte un appareil dentaire et des lunettes. À la suite d'une maladie, elle souffre d'un strabisme divergent et d’une amblyopie de l'œil gauche. Ce regard la handicape et altère l’image qu’elle a d’elle-même, mais il lui donne aussi une façon singulière de percevoir le monde et de se mouvoir, contribuant à sa grâce.
Sa jeunesse est marquée par une éducation rigoureuse. Lors d'un entretien accordé à Jean Cau, elle attribue son esprit rebelle à l'éducation qu'elle a reçue : « J'ai été élevée par des parents de droite, d'une bourgeoisie austère, qui m'ont donné une éducation assez stricte. J'ai connu la cravache… J'allais dans une école catholique, j'étais surveillée avec une gouvernante. Je ne sortais jamais dans la rue toute seule. J'ai été très tenue jusqu'à l'âge de quinze ans. »
Sa mère n'hésite pas à la gifler « si son corps s'affaisse », afin que sa fille y gagne ce « port de tête altier », qui caractérise l'actrice et qui est perçu par certains comme de l'arrogance.
Brigitte est dissipée, elle souffre de la préférence de ses parents pour sa sœur cadette Marie-Jeanne dite Mijanou, née le 5 mai 1938, et qui mène une carrière d'actrice et de mannequin de 1956 à 1970, avant de se reconvertir dans l'entreprenariat. Elle est mariée avec le comédien belge Patrick Bauchau depuis 1962.
À l'automne 1940, en pleine Seconde Guerre mondiale, elle commence sa scolarité au cours Boutet de Monvel, rue Boissy-d’Anglas dans le 8e arrondissement de Paris. Elle est inscrite à l'école de danse Rico à raison d'un jour par semaine.