Le Bitcoin (prononcé en français [bit.kɔjn] et abrégé ₿, BTC, XBT ; de l'anglais bit : unité d'information binaire et coin « pièce de monnaie ») est une cryptomonnaie autrement appelée monnaie cryptographique. Dans le cas de la dénomination unitaire, on l'écrit « bitcoin » et, dans le cas du système de paiement pair-à-pair on l'écrit « Bitcoin ». L'idée est présentée pour la première fois en novembre 2008 par une personne, ou un groupe de personnes, sous le pseudonyme de Satoshi Nakamoto. Le code source de l'implémentation de référence est quant à lui publié en 2009. L'objectif est de créer un système décentralisé et pair-à-pair afin de pouvoir échanger de la valeur monétaire en s'affranchissant de tout organisme tiers tel que les institutions financières. C'est aussi une cryptomonnaie déflationniste dont la rareté a été programmée à cause du halving et du nombre limité de bitcoin à 21 millions d'unités.
En 2018 le G20 finances refuse de considérer le Bitcoin comme une monnaie, il le définit comme « crypto-actif ». Ce terme désigne « des actifs virtuels stockés sur un support électronique permettant à une communauté d'utilisateurs les acceptant en paiement de réaliser des transactions sans avoir à recourir à la monnaie légale ».
Le Bitcoin s'appuie sur un logiciel pour créer et gérer les bitcoins. Dans ce logiciel, les bitcoins sont créés conformément à un consensus appelé preuve de travail (ou, selon l'acronyme anglais PoW, « Proof of Work »), qui rétribue les agents (appelés « mineurs ») qui ont traité des transactions. Ces agents mettent à contribution leur puissance de calcul informatique afin de vérifier, de sécuriser et d'inscrire les transactions dans un registre virtuel. Un ensemble de transactions est enregistré en un bloc. Les blocs sont chaînés les uns aux autres. On dit ainsi que ce registre est structuré et construit sous forme de « blockchain » en anglais — ou de « chaîne de blocs » en français. Le terme bloc vient de la manière d'incrémenter le registre bloc par bloc, l'entité de base de Bitcoin s'appelle un « bloc ». Le terme chaîne fait référence au chaînage qui relie les blocs en une chaîne, pour représenter un enchaînement de transactions proposées. L'ensemble est dénommé la chaîne de blocs.
Pour chaque nouveau bloc accepté, l'activité de vérification-sécurisation-enregistrement, dite « minage », est rémunérée par des bitcoins nouvellement créés et par les frais des transactions traitées.
L'unité de compte de Bitcoin est le bitcoin. Son émission est limitée à 21 millions d'unités, chacune divisible jusqu'à la huitième décimale (appelée Satoshi ou sat). L'enregistrement du symbole soutenu par la Bitcoin Foundation ₿ () a été déposé par Ken Shirriff pour faire partie du bloc des symboles monétaires et accepté en 2015 par l'organisation Unicode. Les sigles correspondants, utilisés par les plates-formes d'échange, sont BTC et XBT. Parmi les symboles non officiels utilisés, il y a ฿ et Ƀ.
Le système fonctionne sans autorité centrale, ni administrateur unique. Il est géré de manière décentralisée grâce au consensus de l'ensemble des nœuds du réseau.
Le système est considéré comme décentralisé en l'absence d'organisation centrale de contrôle facile à identifier.
Il est en réalité constitué d'une multitude de serveurs (des mineurs), répartis dans le monde entier, qui font tous tourner un programme qui a pour but de vérifier les transactions effectuées par les utilisateurs, et sont rémunérés en bitcoin (actuellement 3,125 BTC).
L'avantage de la décentralisation est l'absence d'unité centrale d'organisation, ce qui a pour effet de permettre à tout le monde d'être pleinement propriétaire de ses bitcoins et évite de passer par des banques.
À ses débuts, le bitcoin n'était utilisé que par une niche d'initiés. La première plateforme d'échanges s'est ouverte en mars 2010 ; le bitcoin s'y échangeait à 0,003 USD l'unité. Cette année-là, l'informaticien américain Laszlo Hanyecz achète de manière symbolique deux pizzas pour la somme de 10 000 BTC (soit 25 $). Cet événement est considéré comme la première transaction acquittée en bitcoins.
Depuis sa création en 2009 et jusqu'à la fermeture par les autorités américaines de Silk road en 2013, le bitcoin a été utilisé majoritairement comme moyen d'échange par des réseaux criminels pour des jeux d'argent, pour l'achat de substances illicites, ou pour des bases de données piratées.
Le bitcoin repose sur une blockchain publique où toutes les transactions sont consignées. Le registre n'est pas anonyme mais sous pseudonyme. Sa traçabilité reste toutefois relative puisqu'il aurait été possible de dérouter la monnaie digitale de son protocole initial par l'usage d'un mixeur de crypto-monnaie. Des autorités financières, et organes législatifs principalement américains telle la SEC ainsi que les médias ont dès lors porté une attention sur ces pratiques.
Un nombre croissant d'études à ce sujet semble montrer que ces activités illégales, bien qu'existantes, ne représentent qu'une part minoritaire dans le flux global des échanges de la cryptomonnaie.
Le Sénat des États-Unis a reconnu par ailleurs que le Bitcoin avait la capacité de fournir des services financiers parfaitement légitimes.
Son utilisation pour l'achat de biens et services demeure une pratique marginale mais amorce un démarrage dans la société occidentale, notamment avec l'essor des paiements par « crypto-carte », soutenu par des sociétés comme VISA ou Master Card, ainsi que par son intégration au système transactionnel de la firme Paypal.
Au cours de son histoire, le Bitcoin est vu comme permettant des frais de transaction inférieurs à ceux « pratiqués par les organismes de cartes de crédit et indépendants du montant de la transaction financière ». Cependant, en 2017, les frais ont considérablement augmenté en quelques mois, passant de 0,2 $ en 2016 à 20 $ certains jours de décembre 2017, si bien que la plateforme Steam ou Microsoft ont retiré le bitcoin en tant que moyen de paiement, justement à cause de frais de transaction trop élevés. Afin de résoudre ce problème de frais de transaction trop élevés, le déploiement progressif de diverses améliorations technologiques (Segwit, Lightning, transactions par lots, Schnorr) de 2018 à 2019 a permis de ramener ces frais aux alentours de 0,05 $ pour les transactions non-urgentes. Contrairement aux cartes de crédit, les frais éventuels sont à la charge de l'acheteur, qui choisit d'en payer volontairement. Une transaction bitcoin ne peut être annulée. Néanmoins, on constate une augmentation de 500 % du nombre de marchands acceptant le bitcoin en 2014.
En décembre 2024, pour la première fois, une transaction immobilière est réalisée en bitcoin en France. À Gap, deux places de parking sont achetées avec cette monnaie virtuelle pour un montant de 0,33 BTC.
Dans un pays en risque d'hyperinflation faisant fondre l'épargne en monnaie locale, l'achat de bitcoin serait un moyen de s'en prémunir puisque le nombre total d'unités émise en est limité. Des experts financiers soutiennent sa propension à devenir une valeur refuge plutôt qu'un moyen de paiement. À l'inverse, d'autres estiment qu'il est bien trop volatil pour s'affranchir des mouvements spéculatifs qui ont fait sa réputation, néanmoins Bitcoin n'existe que depuis 2009, un éventuel statut ne sera définissable qu'après une première période d'intense volatilité. Quant à la question de savoir si la valeur de marché qu'il représente pourra atteindre voire dépasser celle de l'or, le sujet reste débattu.