Ce Jour-là

Berty Albrecht

Résistante française

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Berthe Pauline Mariette Wild, dite Berty Albrecht, née le 15 février 1893 à Marseille et morte le 31 mai 1943 à la prison de Fresnes (Seine), est une militante de gauche, féministe, antifasciste et résistante française.

Berty Albrecht participe jusqu'à son arrestation à la direction de Combat, l'un des principaux mouvements de résistance intérieure. Elle est l'une des six femmes Compagnons de la Libération et l'une des deux femmes inhumées dans la crypte du mémorial de la France combattante au mont Valérien.

Berthe Wild est issue d'une famille protestante d'origine suisse installée vers 1890 à Marseille, dans une maison bourgeoise, à côté de l'Abbaye Saint-Victor, au 140 rue Sainte, dominant le Vieux-Port.

Aujourd'hui, la demeure jouxte le Square dédié à « Berty ALBRECHT, Marseillaise 1893-1943, Compagnon de la Libération ... », et à « Henry FRENAY Lyon 1915- Porto-Vecchio 1988 ... ».

Elle est la fille unique d'Ulrich Oscar Wild-Grosclaude (1860/62-1927), né et originaire de Saint-Gall en Suisse allemande, décédé à Marseille en 1927, employé de commerce en bois exotiques. Il est le fils de Franz Heinrich Wild (1834-1902) né et mort à Saint-Gall (SG), et de Marie Judith Schiegg (1835-1897) née et originaire de Steckborn (TG), en Thurgovie, et morte à Saint-Gall (SG).

Sa mère est Marthe Thérèse Grosclaude (1869-1947), née à Paris 9e, originaire du Locle dans le canton de Neuchâtel en Suisse romande. Elle est la fille de Raymond Paul Grosclaude (1846-1898), et de Elisabeth Pauline Guittard (1845-1924), nés tout les deux à Avignon (84, Vaucluse), et morts à Marseille.

Quant au grand-père maternel, Urbain Grosclaude (1800-1863), commis négociant né au Locle, et mort à Avignon, et a épousé en 1838 à Avignon, Adélaîde Elisabeth Thérèse Fuzet dit Imbert (1807-1869), institutrice née et morte à Avignon.

Berthy fait ses études à Marseille au lycée Montgrand, puis à Lausanne, et obtient son diplôme d'infirmière en juin 1912. Elle part alors pour Londres, où elle travaille comme surveillante dans une pension de jeunes filles. Au début de la Première Guerre mondiale, elle retourne à Marseille où elle travaille pour la Croix-Rouge dans plusieurs hôpitaux militaires.

En 1918, elle épouse à Rotterdam le banquier néerlandais Frédéric Albrecht (1887- ). Ils ont ensemble deux enfants, Frédéric (1920 - 1998) et Mireille (1924 - 2007). Le couple vit aux Pays-Bas, puis s'installe à Londres en 1924. C'est là qu'elle rencontre les féministes anglaises et se passionne pour la condition féminine. Les historiennes Christine Bard et Corinne Bouchoux écrivent qu'« elle découvre le féminisme à travers Sylvia Pankhurst » et adhère à la Ligue mondiale pour la réforme sexuelle en 1927.

Séparée de son époux, elle s'installe à Paris en 1931 et se lie d'amitié avec Victor Basch, professeur à la Sorbonne et président de la Ligue des droits de l'homme, qu'elle rejoint en 1932, et devient secrétaire de l'Association d'études sexologiques. Dans un pays où les femmes n'ont pas le droit de voter, où la contraception est rudimentaire, inefficace, peu accessible, l'avortement lourdement sanctionné, elle crée en 1933 une revue féministe, Le Problème sexuel. Financée par son époux, cette revue publie cinq numéros, de novembre 1933 à juin 1935. Elle y défend le droit à l'avortement et à la contraception. À l'automne 1934, Berty Albrecht visite l'URSS d'où elle revient déçue par les inégalités et le gaspillage, malgré les réussites du régime (écoles, universités, crèches, jardins d'enfants). Elle participe à la création du Comité mondial des femmes contre la guerre et le fascisme. En 1935, elle contribue à la fondation du Comité d'aide à l'Éthiopie (pays alors attaqué par l'Italie fasciste).

En 1933, consciente des dangers du nazisme (et plus tard hostile aux accords de Munich), Albrecht accueille des réfugiés allemands (principalement des juifs et des dissidents politiques fuyant le fascisme) dans sa maison de Sainte-Maxime, où elle rencontre le capitaine Henri Frenay, qui devait survivre à la guerre et devenir l'un des plus célèbres représentants vivants des résistants français. Malgré leurs divergences politiques (il appartenait alors à la droite nationaliste, alors qu'elle était activement associée à des causes de gauche), Albrecht et Frenay devinrent amants, puis coorganisèrent, à partir de 1940, un grand mouvement de résistance, baptisé Combat. Dans le cadre de son engagement antifasciste, Berty Albrecht participe également à l'aide aux républicains espagnols.

En 1937, Berty suit la formation de l'école des surintendantes d'usine dont la directrice est Jane Sivadon. Assistante sociale, elle travaille dans une fabrique d'instruments d'optique.

En 1940, Berty est surintendante aux usines Fulmen de Clichy et de Vierzon.

À Vichy et à Lyon, Berty Albrecht participe à toutes les initiatives résistantes de Frenay. Elle cofonde en août 1940 le Mouvement de libération nationale qui devient, grâce à la fusion avec Liberté en novembre 1941, Mouvement de libération française, avant d'être rebaptisé Combat en décembre 1941.

En décembre 1940, elle se charge de la dactylographie du Bulletin, bi-hebdomadaire du capitaine. Grâce aux contacts de Berty, Pierre de Froment et Robert Guédon peuvent développer leur action en zone occupée et en zone interdite.

Albrecht et Frenay reconnaissent le général de Gaulle en tant que symbole de la Résistance, mais renâclent à accepter son autorité. Frenay se détache peu à peu de la Révolution nationale, qu'Albrecht a toujours rejetée. Ensemble, ils lancent successivement trois journaux : Les Petites Ailes de France, puis Vérités et enfin en 1941 Combat.

En 1941, elle est engagée comme « inspectrice du chômage féminin » de la ville de Lyon par Henri Maux. Berty, fonctionnaire de l'État français, militante connue d'avant-guerre, est surveillée de près par la police française et, sans doute, par les services allemands. Elle organise le service social qui, en zone libre, aide les militants emprisonnés et leur famille. Elle est arrêtée une première fois par la police française, en janvier 1942. Libérée au bout de trois jours, elle est contrainte de démissionner.

Arrestation, internement et mort

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