Ce Jour-là

Boris III

Roi des Bulgares (1918-1943)

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Boris III, né le 30 janvier 1894 à Sofia (Bulgarie) et mort le 28 août 1943 dans la même ville, de son nom bulgare complet Борис Клемент Роберт Мария Пий Луи Станислав Ксавие Сакскобургготски (Boris Klement Robert Maria Pie Louis Stanislav Ksavie Sakskoburggotski, en français Boris Clément Robert Marie Pie Louis Stanislas Xavier de Saxe-Cobourg-Gotha), a été roi des Bulgares du 3 octobre 1918 au 28 août 1943.

Monarque extrêmement populaire en Bulgarie, Boris III est l’un des personnages clés des Balkans durant l’entre-deux-guerres et la Seconde Guerre mondiale.

Fils aîné du roi Ferdinand Ier, il accède prématurément au trône après l’abdication de son père, responsable de l'intervention de la Bulgarie aux côtés du Reich dans la Première Guerre mondiale. Assumant ces erreurs, il reprend à l’âge de vingt-quatre ans un État ruiné au bord du chaos, meurtri par les rivalités entre extrémistes de gauche et de droite. Malgré ses efforts pour stabiliser la vie politique de son pays, Boris est impuissant face à l'autoritarisme de ses présidents du Conseil, Aleksandăr Stamboliski puis Aleksandăr Cankov.

Philanthrope, Boris effectue de nombreux voyages au sein de son pays pour venir en aide à ses sujets les plus démunis. Il se rend également de nombreuses fois à l’étranger pour tenter de rétablir la considération que son pays avait perdue. C’est au cours d’un de ces voyages qu’il rencontre la princesse Jeanne d'Italie, qu’il épouse en 1930.

En 1934, la dépression économique et les luttes politiques entraînent un coup d’État militaire organisé par les officiers du Zveno qui instaurent un régime dictatorial et prévoient l’instauration d’une république. Boris, qui jusque-là est resté à l’écart du pouvoir, parvient, à l’aide de manœuvre politique, à chasser en 1935 les conspirateurs. Cependant, pour éviter une nouvelle crise politique il instaure, pour une période indéterminée, une dictature personnelle.

Hostile aux méthodes brutales des régimes totalitaires, Boris essaie vainement de se rapprocher des démocraties occidentales qui, indifférentes, le poussent à poursuivre ses relations commerciales avec l'Allemagne nazie et rendent son pays dépendant de cette dernière. Toutefois, en tant que pacifiste convaincu, Boris tente de garder tout au long des événements de la Seconde Guerre mondiale une position neutre ; mais en 1941 l’armée allemande, stationnée à la frontière bulgare, contraint Boris à adhérer au Pacte tripartite. Le pays participe alors militairement au conflit mais s'abstient d'entrer en guerre contre l'Union soviétique et, partageant le sentiment populaire, refuse de déporter les juifs bulgares. Deux semaines après une entrevue houleuse avec Adolf Hitler, il meurt de façon inopinée et mystérieuse en août 1943. Son fils Siméon II lui succède.

Sous l’aile d'un père autoritaire

Le 30 janvier 1894, à cinq heures et dix-huit minutes du matin, le prince régnant de Bulgarie Ferdinand Ier et son épouse Marie-Louise de Bourbon-Parme annoncent par cent-un coups de canon la naissance de leur premier fils, Boris, prince de Tarnovo.

Cette naissance arrive au milieu du contexte politique complexe que traverse, à l'époque, la Bulgarie : celle-ci est alors une jeune principauté orthodoxe, vassale de l'Empire ottoman musulman, ayant pour souverains, Ferdinand et Marie-Louise, deux fervents catholiques. La religion tient donc une importance primordiale dans la région.

La Bulgarie fait également office de poudrière car ses relations avec la Russie orthodoxe sont très mauvaises ; les tsars russes n'aiment pas Ferdinand, fils d'un prince allemand allié à l'Angleterre et d'une mère française (Clémentine d'Orléans), officier autrichien de surcroît, qui fut élu prince par une assemblée bulgare hostile aux intérêts russes.

Aussi, bien que son fils Boris ait déjà reçu le baptême catholique, Ferdinand songe sérieusement à le convertir à l'orthodoxie. Un baptême dans cette religion lui permettrait de se rapprocher davantage de son peuple.

Néanmoins, une telle décision n'est pas sans risque car l'Europe catholique est sous le choc en apprenant la nouvelle. Le pape Léon XIII menace le prince des Bulgares d'excommunication, l'empereur François-Joseph d'Autriche de guerre et la très pieuse Marie-Louise s'y oppose catégoriquement. Ferdinand hésite donc encore un peu, mais la raison d'État l'emporte. Le 15 février 1896, Boris est converti au rite orthodoxe et le tsar Nicolas II (qui a succédé à Alexandre III et a épousé une petite-fille de la reine Victoria du Royaume-Uni) devient son parrain. Ferdinand est alors excommunié, et son épouse, outrée et honteuse, décide de partir quelque temps avec leur second fils, le prince Cyrille, baptisé catholique.

Le 31 janvier 1899, au lendemain de la naissance de sa seconde sœur, la princesse Nadejda, Boris perd sa mère. Son éducation est alors confiée à sa grand-mère paternelle, la princesse Clémentine d'Orléans, fille du roi des Français Louis-Philippe Ier, âgée de quatre-vingt-deux ans. Cependant, celle-ci meurt à son tour le 16 février 1907. Son père décide alors de prendre en main son éducation.

Il désigne comme précepteur un pédagogue suisse romand, choisit personnellement tous ses professeurs et exige une instruction des plus strictes. Le jeune Boris étudie avec ferveur toutes les disciplines enseignées dans les écoles bulgares et apprend en complément le français et l'allemand qu’il maîtrise avec une grande aisance ; il apprend par la suite, l'italien, l'anglais et même l'albanais. De nombreux officiers viennent aussi au palais pour parfaire son éducation militaire.

Son père l'initie surtout aux sciences de la nature. Pris de passion, Boris ne cesse de les étudier tout au long de sa vie, devenant un véritable expert. Ferdinand lui transmet également sa passion pour la mécanique et, tout particulièrement, celle des locomotives. En septembre 1910, alors qu'il n'a que quinze ans, Boris passe les examens pour être mécanicien des chemins de fer.

Toutefois, la vie au palais n'est pas facile pour le jeune Boris. Son père, ou plutôt le « monarque » comme les enfants l'appellent entre eux, est un homme autoritaire, compliqué et violent. D'une attitude hautaine et méprisante, il lui arrive souvent, par le biais de remarques sarcastiques, de pousser au bord des larmes les membres de sa famille. Hors des cérémonies et réceptions officielles, Boris n'est en contact ni avec le monde, ni avec le peuple bulgare. La vie au palais, que le jeune prince surnomme la « prison », n'est donc ni simple, ni facile, ni gaie.

Le témoin de grands événements

Le 22 septembre 1908, profitant d'une crise politique de l'Empire ottoman, Ferdinand prend le titre de tsar et déclare l'entière indépendance de la Bulgarie.

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