Ce Jour-là

Beverley Shenstone

Ingénieur aérodynamicien

Anúncio

Beverley Shenstone, né le 10 juin 1906 à Toronto au Canada et mort le 9 novembre 1979 à Chypre, est un ingénieur aérodynamicien canadien.

Shenstone est particulièrement reconnu et réputé pour avoir développé l'aérodynamique de l'aile elliptique adaptée pour le Spitfire avec Reginald Mitchell.

Il préside la Royal Aeronautical Society à partir de 1962, puis établit, à la tête de la British Overseas Airways Corporation (BOAC), les fondements techniques de l'industrie aérienne commerciale britannique, mais se montre réservé sur la rentabilité du projet de transport supersonique.

Il est au panthéon de l'aviation canadienne.

Beverley Strahan Shenstone naît le 10 juin 1906 à Toronto au Canada, dans l'Ontario. Il est l'aîné des enfants de Saxon T. Shenstone et de Kitty Alison (née Paterson), ainsi que le neveu d'Allen Shenstone. Son père meurt le jour de Noël 1915, laissant Beverley et ses deux jeunes frères à la charge de leur mère Kitty et de leur grand-père paternel, Joseph Newton Shenstone. Beverley Shenstone apprend à naviguer auprès de ses oncles. Il conçoit, construit et participe à des courses de voiliers miniatures[réf. souhaitée]. En 1927, encore étudiant, il entreprend une expédition en canoë sur les voies navigables du sud et du sud-ouest de l'Angleterre. À l'issue de ce périple, il travaille quelques semaines dans un laboratoire du ministère de l'Air situé au sous-sol du Musée des sciences de Londres. Il obtient son diplôme d'ingénieur à l'Université de Toronto en 1928, puis poursuit des études de maîtrise sur la stabilité des hydravions sous la direction du professeur John H. Parkin.

En juin 1929, Beverley Shenstone apprend à piloter dans le cadre d'une formation d'élève-pilote de l'Aviation royale canadienne (ARC), et effectue son premier vol en solo en moins de dix heures, ce qui lui vaut un poste permanent au sein de l'ARC. À une époque où la plupart des avions sont des biplans en bois recouverts de toile, Beverley Shenstone comprend que les monoplans métalliques représentent l'avenir et que l'industrie allemande est à la pointe dans ce domaine. Il postule pour un emploi chez Dornier à Friedrichshafen[réf. nécessaire] mais sans succès. Sa persévérance et ses contacts utiles finirent par payer : grâce à l’aide de John H. Parkin et du capitaine M.C. Christie, attaché de l’air britannique à Berlin, il obtient un poste chez Junkers en novembre 1929 à Dessau.

Il travaille alors pendant un an chez Junkers, où il apprend les techniques de travail des métaux comme le repoussage et le rivetage. Il travaille dans les services techniques, notamment à l'atelier des moteurs. Il étudie également les théories de l'aile volante de l'ingénieur Hugo Junkers. Beverley Shenstone travaille ensuite avec Yoshihara Seiji à la préparation du Junkers A 50 de ce dernier pour son vol de Dessau à Tokyo en août 1930.

Pendant l'été 1930, Beverley Shenstone apprend le vol à voile à la Wasserkuppe, qui est alors le principal centre de vol à voile d'Europe. Il y rencontre Geoffrey Hill et Alexander Lippisch, qui sont tous les deux les pionniers des avions à ailes complètes. Alexander Lippisch dirige alors la branche technique de la Rhön-Rossitten Gesellschaft. Beverley Shenstone passe l'hiver 1930-1931 à travailler avec Lippisch et son équipe au développement de planeurs sans empennage ; il apprend également à skier. Son amitié avec Lippisch dura quarante ans.

