Bernissart (en wallon et picard : Bernissåt) est une commune francophone de Belgique située en Région wallonne dans la province de Hainaut, ainsi qu’une localité où se situe son siège administratif.
Elle est surtout connue pour la découverte, en 1878, de plusieurs squelettes fossiles d’iguanodons à 322 mètres de profondeur dans la fosse Sainte-Barbe, une ancienne exploitation charbonnière. Cette trouvaille exceptionnelle a marqué un tournant dans l’histoire de la paléontologie et conféré à Bernissart une renommée internationale.
Située à proximité de la frontière franco-belge, Bernissart est une commune touristique réputée pour ses nombreux sites naturels. Son relief, relativement doux, varie entre 15 mètres d’altitude dans les Marais d’Harchies, vaste zone humide protégée, et 81 mètres dans la forêt de Stambruges, au nord du territoire.
À l’ouest, Bernissart est limitrophe de Condé-sur-l’Escaut, en France. Une partie de son territoire déborde au-delà de la frontière, formant un petit hameau rattaché à cette commune française. Bien que frontalière, la commune bénéficie d’une situation centrale dans le Hainaut occidental, se trouvant à seulement 22 km de Mons et 24 km de Tournai.
La commune de Bernissart est traversée, dans sa partie sud-est, par la Haine, un ancien cours d’eau industriel du Hainaut, aujourd’hui canalisé par endroits, et longeant notamment l’autoroute A7. Elle est également parcourée par le canal Mons-Condé, une voie navigable construite au XIXᵉ siècle pour relier Mons à Condé-sur-l’Escaut, en France, facilitant à l’époque le transport du charbon entre le Borinage et le bassin minier du Nord.
Plus au nord, trois canaux historiques convergent vers le village de Blaton : le canal Pommerœul-Antoing, venant du sud-est ; le canal Nimy-Blaton-Péronnes, qui traverse la commune d’est en ouest ; et le canal Blaton-Ath, situé au nord, en direction du centre de la province. Ces canaux, construits entre le XVIIIᵉ et le XIXᵉ siècle pour les besoins du transport fluvial lié à l’activité minière, se croisent à Blaton, ce qui a valu à la localité le surnom de "petite Venise du Hainaut".
La commune de Bernissart est traversée par plusieurs infrastructures de transport importantes. Elle est desservie par la route nationale N50, qui relie Mons à Tournai, ainsi que par deux grands axes autoroutiers : l’A16 (E42), qui assure la liaison entre Tournai et Liège, et l’A7 (E19), qui relie Bruxelles à Paris en passant par Mons.
Le territoire communal est également parcouru par la ligne ferroviaire 78 du réseau de la SNCB, qui connecte les villes de Mons et Tournai. Trois gares se trouvent sur le territoire de Bernissart, dont la gare de Blaton, la plus importante, mise en service en 1861. Elle est équipée de plusieurs quais et dessert les lignes régionales et interurbaines. Les gares de Harchies et de Ville-Pommerœul, plus modestes, complètent cette offre de transport ferroviaire.
Les communes limitrophes de Bernissart sont, dans le sens horaire au départ du nord, Beloeil, Saint-Ghislain, Hensies, Saint-Aybert (France), Condé-sur-l’Escaut (France) et Péruwelz. La commune est située dans le Hainaut occidental, une région qui s’étend du nord-est à l'ouest de Bernissart. Du sud à l’est, elle est bordée par la région du Borinage, connue pour son passé industriel lié à l’extraction charbonnière. Enfin, Bernissart est bordée par la France de l’ouest au sud-ouest.
Démographie : Avant la fusion des communes
Source : DGS recensements population
Démographie : Commune fusionnée
En tenant compte des anciennes communes entraînées dans la fusion de communes de 1977, on peut dresser l'évolution suivante :
Les chiffres des années 1831 à 1970 tiennent compte des chiffres des anciennes communes fusionnées.
Source : DGS, de 1831 à 1981 = recensements population ; à partir de 1990 = nombre d'habitants chaque 1er janvier
La commune de Bernissart est réputée dans le monde des paléontologues et des géologues comme un site paléontologique important par la quantité de squelettes et de fossiles retrouvés. On y trouve une trentaine de squelettes, dont certains complets et très bien conservés.
En avril 1878, dans cette petite ville, les mineurs de la fosse Sainte-Barbe ont découvert dans une poche d'argile des squelettes fossilisés correspondant à un troupeau d'ornithopodes appelés iguanodons. La direction de la mine avertit, fait exceptionnel à l'époque, le musée d'histoire naturelle de Belgique. Cette découverte, à 322 mètres de fond dans les veines carbonifères du site minier de Bernissart, a été considérée comme exemplaire. Trente squelettes complets avec plusieurs os de squelettes incomplets et des plantes fossiles, soit quelques dizaines de tonnes, y furent extraits avec d'énormes difficultés, sous la direction technique de Louis de Pauw.
C'était la première fois que l’on mettait au jour autant de squelettes complets de dinosaures. Ceux-ci ont été dessinés in situ par le dessinateur Gustave Lavalette, puis reconstitués par Louis Dollo. La restauration et le remontage, à la chapelle Saint-Georges près de la place Royale à Bruxelles, s'avérèrent aussi délicats que l’extraction, car les ossements, atteints du « mal de la pyrite », nécessitaient des soins intensifs. Des traitements furent mis au point à l'Institut royal des sciences. Les squelettes furent placés dans une immense vitrine à hygrométrie et température contrôlées au Muséum des sciences naturelles de Belgique. La lenteur des opérations impliquant des reconstitutions de charpente osseuse par des équipes d'artisans du bâtiment a permis des progrès anatomiques et biologiques, dont témoignent en particulier les descriptions de Louis Dollo.