Ce Jour-là

Boris Taslitzky

Peintre français

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Boris Taslitzky, né le 30 septembre 1911 à Paris et mort le 9 décembre 2005 dans la même ville, est un peintre français d'origine russe et ukrainienne, dont l'œuvre s'inscrit dans le courant du réalisme socialiste.

Boris Taslitzky naît en France d'une mère venant de Crimée, d'ascendance juive, et d'un père venant d'Ukraine, tous deux émigrés après l'échec de la Révolution russe de 1905. Son père, ingénieur, meurt dans les tranchées durant la Première Guerre mondiale, comme engagé volontaire. Le jeune Boris devient pupille de la Nation. Sa mère est déportée et assassinée à Auschwitz.

Il commence à peindre à l’âge de quinze ans et fréquente les académies de Montparnasse, visite le Louvre et copie les grands maîtres, notamment Rubens, Delacroix, Géricault ou Courbet , puis entre en 1928 à l'École des beaux-arts de Paris.

Engagement politique et culturel

En 1933, il adhère à l'AEAR, Association des écrivains et artistes révolutionnaires, dont il devient secrétaire général de la section des peintres et sculpteurs, puis en 1935 au Parti communiste français.

En 1936, lors de la présentation de Quatorze Juillet, pièce de Romain Rolland, il participe à l'exposition qui réunit notamment Picasso, Léger, Matisse, Braque, Jean Lurçat, Laurens et Pignon dans le hall du théâtre de l'Alhambra. Il participe activement aux débats de la Maison de la Culture qui préfigurent la politique culturelle du Front populaire. Il réalise en 1937 des dessins d'illustration pour le journal communiste Ce soir d'Aragon et Jean-Richard Bloch. Il est en 1938 secrétaire général des peintres et sculpteurs de la Maison de la culture de Paris.

Engagement dans la Résistance et déportation

Mobilisé à Meaux, Boris Taslitzky est fait prisonnier en juin 1940, s'évade en août et s'engage dans la Résistance au sein du Front national de lutte pour la libération et l'indépendance de la France. Arrêté en novembre 1941, condamné à deux ans de prison pour des « dessins de propagande communiste », il est transféré dans les prisons de Riom et de Mauzac, puis au centre de Saint-Sulpice-la-Pointe. Le 31 juillet 1944, il est déporté à Buchenwald. Il parvient à y faire quelque deux cents dessins qui témoignent de la vie des camps. « Si je vais en enfer, j’y ferai des croquis. D’ailleurs, j’ai l’expérience, j’y suis déjà allé et j’y ai dessiné !… », dira-t-il plus tard. Sa mère meurt à Auschwitz.

Défense du réalisme socialiste

Après-guerre, en 1946, Aragon fait éditer une centaine de ses dessins de Buchenwald. Boris Taslitzky expose en 1946 ses œuvres inspirées par la Résistance et la déportation. Il reçoit la même année le Prix Blumenthal de la peinture et est secrétaire général de l'Union des arts plastiques, suite de l'AEAR. Il est alors, avec André Fougeron, Jean Vénitien et Jean Amblard, l'un des défenseurs du réalisme socialiste en France.

Il dénonce aussi par ses œuvres le colonialisme, notamment en 1952, quand le magazine Regards se fait connaître par plusieurs grands reportages prémonitoires sur les tensions en Algérie. Les textes, signés de Pierre Courtade (« Que se passe-t-il en Afrique du Nord ? ») et Madeleine Riffaud (« Guidée par un aveugle »), qui a passé trois mois sur place, paraissent dans le numéro de juin 1952. Ils relatent un périple semi-clandestin, d’Alger à Oran, Beni-Saf, Ain-Témouchant, Sidi-bel-Abbès, Tlemcen, Constantine, Biskra et Djema Setif, des peintres Mireille Miailhe et Boris Taslitzky, en vue d’une exposition-reportage de 60 dessins et quelque 40 peintures, à la Galerie André Weil. Intitulée « Algérie 52 », elle dépeint le petit peuple d’Algérie comme ce fut le cas l'année précédente pour celui des mines du Nord. Elle fait scandale car elle dénonce la misère des autochtones et témoigne des tensions politiques et sociales, deux ans avant l’insurrection algérienne. La préfecture de police fait arracher toutes les affiches de l’exposition, qui part ensuite pour un tour de l'Europe de l'Est.

De 1971 à 1980, Boris Taslitzky enseigne le dessin à l'École nationale supérieure des arts décoratifs.

Décoré déjà de la croix de guerre 1939-1945 et de la médaille militaire, il reçoit en 1997 les insignes de chevalier de la Légion d'honneur au titre de la Résistance et de la déportation. Elle lui est remise par Jorge Semprún, déporté comme lui à Buchenwald.

Son parcours est marqué par les bouleversements de l’histoire du XXe siècle. À la fois témoin et acteur de cette histoire, il se voulait conscient de sa responsabilité d’homme et d’artiste.

Il meurt à l'âge de 94 ans le 9 décembre 2005 à Paris, et est inhumé au cimetière du Montparnasse (division 11) dans la même ville.

Chevalier de la Légion d'honneur (1997).

Chevalier de l'ordre des Arts et des Lettres.

Œuvres en collections publiques

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