Lors de son séjour en Allemagne, Beverley Shenstone se rend à Heidelberg et rencontre Ludwig Prandtl, un pionnier de l'application des analyses mathématiques systématiques à l'aérodynamique. C'est également à la Wasserkuppe qu'il fait la connaissance du commandant de l'air John Adrian Chamier, pour lequel il travaille comme interprète. John Chamier suggère à Shenstone de venir travailler pour les Britanniques chez Vickers-Armstrongs, dont Chamier est directeur.

Pour trouver du travail, Beverley Shenstone s'installe en Angleterre en mai 1931. Geoffrey Hill tente de lui trouver un emploi chez Westland, mais sans succès. Il est reçu en entretien par Sidney Camm, mais à la suite d'un malentendu, il quitte la salle.

Par l'intermédiaire de John Chamier, il obtient un entretien en 1932 avec Reginald Mitchell chez Supermarine (qui fait partie de Vickers-Armstrong). Déçu par les connaissances de Beverley Shenstone en matière de construction d'ailes monoplanes, Reginald Mitchell est en revanche impressionné par son expertise en théorie aérodynamique et lui offre un poste à temps plein, rémunéré 500 £ par an, après une période d'essai de deux mois.

Beverley Shenstone est chargé par Reginald Mitchell, en plus du soutien technique, d'apporter un regard extérieur sur les conceptions de Supermarine. Pour cela, Beverley Shenstone voyage avec Ernest Hives de Rolls-Royce en Allemagne début 1934, puis aux États-Unis la même année, où il visite le NACA et plusieurs constructeurs aéronautiques américains. Il fait ensuite son rapport à Mitchell sur les derniers profils d'ailes du NACA et sur l'importance accordée par les autres concepteurs à une finition aérodynamique de haut niveau.

Reginald Mitchell décide en conséquence d'entreprendre une refonte complète du projet, notamment de l'aile. S'appuyant sur les suggestions et l'expertise de Beverley Shenstone en aérodynamique théorique, Mitchell, avec la contribution d'Ernest Mansbridge, Joe Smith et Alfred Faddy, commence à étudier l'utilisation d'une aile elliptique.

Mitchell et Shenstone sont tous deux conscients du potentiel d'une aile elliptique, Mitchell l'ayant proposée pour son hydravion Type 179, tandis que l'hydravion Short Crusader, engagé dans la Coupe Schneider de 1927, était doté d'une aile similaire en forme de lobe. Par ailleurs, Shenstone sait que Frederick Lanchester a suggéré en 1907 qu'il est préférable de répartir le flux tourbillonnaire le long de l'aile plutôt que de le concentrer à son extrémité, et que Max Munk avait également constaté qu'une portance répartie de manière elliptique réduisait la traînée induite.

Les études successives conduisent Shenstone et Mitchell à créer une aile elliptique modifiée, dont l'extrémité est avancée pour générer une portance accrue. Grâce à son longeron principal perpendiculaire, l'aile obtenue est rigide et stable, assurant la stabilité nécessaire à un avion équipé de canons sous les ailes.

Cette nouvelle conception d'aile est intégrée au projet Type 300 qui devient par la suite le Supermarine Spitfire.

Projets ultérieurs chez Supermarine

Après son travail sur le Supermarine Spitfire, Beverley Shenstone est aérodynamicien en chef du projet Supermarine B.12/36. Le cahier des charges de ce projet concerne un bombardier lourd quadrimoteur, et la proposition de Supermarine prévoit une aile à bord d'attaque fortement en flèche, la charge de bombes étant stockée à la fois dans l'aile et dans le fuselage. Bien que Supermarine ait obtenu un contrat de développement pour deux prototypes, le premier ayant été détruit lors d'un bombardement en septembre 1940, ce cahier des charges fut finalement rempli par le Short Stirling, qui constituait le plan de secours du ministère de l'Air en raison de ses doutes quant aux capacités de Supermarine.

Anúncio

Bientôt sur l'application World in Stories

Audio, téléchargement hors ligne, sans publicité et plus.

Découvrir Premium
Beverley Shenstone | World in Stories