Ce Jour-là

Bombardements israéliens au Liban (septembre-novembre 2024)

Bombardements israéliens sur le Hezbollah au Liban en septembre 2024

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Les bombardements israéliens au Liban de septembre-novembre 2024 sont la première phase de la guerre entre Israël et le Hezbollah font plus de 2 600 morts et 13 492 blessés, en majorité des civils, à la date du 4 novembre 2024, selon le ministère libanais de la Santé. 1,4 million de personnes ont été déplacées en raison de la guerre dans un pays de 5 millions d'habitants. En 13 mois de conflit, entre le début des affrontements frontaliers entre Israël et le Hezbollah le 8 octobre 2023, et le 6 novembre 2024, le bilan des pertes humaines est de plus de 3 400 morts et 14 000 blessés au Liban, sans compter les disparus.

Ces bombardements massifs succèdent à des frappes de moindre intensité dans le cadre des affrontements frontaliers entre Israël et le Hezbollah qui avaient commencé avec le déclenchement de la guerre à Gaza. Pour la seule journée du 23 septembre, 558 personnes ont été tuées et plus de 1 800 blessées ont été comptabilisées au Liban dans les bombardements israéliens, un nombre plus élevé qu’en un an d’affrontements. Le but déclaré d'Israël est de neutraliser le Hezbollah, qui lance des roquettes sur le nord d'Israël avec l'objectif affiché de soutenir le Hamas. Selon les autorités israéliennes, 63 000 Israéliens ont dû quitter la zone frontalière avec le Liban à cause des roquettes lancées par le Hezbollah. Selon l’ONU, 1 200 000 Libanais ont dû quitter leur lieu d'habitation (soit plus d'un cinquième de la population totale) à cause des bombardements israéliens.

Les Nations unies dénoncent « le coût humain de la violence pour les civils ». Le New York Times souligne le fait que « les experts militaires ont qualifié cette campagne israélienne de bombardements de l’une des plus violentes de l’histoire de l’armée israélienne » et le Washington Post, que les frappes israéliennes au Liban sont parmi les plus meurtrières depuis des décennies.

Les bombardements ont préparé l'invasion du Liban dès le 30 septembre. Ils se poursuivent sur de nombreuses régions du pays pendant l'offensive terrestre. L'armée israélienne désigne l'ensemble de ces actions d'un nom de code, « Opération Flèches du Nord ».

Un accord pour un cessez-le-feu est trouvé le 26 novembre 2024. Malgré le cessez-le-feu, l'armée israélienne mène quotidiennement des frappes avec des drones, tuant 34 personnes durant les trois premières semaines de cessez-le-feu.

Le 23 septembre au matin, l'armée de défense israélienne bombarde massivement — au moyen de frappes aériennes et de tirs d'artillerie — au moins 1 300 cibles dans le Sud-Liban et la région de la Bekaa et conseille aux habitants d'évacuer la zone et de s'éloigner des combattants du Hezbollah. Les bombardements du 23 septembre font au moins 492 morts, dont 35 enfants et plus de 1 645 blessés et provoquent des déplacements massifs de population. Le Premier ministre libanais parle d’« une guerre d'extermination à tous égards, un plan de destruction visant à anéantir les villages et les villes libanais. » Le ministère de la Santé a appelé tous les hôpitaux des gouvernorats du Sud, de Nabatieh et de Baalbek-Hermel à suspendre toutes les opérations « chirurgicales » non urgentes, afin de traiter les blessés atteints par les bombardements. Le gouvernement libanais annonce la fermeture des écoles. Les bombardements israéliens ont fait une majorité de victimes civiles, selon Radio France internationale. Des dizaines de milliers d’habitants du Sud-Liban ont fui en direction du nord au cours de la journée.

Les bombardements israéliens se poursuivent, tandis que l'exode massif de la population du Sud-Liban continue.

Le 27 septembre le bombardement israélien du quartier général du Hezbollah tue au moins 300 personnes, selon des estimations préliminaires ; le chef du Hezbollah, Hassan Nasrallah, a été tué dans ce raid, au cours duquel 85 bombes d'une tonne chacune ont été larguées, en quelques minutes, sur la banlieue sud de Beyrouth.

Le 29 septembre, les bombardements se poursuivent dans de nombreuses régions du pays, pendant qu'Israël entreprend une offensive terrestre dans le sud.

Le successeur potentiel de Hassan Nasrallah, Hachem Safieddine, est la cible, dans la nuit du 3 au 4 octobre, de bombardements massifs, aussi violents que ceux qui avaient visé le quartier général du Hezbollah le 27 septembre, dans la nuit du 3 au 4 octobre, « nuit de terreur » pour les habitants selon Courrier international.

Des sources indépendantes confirment la mort de plusieurs commandants du Hezbollah : Ibrahim Kobeissi, tué dans une frappe aérienne sur un immeuble de Beyrouth, qui tue 5 autres personnes le 24 septembre 2024, Mohammed Hussein Surur, dans un bombardement le 26 septembre, Nabil Kaouk le 26 septembre, Ali Karaki tué dans le bombardement israélien du quartier général du Hezbollah le 27 septembre.

Le conflit prend la dimension d'une « guerre totale » ; il s'agit de la cinquième guerre israélo-libanaise depuis 1978.

Après le cessez-le-feu conclu fin novembre 2024, des bombardements israéliens se poursuivent notamment dans le sud du Liban en décembre 2024, janvier et février 2025.

Violations du droit humanitaire international

Le Haut Commissaire des Nations unies pour les réfugiés déclare, le 6 octobre, à propos des bombardements israéliens depuis le 23 septembre au Liban, avoir constaté « de nombreux cas de violations du droit humanitaire international dans la manière dont les frappes aériennes sont menées, détruisant ou endommageant des infrastructures civiles, affectant les opérations humanitaires ». Filippo Grandi souligne le fait que la destruction de maisons civiles n'est pas conforme au droit de la guerre, de même que les déplacements forcés de population ou « le fait de forcer les gens à fuir ».

Un rapport de Human Rights Watch (HRW) publié après la guerre, en avril 2025, accuse Israël d’avoir mené des « attaques aveugles contre des civils. » L'ONG cite notamment l'exemple du village de Younine, dans l’est du Liban, où 33 civils ont été tués au cours de deux massacres. Le 25 septembre 2024, une bombe aérienne guidée JDAM fournie à Israël par les Etats-Unis a touché un immeuble habité, tuant 23 membres d’une famille syrienne. Une seconde frappe, conduite le 1er novembre, y a détruit une maison et tué dix civils, dont cinq femmes et un bébé d'un an. HRW précise n’avoir trouvé durant son enquête « aucune preuve d’activité militaire, ni de cibles militaires, sur ces deux sites » et qu'aucun avertissement n'avait été donné aux habitants pour évacuer.

Selon l'ONG, « un nombre croissant de preuves montrent que les forces israéliennes ont systématiquement manqué à leur obligation de protéger les civils lors de leurs frappes menées au Liban en 2023 et 2024, ou de faire une distinction adéquate entre les cibles militaires d’une part et les civils d’autre part ». En outre, les Etats-Unis pourraient s’être rendus coupables de complicité de crimes de guerre pour avoir fourni des armes utilisées par l'armée israélienne pour massacrer des civils.

Human Rights Watch parle de crimes de guerre manifestes concernant les frappes israéliennes contre le secteur médical au Liban. « Les hôpitaux et autres établissements médicaux sont des biens civils protégés par le droit international humanitaire », conformément à l'article 19 de la quatrième Convention de Genève.

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