Ce Jour-là

Bob Rafelson

Réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain

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Bob Rafelson, né le 21 février 1933 à New York et mort le 23 juillet 2022 à Aspen, est un réalisateur, scénariste, producteur et acteur américain.

Il est considéré comme l'une des figures clefs du Nouvel Hollywood des années 1970. Parmi ses films les plus connus, on peut citer ceux réalisés dans le cadre de la société qu'il a cofondée, Raybert/BBS Productions, Cinq Pièces faciles (1970) et The King of Marvin Gardens (1972), ainsi que des films ultérieurs plébiscités par le public et la critique, Le facteur sonne toujours deux fois (1981) et Aux sources du Nil (1990). Parmi les autres films qu'il a produits dans le cadre de BBS figurent deux des films les plus importants de l'époque, Easy Rider (1969) de Dennis Hopper et La Dernière Séance (1971) de Peter Bogdanovich. Easy Rider, Cinq Pièces faciles et La Dernière Séance ont tous été sélectionnés pour figurer dans le Répertoire national du cinéma américain de la Bibliothèque du Congrès. Il a également été l'un des créateurs du groupe pop et de la série télévisée The Monkees avec Bert Schneider, partenaire de BBS. Sa première femme était le directrice artistique Toby Carr Rafelson.

Origines familiales et début de carrière à la télévision

Bob Rafelson est issu d'une famille juive aisée qui habite Riverside Drive dans Manhattan à New York. Son père Sydney Rafelson est fabricant de chapeaux et il a un frère ainé, Donald. Sa mère Marjorie Blumenfeld est alcoolique et est dotée d'une personnalité manipulatrice. Son cousin germain, beaucoup plus âgé que lui, était le scénariste et dramaturge Samson Raphaelson, l'auteur du Chanteur de jazz, qui a écrit neuf films pour le réalisateur Ernst Lubitsch : « Samson s'intéressait à mon travail », a déclaré Rafelson au critique David Thomson. « S'il aimait un film, j'étais son neveu préféré. Mais s'il ne l'aimait pas, j'étais un cousin éloigné ».

Bob Rafelson fréquente dans son enfance une école privée, Trinity-Pawling School, à Pawling, New York, dont il sort diplômé en 1950. Adolescent, il s'enfuit souvent de chez lui pour mener une vie aventureuse, notamment en participant à un rodéo en Arizona et en jouant dans un groupe de jazz à Acapulco. Bob Rafelson est destiné, sans en avoir aucune envie, à reprendre l'entreprise de son père. Après avoir étudié la philosophie au Dartmouth College (où il s'était lié d'amitié avec le scénariste Buck Henry) et obtenu son diplôme en 1954, Rafelson est enrôlé dans l'armée américaine et stationné au Japon. Au Japon, il travaille comme disc jockey, traduit des films japonais et conseille la société de production Shōchiku sur les films qui auraient un succès financier aux États-Unis. Dans un entretien avec le critique Peter Tonguette, Rafelson se dit fasciné par les films qu'il a vus au Japon, en particulier ceux de Yasujirō Ozu, dont l'approche originale du montage l'a captivé lorsqu'il était jeune : « Je devais regarder un film d'Ozu encore et encore, par exemple Voyage à Tokyo, et j'étais hypnotisé par l'immobilité de ses cadres, la sûreté de sa composition », a-t-il déclaré. « Je suppose que ma propre esthétique s'est développée en regardant certains types de films, comme ceux de Bergman, Ozu et John Ford ».

Durant ses études, Rafelson se marie avec Toby Carr qu'il connait depuis l'adolescence puis s'installe avec elle à New York. Il commence à travailler pour la télévision, où il adapte des classiques théâtraux pour l'émission Play of The Week sur Channel 13. Le couple part s'installer en 1962 à Los Angeles. Ils ont deux enfants, Peter, né à New York, et Julie, qui nait en Californie.

Bob Rafelson travaille alors pour la filiale télévision d'Universal où il s'occupe d'une émission appelée Channing. Une violente dispute avec le producteur Lew Wasserman à propos du choix d'un acteur (Wasserman ne veut pas qu'il engage l'acteur Michael Parks car il a des boutons) met fin à sa carrière télévisuelle.

Collaborations avec Jack Nicholson

Ami avec Bert Schneider, qui travaille à la Columbia, il le convainc de démissionner pour monter avec lui en 1965 une société de production, Raybert Productions, qui deviendra, lorsqu'ils s'associeront avec Steve Blauner, BBS, une des sociétés les plus influentes artistiquement sur le cinéma américain des années 1970.

