Ce Jour-là

Bill Russell

Joueur de basket-ball américain (1934-2022)

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William Felton Russell, dit Bill Russell, né le 12 février 1934 à Monroe (Louisiane) et mort le 31 juillet 2022 à Mercer Island (Washington), est un joueur de basket-ball professionnel américain ayant évolué au poste de pivot pour les Celtics de Boston en National Basketball Association (NBA) de 1956 à 1969. Sa rivalité avec Wilt Chamberlain est l'une des plus célèbres de l'histoire de la NBA.

Cinq fois vainqueur du trophée du meilleur joueur de la NBA et douze fois sélectionné au All Star Game, Bill Russell est la pierre angulaire de l'équipe des Celtics de Boston qui remporte onze titres NBA en treize ans. Avec Henri Richard, le joueur de hockey sur glace des Canadiens de Montréal, il détient le record de titres dans une ligue nord-américaine de sport. Avant de passer professionnel, Bill Russell mène l'équipe de l'université de San Francisco à deux titres nationaux en 1955 et 1956. Il gagne également la médaille d'or aux Jeux olympiques de 1956 en tant que capitaine de l'équipe américaine de basket-ball.

Bill Russell est considéré comme le meilleur défenseur de l'histoire de la NBA.[réf. nécessaire] Ses qualités au contre et en défense individuelle sont les principales raisons du succès des Celtics. Il est également reconnu pour ses capacités au rebond. Il est le meilleur rebondeur de la NBA à quatre reprises et capte un total de 21 620 rebonds dans sa carrière. Avec Wilt Chamberlain, il est l'un des deux seuls joueurs de NBA à avoir attrapé plus de cinquante rebonds en un seul match. Bien qu'il n'ait jamais été le leader de l'attaque des Celtics de Boston, Bill Russell inscrit 14 522 points dans sa carrière et s'avère efficace dans le jeu de passe.

Dans le sillage des pionniers comme Earl Lloyd, Chuck Cooper et Ray Felix, il est le premier joueur afro-américain à atteindre le statut de « superstar » dans la ligue. Pendant trois ans, de 1966 à 1969, il endosse également le rôle d'entraîneur-joueur pour les Celtics de Boston, devenant par la même occasion le premier afro-américain à entraîner dans une grande ligue américaine de sport. Durant sa carrière, Bill Russell doit souvent faire face au racisme : beaucoup de fans à Boston boudent les Celtics de Boston lorsqu'il rejoint l'équipe et la presse locale lui montre peu de soutien. Quand il prend sa retraite, Bill Russell quitte Boston amer même si ses relations avec la ville se sont améliorées au cours des dernières années.

Bill Russell est membre du Basketball Hall of Fame depuis 1975, du National Collegiate Basketball Hall of Fame depuis 2006 et du FIBA Hall of Fame depuis 2007. Il est nommé parmi les meilleurs joueurs du cinquantenaire de la NBA en 1996. Le trophée du meilleur joueur des Finales NBA porte son nom depuis 2009. Après son décès, la NBA fera un geste historique en retirant son légendaire numéro 6 a travers toute la ligue en guise d'hommage, c'est le seul joueur à ce jour en NBA qui a eu ce privilège.

Bill Russell, fils de Charles et Katie Russell, naît le 12 février 1934 à Monroe, dans l'État de Louisiane, aux États-Unis. Dans cet État du Sud, le racisme est encore très présent dans les années 1940 et 1950 et sa famille en souffre. Par exemple, un jour, à une station essence, son père se voit refuser d'être servi tant que tous les clients blancs n'ont pas été servis. Quand il décide de partir pour trouver une autre station, le pompiste l'oblige à rester et à attendre son tour en le menaçant avec un fusil. Sa mère n'est pas non plus épargnée : elle déclare être prise à partie par le shérif local qui lui reproche de porter « des vêtements de blanche » et lui demande d'aller se changer. En raison de ces brimades racistes répétées, la famille Russell déménage à Oakland, en Californie, quand le jeune garçon est âgé de 8 ans. Là-bas, il connaît la pauvreté et grandit dans un quartier défavorisé.

Son père est décrit comme un « homme dur », initialement concierge dans une usine de papier. Peu payé et intellectuellement peu stimulant, son travail est un « job de nègre ». Il devient plus tard camionneur lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Plus proche de sa mère que de son père, Bill Russell est traumatisé lorsque celle-ci meurt subitement alors qu'il n'a que 12 ans. Son père abandonne alors son emploi de chauffeur routier pour un emploi dans une aciérie afin de se rapprocher de ses enfants devenus semi-orphelins. Bill Russell déclare que son père devient alors son héros d'enfance.

