Ce Jour-là

Blanche de Castille

Princesse espagnole, reine de France, régente de France, puis reine-mère de France

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Blanche de Castille, née le 4 mars 1188 à Palencia (Castille) et morte le 27 novembre 1252 à Melun, est reine de France par son mariage avec Louis VIII.

Fille du roi Alphonse VIII de Castille et d'Aliénor d'Angleterre, elle épouse le 23 mai 1200 le prince Louis de France, fils et héritier du roi Philippe Auguste. Elle est la mère de Saint Louis, à qui elle donne une éducation très pieuse, et exerce la régence entre la mort de son mari, Louis VIII, et la majorité de son fils.

Fille d’Alphonse VIII de Castille et d’Aliénor d'Angleterre, petite-fille d'Aliénor d'Aquitaine et d'Henri II d'Angleterre (elle est donc la nièce des rois Richard Cœur de Lion et Jean sans Terre), Blanche de Castille est née le 4 mars 1188 à Palencia, dans une famille nombreuse qui connaîtra la perte de certains enfants. Les chroniqueurs et les historiens de son époque ne nous ont rien transmis à propos de son enfance et son éducation probablement raffinée. Nous savons cependant que la nourrice de Blanche s'appelait Sancie Lopez et pouvons supposer qu'elle suivait la cour itinérante de ses parents.

Selon la volonté de sa grand-mère Aliénor d'Aquitaine, et pour sceller la paix entre la France et l'Angleterre, l'une de ses petites-filles devait épouser le prince Louis, fils et héritier du roi Philippe Auguste. Durant l'hiver de 1199-1200, Aliénor, quoique septuagénaire, se rend donc à la cour de Castille, où elle choisit Blanche plutôt que sa sœur aînée Urraque, probablement pour son caractère et son intelligence (et non pour la consonance plus douce de son prénom, comme le prétendent certaines sources). Le 9 avril 1200, Blanche et sa grand-mère célèbrent Pâques à Bordeaux, arrivées quelques jours avant la Semaine sainte, escortées d'une nombreuse députation castillane.

Alors qu'Aliénor, « âgée et usée par les fatigues de ce long voyage », se rend directement à Fontevraud, Blanche poursuit sa route vers la Normandie, accompagnée d'Élie, archevêque de Bordeaux. Elle se rend auprès de Jean sans Terre et de Philippe Auguste, puis au château de Boutavant, résidence de Jean sans Terre. Par le traité du Goulet, Jean sans Terre cède le Vexin, le comté d’Évreux jusqu'au Neubourg et Damville. Le mariage ne peut avoir lieu sur le domaine du roi de France car, à la suite des démêlés matrimoniaux de Philippe Auguste, le pape Innocent III l'a frappé d'interdit. Le mariage est donc célébré le 23 mai 1200, en Normandie, possession Plantagenêt, hors du domaine royal français de l'époque, en l'église Saint-Martin de Port-Mort. En l'absence des deux rois, la cérémonie est présidée par l'archevêque de Bordeaux. Blanche a douze ans et Louis treize ans.

Elle donne au roi douze enfants, deux filles et dix garçons dont des jumeaux. Seulement cinq de ces enfants atteignent l'âge adulte, quatre meurent durant l'adolescence et les autres en bas âge. Quatre fils jouent un rôle plus ou moins considérable : Alphonse, Robert, Charles d'Anjou et surtout le futur Saint Louis. Cette nombreuse progéniture efface les attentes d'héritier mâle lors des règnes précédents de Louis VII et Philippe Auguste. Cette descendance, couplée avec son esprit, sa grande piété et l'éducation attentive de ses enfants, font d'elle une reine très appréciée. Contrairement toutefois à une image répandue par les récits et l'iconographie, Blanche n'assure pas elle-même l'éducation de Louis, elle la confie à des gouvernantes et à des maîtres, essentiellement des dominicains et des franciscains.

Sa descendance compte, outre deux à trois enfants morts en bas âge et dont nous n'avons gardé aucune trace, selon Jacques le Goff :

Blanche (1205-1205), morte jeune ;

Philippe (9 septembre 1209-avant juillet 1218), fiancé en 1215 à Agnès de Donzy (septembre 1205-1225), héritière de Nevers, d'Auxerre et de Tonnerre, sans postérité ;

Alphonse et Jean, frères jumeaux, nés le 26 janvier 1213 à Lorrez-le-Bocage-Préaux, morts jeunes ;

Louis IX (dit Saint Louis) (1214-1270), roi de France, dont postérité ayant donné, en ligne masculine, tous les rois ayant régné sur la France jusqu'en 1848 ;

Robert Ier d'Artois (28 septembre 1216-8 février 1250), comte apanagiste d'Artois qui épouse Mathilde de Brabant, et postérité ;

Jean (21 juillet 1219-1232), comte d'Anjou et du Maine, mort jeune ;

Alphonse (1220-1271), comte apanagiste de Poitiers et de Toulouse qui épouse Jeanne, comtesse de Toulouse (1220 † 1271), sans descendance ;

Philippe Dagobert (20 février 1223-1232), sans postérité ;

Isabelle (1225-1270), fiancée à Hugues de Lusignan, puis en 1252 fondatrice et abbesse des clarisses de Longchamp (béatifiée), sans descendance ;

Étienne (Paris 27 décembre 1225-novembre 1226/1227), sans postérité ;

Charles d'Anjou (Vendôme mars 1227-7 janvier 1285). Fils posthume, Louis IX lui transfère l'apanage d'Anjou de son frère Jean (mort en 1232). Comte apanagiste d'Anjou, roi de Sicile, puis de Naples, de Jérusalem, comte de Provence. En 1246, Charles épouse Béatrice de Provence (1234 † 1267) et en 1268, il se remarie avec Marguerite de Bourgogne (1248 † 1308), et postérité.

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