Ce Jour-là

Breton

Langue celtique parlée en Bretagne

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Le breton (en breton : brezhoneg, souvent prononcé /breˈzõːnɛk/ ou /bʁeˈzõːnək/ dans les dialectes majoritaires KLT, /ˈbrəhõ̝nək/ ou /br̩ˈtõ̝/ dans certains parlers vannetais) est une langue celtique parlée en Bretagne. Ses locuteurs sont des brittophones ou bretonnants.

Le breton appartient au groupe des langues celtiques brittoniques, plus précisément à la branche brittonique du Sud-Ouest. Il est apparenté à ses deux cousines du Royaume-Uni que sont le cornique, autre membre de cette branche, et, plus lointainement, le gallois, membre de la branche-sœur des langues brittoniques occidentales. Il est reconnu comme langue régionale ou minoritaire de France et, depuis 2004, comme langue de la région Bretagne, aux côtés du français et du gallo, par le conseil régional. Il est classé comme « langue sérieusement en danger » selon l'Unesco.

Sa pratique traditionnelle est majoritairement concentrée dans l'ouest de la péninsule, au-delà d'une ligne allant de Plouha au nord jusqu'au pays de Muzillac au sud. Au Xe siècle, le breton était pourtant parlé à 20 km de Rennes. La Basse-Bretagne est la ligne de limitation Est du domaine brittophone est la plus discutée.

Selon le sondage TMO pour la région Bretagne réalisé en 2018, il y aurait environ 207 000 locuteurs actifs de plus de 15 ans dans les cinq départements de la Bretagne historique, dont 51 % dans le Finistère, ce qui représente au total 5,5 % de la population bretonne. En 2024, le nombre de locuteurs est estimé à 107 000 personnes. Jusqu'en 2018, le breton était après le français la première langue parlée dans la région de la Bretagne. Depuis les années 1980, il n'est plus attesté de brittophone monolingue. En 2025, l'office public de la langue bretonne compte environ 225 000 locuteurs de plus de deux ans.

La prononciation, le vocabulaire et d'autres aspects de la forme sous laquelle la langue devrait être conservée dans le monde contemporain sont des objets de controverse. Certains sont partisans d'un breton populaire, d'autres d'une langue purifiée n’utilisant pas ou très peu d’emprunts aux langues romanes comme le gallo, voire le français. Ces controverses portent aussi sur l’écriture de la langue et l'intégration de la diversité dialectale du breton. L'orthographe officielle du breton est le peurunvan.

Le breton est une langue celtique de la branche brittonique, en cela proche du gallois et plus encore du cornique. Son histoire en Bretagne « continentale » commence à la fin de l’Antiquité et la langue s’y implante autour du Ve siècle à la faveur des migrations de populations bretonnes vers la péninsule armoricaine. Selon Antoine Châtelier, les phénomène de brittonisation aurait pu débuter dès le IIIe siècle, favorisée par les troubles socio-culturels et politiques que traverse la péninsule durant cette période. Ces “nouveaux” celtes se mélangèrent aux tribus celtes déjà présentes : les Vénètes, les Osismes et les Coriosolites[réf. incomplète].

Du fait de sa proximité immédiate avec le roman, puis le gallo et le français, la langue bretonne a intégré au fil des siècles de nombreux mots d'origine latine. Certains termes aujourd'hui jugés fautifs ou considérés comme de récents emprunts à la langue française sont ainsi utilisés en breton depuis très longtemps. C'est notamment le cas pour les termes partout (« partout »), déjà relevé en 1575 et langaj (« langage »), signalé sur le Catholicon en 1499.

Le breton est généralement scindé en trois phases historiques :

le vieux breton, du Ve au XIe siècle ;

le moyen breton, du XIIe au XVIe siècle ;

le breton moderne, du XVIIe à nos jours.

Cette langue est traditionnellement parlée dans la partie occidentale de la Bretagne (ou Basse-Bretagne) à partir d'une ligne allant de Saint-Brieuc (au nord) au pays de Guérande (au sud).

Après le retrait de l'Empire romain et de ses armées de Bretagne insulaire durant la première décennie du Ve siècle, le mouvement migratoire breton s'intensifie, notamment à cause de la poussée des Pictes de Calédonie (actuelle Écosse), des scots d'Irlande, ainsi que des Jutes, des Angles et des Saxons de l'actuel Danemark et de Germanie, qui ont abordé dès 442 l'île de Bretagne. Pour combler ce vide militaire, les civitates armoricaines concluent des traités avec leurs voisins d'outre-Manche pour faire venir des tribus bretonnes menées par leurs chefs traditionnels. Ces colons mi-paysans, mi-soldats, venus du Pays de Galles (le groupe de saints le plus important partant de cette région, souvent après avoir été formés dans des écoles monastiques telles que celle de Llannilltud Fawr), de la Cornouaille et de la Domnonée insulaire au sud de la Grande-Bretagne, vont contribuer à répandre des cultes et des influences extérieurs. La seconde vague d'émigration est non seulement organisée mais aussi encouragée par l'Église. Les migrants bretons sont en effet accompagnés et encadrés par de hauts dignitaires du clergé breton (les « saints bretons », notamment les sept saints fondateurs).

Il existe une diversité de la position de l’accent tonique dans les langues celtiques. Cela interdirait toute supposition sur la place de l’accent en vieux celtique et ne permettrait pas d’expliquer par un substrat gaulois les spécificités du vannetais.

À la suite de la bataille de Jengland (851), la Bretagne s'agrège les Marches de Bretagne, comprenant notamment Nantes et Rennes. Ces villes romanes exerceront une influence notable dans le recul du breton parmi l’élite bretonne : dès le haut Moyen Âge, le roman de l'Ouest (ancêtre du gallo actuel) tend à remplacer le breton dans l’administration ducale et le dernier duc de Bretagne à parler breton est supposé être Alain IV Fergent (mort en 1119).

le vieux breton, jusqu'à la fin du XIe siècle, date de la fin de l'occupation normande qui marquera le début du moyen breton.

le moyen breton, jusqu'à la fin du XVIe siècle.

Vers l’an 1000, en suivant la frontière des toponymes signifiant monastère : Mouster, Monter, Montoir (établis dans une localité à l’époque bretonnante) qui s’opposent au toponyme Moutiers (établis dans une localité à l’époque de langue romane), on s’aperçoit que le breton est usité dans une zone correspondant à peu près aux trois départements du Morbihan, du Finistère, et des Côtes-d'Armor, ainsi qu'une petite partie de celui d'Ille-et-Vilaine et le pays Guérandais dans la Loire-Atlantique.

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