Ce Jour-là

Beyrouth

Capitale du Liban

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Beyrouth (en arabe : بيروت, Bayrūt) est la capitale du Liban et la ville la plus importante du pays. C'est une métropole qui comptait environ 360 000 habitants en 2011 et 453 951 votants en 2010. L'agglomération urbaine comporte entre 1,8 et 2 millions d'habitants, soit près de 50 % de la population du pays. La ville forme le gouvernorat (mohafazat) de Beyrouth, le seul qui ne soit pas divisé en districts. Elle abrite le siège du gouvernement. Bien qu'il soit fréquent de parler de Beyrouth pour désigner la ville et ses banlieues, il n'existe pas de telle entité officielle, plusieurs administrations définissant seulement, à des fins d'études, une Région métropolitaine de Beyrouth.

Avant la guerre civile libanaise, la ville était un centre financier, un port de commerce et un foyer culturel d'une importance majeure à l'est de la Méditerranée et au Proche-Orient. Beyrouth est en effet située entre l'Asie, l'Afrique et l'Europe, ce qui lui a donné une place stratégique dans les échanges mondiaux. Beyrouth rivalisait autrefois avec Le Caire comme le cœur culturel et éducatif du monde arabe. Bien que le français ne soit plus la langue officielle du Liban, Beyrouth reste la plus grande ville francophone du continent asiatique.

Ses habitants sont appelés Beyrouthines et Beyrouthins.

Béryte est fondée vers 5000 av. J-C. Petit port à l'origine, moins puissante que les autres cités phéniciennes tel que Tyr, Byblos, ou Sidon, elle gagne de l'importance sous l'Empire romain ; en 15 av. J.-C. Auguste lui donne en effet le statut de colonie. Elle est renommée pour son école de droit mais elle est ravagée en 551 par un violent séisme accompagné d'un tsunami.

Pendant les croisades, elle est le centre de la seigneurie de Beyrouth, vassale du royaume franc de Jérusalem. Elle est prise par les mamelouks en 1291.

Sous l'Empire ottoman, elle joue un rôle commercial actif parmi les échelles du Levant mais subit les effets du déclin économique de la Syrie ottomane. Elle ne retrouve sa place qu'au XIXe siècle.

L'essor de la ville doit beaucoup à son port, le premier de la région à avoir été doté d'une Quarantaine, et au choix de Beyrouth par les puissances occidentales qui y implantent leurs missions religieuses, leurs universités et leurs comptoirs commerciaux.

Lors de la deuxième guerre égypto-ottomane opposant Méhémet Ali, vice-roi d'Égypte, au sultan ottoman Mahmoud II, Beyrouth sert de base à l'armée égyptienne, ce qui lui vaut d'être bombardée le 3 octobre 1840 par la flotte anglaise venue en soutien des Ottomans et qui détruit la ville.

Elle redevient une grande ville au milieu du XIXe siècle avec notamment l'afflux de réfugiés fuyant les affrontements de 1860 dans la montagne entre druzes et maronites : Beyrouth sert alors de port de débarquement à l'expédition française en Syrie.

Beyrouth passe de 7 000 habitants en 1810 à 27 000 en 1845 et 130 000 en 1915. La route de Beyrouth à Damas est percée en 1863, le port de Beyrouth est modernisé en 1888, le chemin de fer de Beyrouth à Damas entre en service en 1895. Le collège protestant syrien, future université américaine de Beyrouth, ouvre en 1866. La ville devient la capitale d'une province, le vilayet de Beyrouth, en 1888.

Beyrouth fut bombardée en 1911 par l'armée italienne, pendant la guerre menée par le royaume d'Italie contre l'Empire ottoman.

Depuis l'indépendance (1943-1990)

À la suite de l'effondrement de l'Empire ottoman après la Première Guerre mondiale, Beyrouth, avec le reste du Liban, a été placée sous mandat français par la Société des Nations. Quand le Liban a obtenu son indépendance le 22 novembre 1943, Beyrouth est devenue sa capitale. La ville est restée une capitale régionale intellectuelle, devenant une destination touristique majeure et un havre bancaire, notamment pour le pétrole du golfe Persique. Dès les années 1930, la ville excède ses limites administratives. Après l'indépendance, l'urbanisation remplit peu à peu la plaine littorale et grimpe sur les montagnes qui entourent la ville. Une agglomération se constitue, mais aucune nouvelle institution administrative n'est créée malgré les projets de l'urbaniste Michel Écochard. L'urbanisme de Beyrouth et de ses banlieues se caractérise par un décalage entre les plans, nombreux, qui ont été dressés pour la ville, et les réalisations, très partielles et inachevées.

Le 22 décembre 1952, à la suite d’une erreur de navigation, le paquebot Champollion de la compagnie des Messageries maritimes vient s’échouer sur les brisants à 600 mètres de la plage de Khaldé au sud de Beyrouth. Il avait appareillé de Marseille sept jours auparavant.

L'ère de prospérité relative suivant l'indépendance a pris fin en 1975 lorsque la guerre civile libanaise a éclaté. Pendant la majeure partie de la guerre, Beyrouth a été divisée entre une partie musulmane à l'Ouest et l'Est chrétien séparée par une ligne de front désignée sous le nom de « Ligne verte ». La basse ville, autrefois centre d'une grande partie des activités commerciales et culturelles de la ville, est devenue alors une « terre inhabitée ». Beaucoup d'habitants ont fui vers d'autres pays. Environ 60 000 personnes sont mortes durant les deux premières années de la guerre (1975-1976), et une partie importante de la ville a été dévastée.

Une période particulièrement destructrice a été le siège, en 1978, de l'armée syrienne contre Achrafieh, le principal quartier chrétien de Beyrouth. Les troupes syriennes ont bombardé sans relâche le quartier oriental de la ville. Les milices chrétiennes ont cependant réussi à repousser de multiples tentatives des forces syriennes d'occuper la zone stratégique de la ville, dans une campagne de trois mois connue plus tard sous le nom de guerre des 100 jours.[réf. nécessaire]

Le 16 juillet 1981, des roquettes palestiniennes tuèrent trois civils israéliens. Le lendemain, l'aviation israélienne bombarda massivement des bureaux de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Beyrouth, tuant entre 200 et 300 personnes, principalement des civils libanais, et en blessant plus de 800.

Un autre chapitre destructeur a été l'invasion israélienne en 1982, pendant laquelle Beyrouth-Ouest fut assiégée par les troupes israéliennes. En effet, durant l'été 1982, la ville a été soumise par l'armée israélienne à un siège et à un blocus hermétique. Ariel Sharon, qui conduit l'opération, explique : « Il faut en finir avec la partie sud de Beyrouth. Il faut détruire ce qui doit l’être puis nettoyer tranquillement. Nous n’avons pas affaire à une population libanaise mais à des camps terroristes ». L'offensive provoque la mort de 20 000 civils libanais et palestiniens. Un cessez-le-feu est négocié qui prévoit l’évacuation du Liban des forces palestiniennes de l'OLP. Du 16 au 18 septembre 1982, profitant du retrait de l'OLP, des milices des Forces libanaises massacrent les populations palestiniennes vivant dans les camps de réfugiés de Sabra et Chatila, à Beyrouth-Ouest, avec la complicité de l'armée israélienne. Entre 700 et 5 000 personnes sont assassinées. Le 23 octobre 1983, les casernes françaises et américaines ont subi des attentats à la bombe du Hezbollah, tuant 241 militaires américains, 58 militaires français, 6 civils et les deux « kamikazes ».

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