Boniface de Castellane-Novejean, 2e marquis de Castellane, né le 21 mars 1788 à Paris et mort le 16 septembre 1862 à Lyon, est un général français, maréchal de France et pair de France.
Esprit Victor Élisabeth Boniface de Castellane-Novejean est le fils de Boniface de Castellane-Novejean (1758-1837), député de la noblesse aux états généraux de 1789, pair de France après la Restauration, et d'Adélaïde Louise Guyonne de Rohan-Chabot, de la famille de Rohan-Chabot de Jarnac.
Il entra au service le 2 décembre 1804, jour du couronnement de Napoléon Ier, comme soldat au 5e régiment d'infanterie légère. Gravissant un à un les échelons, il y obtient tous les grades inférieurs et devient sous-lieutenant au sein du 7e dragons le 10 février 1806.
Nommé sous-lieutenant,au 24e régiment de dragons le 24 février 1806, il participe à l’expédition de Naples en Italie, puis il intègre l'armée des Pyrénées, avant d'être aide de camp du général Mouton-Duvernet, qu'il suit en Espagne en 1808.
Il combat à Medina de Rioseco, à Gamonal et au siège de Burgos. Il est nommé Lieutenant aide de camp le 29 janvier 1808, et fait le service d'officier d'ordonnance de Napoléon Ier pendant son séjour en Espagne à cette époque.
L’Empereur ayant quitté l’Espagne le 23 janvier 1809, son état-major le rejoint bientôt en Allemagne. Le lieutenant Castellane assiste aux batailles d’Abensberg, d'Eckmühl, de Ratisbonne, d'Essling, de Wagram et aux autres combats de la campagne de 1809, et partout il se fit remarquer. C'est à Wagram qu'il est décoré. Il est ensuite chargé de missions importantes. Après celle qu'il remplit à Bayreuth, Napoléon Ier le nomme son « brave jeune homme », et le fait chevalier d’Empire avec une dotation de 2 000 francs.
Capitaine le 18 février 1810, Boniface de Castellane fait la première partie de la campagne de Russie comme aide de camp du général Mouton. Il est nommé chef de bataillon à Moscou le 3 octobre 1812 et aide de camp du général Narbonne. Il participe aux batailles de Vitebsk, de Smolensk, de la Moskowa, de Krasnoë, et au passage de la Bérézina.
Pendant la retraite, il sert dans l'escadron sacré chargé de la protection personnelle de l’Empereur : sa main droite fut gravement gelée.
Une trentaine des lettres qu'il écrivit à sa famille pendant cette campagne, en 1812, ont été vendues aux enchères publiques à Paris le 25 novembre 2010. Boniface de Castellane était célèbre pour son esprit mordant, sa causticité[réf. nécessaire].
D'après le tome 1 du Journal du maréchal de Castellane, épuisé par la campagne de Russie, il reste à Paris début 1813 (il est alors chef d'escadron), attrape la fièvre tierce en avril, est nommé colonel-major du 1er régiment des gardes d'honneur, le 21 juin 1813.
Le 26 mai 1813, il épouse à Paris Cordélia Greffulhe, fille du banquier Louis Greffulhe (1741-1810), dont il a quatre enfants (voir Descendance). Cordélia sera le grand amour du comte Molé avec qui elle vivra en faux ménage officiel à partir de 1827 (son mari, allant de garnison en garnison, n'est guère gênant) et tiendra un salon politique et littéraire fréquenté ; en 1824, elle est une des grandes passions de François-René de Chateaubriand, alors ministre des Affaires étrangères.
Toujours d'après ses propres mémoires, il commande ses uniformes le 16 juillet et entre en fonction seulement le 28 juillet à Versailles, mais sa blessure à la main n'est pas cicatrisée et la fièvre le reprend.
Il reçoit l'ordre de partir en poste pour Worms le 5 octobre 1813, mais il part seulement le 5 décembre et arrive à Worms le 12 décembre : il n'est pas engagé et part en mission à Deux-Ponts dès le 17 décembre et à Versailles le 24.
De janvier à mars 1814, il est en poste soit à Versailles, soit à Paris, avant de suivre, le 20 avril, le transfert à Tours du dépôt du 1er régiment de Gardes d'honneurs, mais le 5 avril, à la suite d'un contre-ordre, le dépôt est ramené à Paris.
Ainsi, il n'a participé aux campagnes de 1813 et 1814 que par une simple présence à Worms entre le 12 et le 17 décembre 1813.
En 1814, il est colonel à la suite et, après les Cent-Jours, est nommé colonel du régiment des hussards du Bas-Rhin, organisé à la place du 5e régiment de hussards (27 septembre 1815).
Sous la Restauration, il s'installe à Provins dès le 20 décembre 1815 pour organiser son nouveau régiment qu'il commande avec beaucoup d'énergie : il en fait rapidement l'une des meilleures unités de cavalerie légère de la nouvelle armée royale. En 1822, il commande le régiment des hussards de la garde royale.
Il participe à l'expédition d'Espagne (1823), et se fait rappeler pour n'avoir pas voulu s'associer aux vengeances ultra-royalistes de Ferdinand VII d'Espagne. Il est néanmoins fait maréchal de camp en 1824. En 1825, il commanda une brigade de cavalerie à Barcelone, où il est cité honorablement, puis l'avant-garde de la division de Cadix, composée de quatre régiments et d'une batterie d'artillerie. Rappelé brusquement en 1827, il emporta les regrets des habitants de l'Andalousie.