Ce Jour-là

Brian Jones (musicien)

Musicien anglais

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Lewis Brian Hopkins Jones, dit Brian Jones, né le 28 février 1942 à Cheltenham (Gloucestershire) et mort le 3 juillet 1969 à Hartfield (Sussex de l'Est), est un musicien multi-instrumentiste britannique.

Icône des années 1960, il est le fondateur et le multi-instrumentiste des Rolling Stones, groupe pour lequel il a joué de 1962 à 1969. Originellement guitariste et harmoniciste, Brian Jones maîtrise de nombreux instruments. À partir de l'album Aftermath (1966), il intègre à de nombreux titres des instruments alors peu communs dans le rock and roll comme la flûte, le dulcimer, le sitar ou encore le mellotron. Le point culminant de cette instrumentation élargie est atteint dans l'album Their Satanic Majesties Request (1967). Il influence ainsi considérablement la musique des Stones dans leur période 1962-1969.

Leader du groupe à ses débuts sans jamais être véritablement considéré comme un compositeur à part entière, il est ensuite relégué au second plan par l'influence grandissante du duo Mick Jagger et Keith Richards. À partir de 1966, il connaît de sérieux problèmes de drogue ainsi que des difficultés dans sa vie sentimentale, devenant de moins en moins impliqué et n'apportant plus son talent qu'aux arrangements. Finalement, en raison de son caractère déjà difficile, son absence des studios et des problèmes judiciaires qui l'empêchent de participer aux futures tournées, il est contraint de quitter les Rolling Stones en juin 1969. À peine un mois après, il est retrouvé mort dans la piscine de sa résidence au sud de Londres. Sa disparition marque un changement dans la musique du groupe.

Il est un des symboles de la révolution des mœurs des années 1960 en Europe. Le bassiste originel des Stones, Bill Wyman, a dit de lui :

« … Il a créé le groupe. Il a choisi les membres. Il a nommé le groupe. Il a choisi la musique qu'on jouait. Il nous a trouvé des concerts… Très influent, très important, et puis il a perdu son pouvoir peu à peu — extrêmement intelligent — et il l'a gâché et tout s'est envolé. »

Né dans une famille de musiciens (sa mère Louisa est professeur de piano et son père Lewis joue de l'orgue dans la chorale de l'église locale de Cheltenham), Brian Jones est très tôt intéressé par la musique. À quatre ans, une attaque de croup le rend asthmatique, une affection qui le suivra toute sa vie.

Très jeune, Brian est touché par les grands bluesmen noirs américains. Il persuade ses parents de lui offrir un saxophone puis reçoit une guitare pour ses 17 ans. Au-delà de son apprentissage musical, il se révèle un élève assez brillant, obtenant notamment trois A-level en physique, chimie et biologie. Néanmoins, il a quelques difficultés avec l'autorité scolaire, puisqu'il est renvoyé à deux reprises. En 1959, à 16 ans, il est renvoyé de son école pour avoir mis enceinte une de ses camarades de classe de 16 ans, Valerie Corbett de la Girl's Grammar School. C’est le scandale, toute la ville en parle, jusque dans les journaux locaux. Résultat, ses parents l’envoient en Allemagne pendant deux semaines, le temps que les choses se calment. Brian parle d’avortement, Valérie refuse, accouche et confie son bébé à l’assistance publique. Il sera adopté plus tard. À son retour, Brian est rejeté de tous. Ses camarades, ses voisins refusent d’être vus ou associés à lui. À la maison, la situation est intenable. Il passe ses journées enfermé dans sa chambre, rêvant de devenir un musicien professionnel, ou s’amuse avec son jouet favori : un autobus en bois de cerisier, avec des lumières clignotantes, que son père lui avait offert dans son enfance.

Commence alors une vie d'errance pour Brian Jones qui quitte le foyer familial en juin 1959 et se rend en Scandinavie. Il traverse l'Europe avec sa guitare, gagnant quelques sous en jouant dans la rue. De retour à Cheltenham en novembre, il joue un temps du saxophone dans un groupe nommé The Ramrods. En août 1960, il devient père pour la seconde fois (bien qu'il ne le sache pas) après une aventure avec une toute jeune mariée. Brian Jones aura en tout six enfants de six mères différentes, dont trois nés avant la création des Rolling Stones.