Tout jeune, Bill Russell a du mal à maîtriser les fondamentaux du basket-ball. Il n'est même pas retenu dans l'équipe de son collège alors qu'il est un excellent coureur et sauteur en hauteur. Il joue à peine avec l'équipe lors de sa première année de lycée à la McClymonds High School. C'est uniquement lors de ses 2e et 3e année dans l'établissement qu'il commence à se révéler. À cette époque, il rencontre George Mikan, la superstar des Lakers de Minneapolis, ce qui l'incite à persévérer. Bill Russell se fait rapidement remarquer pour son style inhabituel en défense. Plus tard, il explique : « Pour jouer une bonne défense... il était dit à l'époque que tu devais rester pieds à plat en tout temps pour réagir rapidement. Quand j'ai commencé à sauter pour faire des jeux défensifs et à bloquer les tirs, j'ai d'abord été corrigé, mais j'ai insisté, et ça a payé ».

Bill Russell est ignoré par les recruteurs universitaires et ne reçoit pas une seule offre jusqu'à ce que Hal DeJulio de l'université de San Francisco (USF) assiste à un match de l'équipe de son lycée. Malgré son faible nombre de points marqués et ses « fondamentaux atroces », Hal DeJulio sent chez le jeune Bill Russell un instinct extraordinaire pour le jeu, en particulier dans les situations cruciales. Il lui offre donc une bourse que Bill Russell accepte avec enthousiasme. C'est un tournant dans la vie du jeune homme qui se rend compte que le basket-ball est sa seule chance d'échapper à la pauvreté et au racisme. En conséquence, il jure de tirer le meilleur parti de son talent.

Bill Russell intègre donc l'équipe des Dons de San Francisco, entraînée par Phil Woolpert en 1953. Ce dernier devient en 1954 le premier entraîneur d'une équipe de basket-ball amateur à aligner trois joueurs noirs : Hal Perry, K. C. Jones et Bill Russell. Mais Bill Russell et ses coéquipiers afro-américains deviennent la cible de moqueries racistes, provenant aussi bien des supporters des équipes adverses que des supporters de l'université. Pire, lors d'un tournoi à Oklahoma City en 1954, les hôtels refusent d'héberger les joueurs noirs. En signe de protestation, toute l'équipe décide de dormir dans un dortoir universitaire laissé vacant pendant les vacances, expérience qui renforce l'esprit de camaraderie du groupe. Des années plus tard, Bill Russell expliquera que ces expériences l'ont rendu plus fort : « Je ne me suis jamais permis d'être une victime ». En revanche, sur le terrain, tout est beaucoup plus plaisant pour Bill Russell puisqu'il mène les Dons de San Francisco à deux titres de championnat universitaire NCAA en 1955 et 1956, avec une impressionnante série de 55 victoires consécutives. En 1955, Bill Russell est nommé Meilleur joueur du tournoi NCAA (Most Outstanding Player) et en 1956 UPI Player of the Year. Durant ces deux années, il est nommé Helms Foundation Player of the Year et fait partie du Consensus All-America First Team.

Durant les années passées à l'USF, Bill Russell utilise son manque relatif de corpulence pour développer un style unique de défense : au lieu de marquer uniquement le pivot adverse, il utilise sa rapidité et sa vitesse pour apporter son aide à ses coéquipiers face aux ailiers et rendre leurs tirs plus difficiles. Il devient célèbre pour sa défense de fer ainsi que ses qualités de contreur, enregistrant jusqu'à treize contres dans le même match. Russell devient la pièce maîtresse d'une équipe de l'USF qui devient rapidement une référence dans le monde du basket-ball universitaire. Le magazine sportif Sports Illustrated écrit alors : « Si Russell apprend un jour à marquer des paniers, il va falloir réécrire les règles du basket-ball ». L'entraîneur des Bruins de l'UCLA, John Wooden, qualifie Bill Russell de « plus grand défenseur qu'il ait jamais vu ». Au cours de sa carrière universitaire, il enregistre une moyenne de 20,7 points et 20,3 rebonds par match. Sa domination est telle que la National Collegiate Athletic Association (NCAA) doit instituer plusieurs règles connues sous le nom de « Russell Rules » (les règles de Russell). À partir de la saison 1956, la largeur de la raquette passe de 6 à 12 pieds. Cette règle oblige les pivots à jouer plus loin du panier. Une autre règle est créée en réponse au jeu de Bill Russell (et de son rival Wilt Chamberlain) : elle interdit de toucher le ballon dans sa phase descendante en attaque (offensive goaltending). En effet, il est devenu facile pour les pivots de grande taille de bloquer le ballon juste avant qu'il ne rentre dans le panier.

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