Brian Joubert, né le 20 septembre 1984 à Poitiers, est un patineur artistique français. Il est champion du monde de la discipline en 2007, titre remporté à Tokyo (Japon).
Outre ce titre majeur, il est également trois fois vice-champion du monde (2004, 2006, 2008), trois fois champion d'Europe (2004, 2007, 2009) et huit fois champion de France (de 2003 à 2008 et 2011 à 2012),
Il détient également le record du nombre de médailles aux championnats du monde et d'Europe du patinage moderne post-Seconde Guerre mondiale (16 médailles).
Le 14 février 2014, lors des Jeux olympiques de Sotchi, où il ne remporte aucune médaille, il annonce qu'il met fin à sa carrière.
Brian Joubert est né à Poitiers en 1984. Son père Jean-Michel est conducteur d'engin dans les travaux public, sa mère, Raymonde, est aide-maternelle. À sa naissance, Brian pèse 4,5 kilogrammes pour cinquante-six centimètres, mais ne cesse de perdre du poids les jours suivants. Ce n'est que onze mois plus tard que les médecins s'aperçoivent que Brian souffre d'un staphylocoque qu'il a attrapé à la maternité. L'ablation de l'un de ses reins entièrement rongé est alors indispensable. Cela ne l'empêche pas de commencer à patiner dès l'âge de 4 ans en suivant ses deux sœurs aînées à la patinoire.
Il participe même à sa première compétition dès 5 ans, à Joué-lès-Tours, où il est le seul garçon à patiner. Habillé en Arlequin, il oublie totalement la chorégraphie et improvise sa première prestation sans paniquer. Pratiquant également le hockey-sur-glace, Brian se concentre très vite sur le patinage artistique à partir de six ans, un sport qu'il aime beaucoup et dans lequel il prend de plus en plus de plaisir. Il commence à pratiquer la danse sur glace, mais se dirige rapidement vers le patinage artistique individuel car il est fasciné par les sauts. C'est son premier entraîneur Véronique Guyon qui l'a remarqué et encouragé au Lycée Camille-Guérin à Poitiers à poursuivre le patinage. En l'an 2000, il devient champion de France espoir et vice-champion de France junior. En 2001, il n'est plus que quatrième aux championnats de France junior.
2001-2002 est la première saison où Brian se fait connaître auprès du grand public pour ses résultats. Il choisit de patiner sur la musique Mexican Hat Dance pour son programme court et la musique du film The Mission pour son programme long. Après avoir remporté le masters en septembre, et s'être classé neuvième au Skate America en octobre, il monte pour la première fois sur le podium des championnats de France à Grenoble en se classant troisième, derrière Gabriel Monnier et Frédéric Dambier.
Décrochant ainsi son billet pour les championnats d'Europe de janvier 2002 à Lausanne, il obtient la médaille de bronze dès sa première participation, derrière les russes Alexei Yagudin et Aleksandr Abt. Sur cette compétition européenne, Brian a été le premier patineur français devant Frédéric Dambier (5e) et le champion de France Gabriel Monnier (10e). Cet excellent résultat va lui permettre de représenter la France aux Jeux olympiques d'hiver de février 2002 à Salt Lake City. Il participe ainsi à ses premiers Jeux olympiques et y conquiert une honorable quatorzième place, loin derrière son idole Aleksey Yagudin, le nouveau champion olympique. Aux championnats du monde de mars 2002 à Nagano, pour ses premiers mondiaux, il obtient la treizième place.
En 2002-2003, Brian patine sur "Time" des Pink Floyd pour son programme court et sur la musique du film Les Incorruptibles pour son programme long. Il commence lentement sa nouvelle saison en ne prenant que la troisième place des masters de septembre, mais réagit rapidement en remportant le skate America le mois suivant, le premier Grand-Prix ISU qu'il remporte depuis le début de sa carrière. En novembre, il ne réussit pas à concrétiser sa victoire aux États-Unis, et ne finit qu'à la cinquième place du Trophée de France. Il remporte toutefois les championnats de France de décembre à Asnières-sur-Seine, devant Stanick Jeannette et Frédéric Dambier.
