Ce Jour-là

Boris Savinkov

Écrivain russe

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Boris Viktorovitch Savinkov (en russe : Борис Викторович Савинков) (nom de guerre : Viktor Ropchine), né le 31 janvier 1879 à Kharkov (Empire russe) et mort le 7 mai 1925 à Moscou (RSFS de Russie), est un écrivain, terroriste et révolutionnaire russe, l'un des dirigeants de l'Organisation de combat des SR, la « Brigade terroriste » du Parti socialiste révolutionnaire.

Boris Savinkov est né à Kharkov (Kharkiv aujourd'hui) dans une famille de la petite noblesse de la ville. Son père, Viktor Mikhaïlovitch, est ami du procureur militaire du tribunal de Varsovie. Pour ses vues trop libérales, il est licencié puis prend sa retraite. Il meurt en 1905 dans un hôpital psychiatrique. Sa mère, Sophia Alexandrovna, née Iarochenko ( 1852/1855-1923, Nice), sœur de l'artiste Iarochenko, est journaliste et dramaturge, auteure d'une chronique révolutionnaire sur les tourments vécus par ses fils (écrite sous le pseudonyme de S. A. Chedil).

Boris Savinkov étudie au gymnasium de Varsovie, où il est collègue du révolutionnaire Ivan Kaliaïev, puis à l'université de Saint-Pétersbourg, d'où il est expulsé pour participation à des manifestations étudiantes. Il étudie aussi quelque temps en Allemagne, à Berlin et à Heidelberg. En 1897, il est arrêté à Varsovie pour activités révolutionnaires. En 1898, il est membre de différentes organisations socialistes (dont Socialiste et Bannière ouvrière).

En 1899, il épouse Vera Glebovna Ouspenska, la fille de l'écrivain Gleb Ouspenski. Le couple aura deux enfants. Il publie dans la revue Pensée et Travail, puis est actif dans le groupe de propagandistes Union pétersbourgeoise de lutte pour l'émancipation de la classe ouvrière.

Années terroristes et révolutionnaires

En 1901, il est arrêté et envoyé à Vologda, où il est nommé durant quelque temps secrétaire de la consultation des avoués auprès du tribunal du district. C'est là qu'il prend conscience de ses dispositions comme terroriste. C'est aussi lors de cet isolement en province qu'il commence à écrire, comme l'ont fait Remizov et Berdiaev.

Boris Savinkov est responsable de nombreux assassinats de fonctionnaires en 1904 et 1905. Il monte notamment l'attentat qui coûte la vie au ministre de l'Intérieur Viatcheslav Plehve le 15 juillet 1904. Il est livré par Yevno Azev, chef des terroristes et agent double, qui préparait les attentats et livrait ensuite ses camarades à l'Okhrana. En 1905, Boris Savinkov est condamné à mort pour avoir organisé l'assassinat du grand-duc Serge, dont l'exécutant est Ivan Kaliaïev. Il est gracié et semble alors mettre fin à sa double carrière de révolutionnaire et d'écrivain.

Pourtant, dès 1906, Boris Savinkov prépare à Sébastopol l'assassinat du commandant de la flotte de la mer Noire, l'amiral Tchouknine. Il est à nouveau arrêté et condamné à mort, mais il parvient à s'enfuir en Roumanie. Puis, passant par la Hongrie, l'Allemagne et la Suisse, il arrive finalement en France où il s'installe à Paris et rencontre Zinaïda Hippius et Dimitri Merejkovski dont il devient le « protégé ». En 1909, il écrit Souvenirs d'un terroriste et, la même année, Le Cheval blême. En 1914, il publie un roman, Ce qui ne fut pas. Les socialistes-révolutionnaires étaient sceptiques quant à cette activité littéraire de Savinkov, n'y voyant que des pamphlets politiques et exigeant son expulsion du parti.

Il retourne en Russie en avril 1917 et devient sous-secrétaire au ministre de la Défense sous Kerenski, mais il est rapidement expulsé par le gouvernement et le Parti socialiste-révolutionnaire pour son rôle lors du putsch du général Kornilov en septembre 1917.

Il lutte contre les bolcheviks en Russie durant la période succédant à la révolution d'Octobre. Pendant la Guerre russo-polonaise de 1920, il organise une « armée populaire russe » qui se bat aux côtés des troupes du maréchal Piłsudski. Cette entreprise échoue :

« [Boris Savinkov] chassé de Pologne par Pilsudski, décidé à se passer de ses services au lendemain de l'armistice signé avec Moscou, tente une opération de récupération des Verts au moment où les insurrections paysannes se multiplient contre le gouvernement soviétique. Il essaie de se présenter en Occident comme l'inspirateur ou le coordinateur des armées vertes dont la plupart des chefs, sans parler de leurs membres, n'ont aucun contact avec lui et [n'ont] sans doute jamais entendu parler de lui. Il organise lui-même un détachement, qu'il baptise « vert ». »

— Jean-Jacques Marie, Histoire de la guerre civile russe

Or, ses ambitions exigent de l'argent, que lui et ses collègues cherchent du côté des puissances étrangères. Son représentant à Varsovie, Dima Filosofov, insiste :

« Je répète pour la énième fois que tout dépend de l'argent [...]. Des émeutes peuvent éclater à tout moment et, s'il ne nous est pas possible de les soutenir, il est probable qu'elles seront réprimées. Même Boris Savinkov ne sera pas à même d'aller là-bas faute d'une aide financière suffisante. En d'autres termes, de l'argent, de l'argent ! »

— Dima Filosofov cité dans Jean-Jacques Marie, Histoire de la guerre civile russe

Ce même représentant affirmera que la seule parole de Savinkov pourra faire se soulever « vingt-huit districts, y compris Petrograd, Smolensk et Gomel. D'autre part, les Ukrainiens se sont ralliés à nous et ont accepté d'agir en coordination avec nous. Nous avons des contacts avec environ vingt autres gouvernements dans des districts éloignés ». Or, encore une fois selon l'historien Jean-Jacques Marie, « ce n'est là que bluff destiné à soutirer de l'argent aux gouvernements occidentaux ; l'envoyé de Savinkov invente une influence imaginaire de ce dernier dans les insurrections paysannes vertes [...] Mais Savinkov n'y est pour rien. Afin d'obtenir de l'argent, il sollicite Mussolini qui le reçoit, lui fait un grand discours mais ne lui donne pas une lire. Savinkov repart en Russie animer une petite bande anti-bolchevique qu'il qualifie de « verte » et qui ravage quelques kilomètres carrés du nord de la Biélorussie ».

Dans Le Cheval Noir, Boris Savinkov décrit la difficulté qu'il éprouve à maintenir le contrôle sur cette bande tout en lui interdisant des comportements criminels :

« Les Juifs se sont enfuis dans les bois avec leurs vieux, leurs femmes, leurs enfants, leurs vaches, leur barda. À leurs yeux, nous ne sommes pas des libérateurs, mais des assassins et des pillards. Si j'étais à leur place, je me serais enfui, moi aussi. »

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