Bob Rafelson passe à la réalisation en ayant l'idée d'une série qui s'inspire du film des Beatles Quatre Garçons dans le vent. Un groupe est recruté, The Monkees, « un ersatz de Beatles » et la série The Monkees, où Rafelson apprend la réalisation « sur le tas » remporte un grand succès. Si cette série lui permet de gagner beaucoup d'argent, au bout de deux ans, le succès commence à s'essouffler : l'arrivée de la contre-culture, d'artistes comme Jimi Hendrix ou Janis Joplin, les mouvements politiques de l'époque ringardisent les Monkees, leurs disques se vendent moins bien.

Bob Rafelson éprouve le besoin de se détacher de cette série qu'il trouve trop commerciale. Selon son épouse Toby Rafelson, il est important pour lui de donner l'image d'un homme en phase avec son époque. Il veut réaliser un film qui montre « le côté farce, escroquerie » de ce groupe. Il s'agira du film Head, influencé à la fois par la Nouvelle Vague et par le film Huit et demi. Il est écrit par son ami Jack Nicholson qui est à l'époque un acteur dont la carrière est en panne. Ce sera la première de leurs collaborations. Nicholson, cette fois comme acteur, participera à cinq des films de Bob Rafelson. Trop compliqué, le film est trop recherché pour les adeptes des Monkees, tandis que les cinéphiles n'ont pas envie d'aller voir un long métrage sur ce groupe de musique commercial : c'est un échec public.

Le projet suivant de Raybert Productions, Easy Rider, réalisé par Dennis Hopper, a été présenté pour la première fois au Festival de Cannes 1969 et est sorti en juillet 1969, devenant rapidement un phénomène culturel. Le succès du film a donné à Raybert suffisamment de fonds et de poids pour poursuivre des projets plus ambitieux. Rafelson et Schneider accueillent bientôt Stephen Blauner, un ami d'enfance de Schneider, dans leur société, qui devient BBS Productions (Bert, Bob et Steve). Le premier projet de BBS, Cinq Pièces faciles, est le deuxième long métrage de Rafelson, tourné en 1969. Dans une interview avec Tonguette dans Sight and Sound, Rafelson explique l'idée derrière BBS : « Ma pensée était : il y a tellement de talents ici aux États-Unis mais peu de talents pour les reconnaître. J'ai pensé qu'ensemble, nous pourrions y arriver, mais que Bert devrait s'en charger ».

Manohla Dargis, critique au New York Times, a souligné que Rafelson et Schneider avaient fondé « la société sensass des années 1960 Raybert (connue plus tard sous le nom de BBS Productions) - qui nous a donné Easy Rider, Cinq Pièces faciles, La Dernière Séance et Le Cœur et l'Esprit, et a déploré l'absence de telles prises de risque dans les maisons de production d'aujourd'hui ».

Cinq Pièces faciles a été écrit par Rafelson et Carole Eastman (sous le nom d'« Adrien Joyce ») et met en vedette Nicholson, Karen Black et Susan Anspach. Nicholson joue le rôle de Bobby Dupea, un pianiste classique doué qui travaille sur une plate-forme pétrolière en Californie et passe le plus clair de son temps à boire de la bière et à jouer au bowling avec sa petite amie Rayette (Black), qui s'est endormie sur ses lauriers. Bobby est constamment insatisfait et anticonformiste, déclarant : « Je bouge beaucoup. Non pas parce que je cherche quelque chose, mais pour m'éloigner des choses qui tournent mal si je reste ». Bobby apprend par sa sœur que son père a eu une attaque et décide de retourner chez lui, dans les îles San Juan, dans l'État de Washington. Avec Rayette, il entreprend un voyage en voiture vers Washington, prenant en chemin deux hippies en auto-stop. Dans le moment fort le plus célèbre du film, Bobby invective en vain une serveuse dans un restaurant pour obtenir une omelette avec du pain grillé. La scène se termine par un violent balayage du bras de Bobby qui débarrasse la table. La serveuse s'exclame alors : « Vous voyez ce panneau ? ». Cette scène fait l'effet d'un clin d'œil à Marlon Brando dans Un tramway nommé désir, mais Bobby a peut-être reproduit au hasard le comportement de quelqu'un qu'il avait vu au cinéma. Pour atténuer l'idée d'un plagiat suggéré par Rafelson, en 1996, dans Blood and Wine, la scène est revisitée quand Nicholson accompagné de Michael Caine, en cherchant une table libre pour eux deux dans une cafétéria, l'obtient en ramassant un plateau contenant des ustensiles usagés d'une table et en le laissant tomber sur le sol avec une simplicité nonchalante). Rafelson a décrit Bobby comme « un type qui ne parvient pas à gérer ses émotions ».

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