Aux championnats d'Europe de janvier 2003 à Malmö, il monte d'une marche sur le podium par rapport à l'année passée et devient vice-champion d'Europe à 18 ans. En février/mars, qualifié pour sa première finale du Grand-Prix, il obtient la médaille de bronze de la compétition, organisée à Saint-Pétersbourg. Quelques jours plus tard, aux championnats du monde de mars 2003 à Washington, les résultats de Brian sont en constante progression puisqu'il rentre dans le top 10 mondial en obtenant la sixième place.
En 2003-2004, il s'adjoint les services du champion olympique russe Aleksey Yagudin pour le conseiller. Il quitte également Véronique Guyon, son entraineur de toujours pour Laurent Depouilly. Son programme court est le même que l'année précédente, son programme libre est basé sur la bande originale du film Matrix (notamment Clubbed to Death de Rob D et Spybreak de Propellerheads). Il gagne les masters de Colmar pour commencer sa saison, termine deuxième de la première Coupe de Chine mais ne prend que la quatrième place du Trophée Lalique. Ces résultats ne lui permettent pas d'être qualifié pour la finale du Grand-Prix ISU organisée à Colorado Springs. En décembre, il conserve son titre de champion de France élite à Briançon, devant Frédéric Dambier et Stanick Jeannette.
Aux championnats d'Europe de février 2004 à Budapest, il conquiert le titre face au russe Evgeni Plushenko. C'est le premier français à obtenir ce titre européen depuis quarante ans, depuis la dernière victoire d'Alain Calmat en 1964 à Grenoble. Quelques semaines plus tard, il y a inversion des rôles puisque Brian est vice-champion du monde à Dortmund lors des championnats du monde de mars 2004 derrière ce même Evgeni Plushenko. Brian passe ensuite l'été à Simsbury, entraîné par Laurent Depouilly, Alexeï Iagoudine et d'autres.
En 2004-2005, Brian patine son programme court sur une musique du Blue Men Group (notamment Exhibit 13, Above, et Time to Start) et son programme libre sur la bande originale du film 1492 : Christophe Colomb (1492: Conquest of Paradise). Après un début de saison aux masters de septembre où il se classe troisième, Brian décide de revoir entièrement la composition de son programme libre. Le mois suivant, il connaît sa seconde victoire au Skate America et une deuxième place au Trophée Bompard de novembre. De nouveau champion de France à Rennes pour la troisième fois, devant Frédéric Dambier et Samuel Contesti, il ne prend que la cinquième place de la finale du Grand-Prix ISU à Pékin.
Quelques jours plus tard, il décide de quitter son entraîneur Laurent Depouilly en janvier 2005 pour retrouver son premier entraîneur Véronique Guyon, juste une semaine avant les championnats d'Europe de janvier 2005 à Turin. Malgré ce changement précipité, il est vice-champion européen derrière le russe Evgeni Plushenko. Aux championnats du monde de mars 2005 à Moscou, il va redescendre du classement mondial en ne prenant qu'une étonnante sixième place. La mauvaise prestation qu'a présentée Brian a sans doute été provoquée par l'abandon de son principal rival Evgeni Plushenko après le programme court, qui lui ouvrait ainsi les portes de la médaille d'or. Après l'annonce de l'abandon du russe, Brian n'a semble-t-il pas réussi à gérer la pression et une chute sur un saut au début de son programme libre va le déstabiliser tout au long de son programme et le faire tomber plusieurs fois. En juin 2005, il quitte à nouveau Véronique Guyon pour préparer la saison olympique à venir avec un entraîneur russe, Andrei Berezintsev.
En 2005-2006, Brian a pour seul objectif, avoué depuis toujours : devenir le champion olympique qu'il a toujours rêvé d'être. Son programme court est fondé sur une musique de "James Bond" et son libre sur "Lord of the Dance", tous deux chorégraphiés par Nikolai Morozov. La saison commence en septembre par les Masters français à Reims qu'il remporte. Il participe ensuite aux épreuves du Grand-Prix ISU où il obtient une médaille de bronze au Skate America en octobre et une médaille d'argent au Trophée Bompard en novembre. Néanmoins, cela ne lui permet pas d'être qualifié pour la finale du Grand-Prix ISU organisée à Tokyo. Le mois suivant, il continue de dominer le patinage français masculin en conservant pour la quatrième fois son titre de champion de France à Besançon, devant Samuel Contesti et Alban Préaubert.