Boileau-Narcejac est la signature commune de Pierre Louis Boileau (Paris 9e, 28 avril 1906 - Beaulieu-sur-Mer, 16 janvier 1989) et Pierre Ayraud, dit Thomas Narcejac (Rochefort-sur-Mer, 3 juillet 1908 - Nice, 7 juin 1998), écrivains français de romans policiers, dont certains ont donné lieu à des adaptations cinématographiques par Henri-Georges Clouzot et Alfred Hitchcock. Ils ont aussi participé au scénario de Les Yeux sans visage, de Georges Franju. L'écrivain Jean-Philippe Arrou-Vignod s'est également inspiré de leurs romans.
Fils d'un directeur de service dans une agence maritime, Pierre Boileau va à l'école communale de la rue Turgot à Paris où il a pour camarade Pierre Lazareff.
Pierre Ayraud, dit Thomas Narcejac, est né à Rochefort-sur-Mer et a grandi à Saintes. Il tient son pseudonyme du lieu-dit Narcejac où il allait pêcher durant sa jeunesse.
En 1948, Boileau et Narcejac font connaissance à l'occasion du dîner, offert par Albert Pigasse et la Librairie des Champs-Élysées dans une brasserie de Paris, en l'honneur de Narcejac qui vient de remporter le prix du roman d'aventures pour La mort est du voyage. Boileau a lui-même reçu la même distinction dix ans plus tôt pour Le Repos de Bacchus. Leur conversation est très animée, leur entente, parfaite. Dès ce jour, ils conviennent d'écrire ensemble « Quelque chose de différent. Quelque chose qui laiss[erait] sa chance au roman-roman, c'est-à-dire au jeu des personnages, car ils semblent toujours bien étranglés dans le roman policier « classique ».» C'est le début de leur association.
Une première tentative de renouveler le genre policier paraît en 1951 avec L'Ombre et la Proie sous le pseudonyme d'Alain Bouccarèje (anagramme de Boileau-Narcejac). Puis, le tandem publie, sous le pseudonyme Boileau-Narcejac, Celle qui n'était plus, un roman qui assoit leur notoriété sur le plan international. Suivent peu après d'autres succès, notamment Les Visages de l'ombre (1953), D'entre les morts (1954), …Et mon tout est un homme (1965), Les Veufs (1970).
Les deux auteurs se voient rarement en raison de leur façon de travailler : « Nous avons toujours travaillé par correspondance et nous continuons… Chacun avait droit à plusieurs jours de réflexion pour ruminer les objections de l'autre. Se vexer à retardement ? Impensable. Notre méthode est immuable, Pierre [Boileau] invente l'intrigue et Thomas [Narcejac] écrit… C'est Pierre qui […] tape [les manuscrits de Narcejac] à la machine en les améliorant au passage. ».
Dans les années 1970, ils reçoivent l'autorisation des héritiers de Maurice Leblanc pour concevoir, sous forme d'habiles pastiches, de nouvelles aventures à Arsène Lupin. Ils se lancent aussi dans la littérature d'enfance et de jeunesse avec la série des Sans Atout qui relate les aventures d'un jeune garçon détective amateur.
Leur fructueuse collaboration prend fin en 1989 par le décès de Pierre Boileau. Thomas Narcejac continue un temps seul, avant de mourir en 1998.
La Pierre qui tremble, Paris, Éditions de France, coll. « À ne pas lire la nuit » no 36 (1934)
La Promenade de minuit, Paris, Éditions de France, coll. « À ne pas lire la nuit » no 50 (1934)
Six Crimes sans assassin, Paris, Éditions de France, coll. « À ne pas lire la nuit » no 134 (1939)
Le Repos de Bacchus, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque » no 252 (1938)
Les Trois Clochards, Paris, Fayard (1945)
L'assassin vient les mains vides, court roman paru dans France-Soir (1945)
Les Rendez-vous de Passy, Paris, Librairie des Champs-Élysées, coll. « Le Masque » no 398 (1951)
L'Assassin de minuit, Paris, Athéné, coll. « La Mauvaise Chance » no 3 (1945)
La police est dans l'escalier, Paris, Portulan, coll. « La Mauvaise Chance » no 16 (1946)
La Nuit des angoisses, Paris, S.E.P.E., coll. « Le Labyrinthe » (1948)