En octobre 1961, peu après la naissance de son troisième enfant, il s'installe avec la mère de celle-ci, Pat Andrews, à Londres, au 38 Priory Street. Fanatique du blues et très intéressé par le jazz, Brian Jones se lie d'amitié avec les grandes figures de la (petite et naissante) scène rhythm and blues de la capitale, notamment Alexis Korner, Jack Bruce (futur bassiste de Cream), Manfred Mann ou Paul Jones. Il intègre le groupe d'Alexis Korner, le Blues Incorporated dans lequel il joue de la guitare slide dans les salles de la capitale sous le pseudonyme d'Elmo Lewis (en référence au bluesman Elmore James). En avril 1962, Dick Taylor, Keith Richards et Mick Jagger voient Brian Jones jouer à l'Ealing Jazz Club. Les trois musiciens qui ont monté leur propre groupe Little Blue Boy and the Blue Boys se greffent au Blues Incorporated.

Soucieux de monter son propre groupe, Brian Jones passe une petite annonce dans Jazz News fin 1961. Ian Stewart répond à l'annonce. La première mouture des Rolling Stones se forme avec Brian Jones et un certain Geoff Bradford aux guitares, Ian Stewart au piano, Paul Pond au chant. Le poste de batteur est fluctuant : plusieurs batteurs payés au concert se succèdent dont Charlie Watts et Mick Avory (futur Kinks). Lorsque Paul Pond quitte le groupe, Alexis Korner suggère à Brian Jones, le chanteur Mick Jagger qui a fait sa place dans le Blues Incorporated. Ce dernier impose alors son ami Keith Richards ainsi que Dick Taylor (futur membre des Pretty Things). Geoff Bradford quitte le groupe et Mick Jagger, Keith Richards, Ian Stewart, Dick Taylor et Brian Jones forment l'ossature du groupe qui prendra en juin, le nom de Rollin' Stones avant de s'appeler Rolling Stones. Selon Keith Richards, c'est Brian Jones qui trouve le nom du groupe, alors qu'il est au téléphone en train de prospecter pour trouver des engagements pour des concerts. Alors qu'on lui demande le nom de son groupe, il cite le premier nom qu'il a sous les yeux : le titre d'un morceau de Muddy Waters : Rollin' Stone, dont il est un inconditionnel. Néanmoins, il semblerait que cette anecdote ne soit qu'une légende, puisque d'après Ian Stewart, dès sa première rencontre avec Brian Jones à la suite de l'annonce dans Jazz News, Brian Jones avait déjà décidé de nommer son futur groupe Rollin' Stones.

Plus tard dans l'année, Bill Wyman remplacera Dick Taylor à la basse et Charlie Watts prendra le poste de batteur. La formation des Rolling Stones (sans Ian Stewart écarté par le manager Andrew Loog Oldham) ne bougera plus jusqu'en 1969.

Ascension avec les Rolling Stones

Avec les Rolling Stones, Brian Jones se révèle un brillant multi-instrumentiste, donnant un son particulier à la musique de l'époque du groupe. Lors des premières années avec les Stones, il s'illustre par ses parties de guitare slide que l'on peut entendre sur des titres comme I Wanna Be Your Man, I'm A King Bee (en) ou Little Red Rooster mais aussi par ses parties d'harmonica que l'on entend sur Stoned, Not Fade Away ou I Just Want to Make Love to You. Petit à petit, il intègre aux compositions des Rolling Stones de nombreux instruments traditionnels comme le hautbois (Dandelion), la trompette (Child of the Moon), le sitar (Paint It Black), le mellotron (She's a Rainbow), le marimba (Under My Thumb) ou l'accordéon (Backstreet Girl).

Cependant, l'arrivée du manager Andrew Loog Oldham en 1963 va peu à peu diminuer l'influence de Brian Jones sur le groupe. Oldham décide de pousser le duo Mick Jagger/Keith Richards à composer leurs propres titres et donc à s'imposer comme les leaders du groupe, ce qui se produira en 1965 lorsque des compositions du duo atteindront les premières places des charts. La responsabilité de Brian Jones sur les directions musicales décline de ce fait. La décision prise par Oldham et Jagger que ce dernier soit présenté comme le leader du groupe (ce qu'accepte Jones dans l'intérêt du groupe) le pousse au second plan.

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