Bernard Lemaire, né le 4 novembre 1946 à Vittel et mort le 5 mars 2009 à Toulouse, est un haut fonctionnaire français. Comme préfet de l'Aude, il a eu à gérer plusieurs fermetures d'usines dans un contexte social sensible, et la Fusillade de Carcassonne en 2008, au sein du 3e RPIMa.
Bernard Lemaire est né le 4 novembre 1946 à Vittel dans le département des Vosges, et mort le 6 mars 2009 à l'hôpital Rangueil de Toulouse à l'âge de 62 ans.
Après des études supérieures, dont une licence en droit, il commence par être admis au sein de l'administration en qualité d'inspecteur du Trésor, ce n'est que sur le tard (1976) qu'il décide d'intégrer l'ENA, il y côtoie des personnages qui font partie comme lui de la « promotion Mendès France », dont : Pierre-Étienne Bisch (ancien préfet, directeur de Météo-France), Jean-Marc Espalioux (homme d'affaires), José Frèches (patron de presse et écrivain), Gérard Mestrallet (PDG du groupe Suez), Philippe de Villiers (homme politique)…
Après plusieurs postes à responsabilité dans les administrations, il rejoint le corps préfectoral, devient secrétaire général de plusieurs préfectures, sous-préfet dans plusieurs régions. Il obtient sa nomination en 1997 comme préfet adjoint pour la sécurité auprès des préfets de la Corse-du-Sud et de la Haute-Corse, où il a été confronté dans ses responsabilités à l'assassinat du préfet Claude Érignac le 6 février 1998.
En 2001, alors qu'il est préfet du département des Alpes-de-Haute-Provence, il a la tâche d'assurer la destruction de la statue géante du Mandarom édifiée à Castellane. Après plusieurs recours rejetés par le Tribunal de grande instance de Digne, la statue représentant le gourou Gilbert Bourdin est détruite le 5 septembre.
Bernard Lemaire s'est forgé une solide expérience par ses différents postes, que ce soit en Nouvelle-Calédonie, en Corse, au Pays basque, sur la côte atlantique (Charente-Maritime et Bayonne), ou encore dans les Ardennes.
Il est nommé en 2006 préfet de l'Aude, succédant à Jean-Claude Bastion ; son travail n'est pas facile, car beaucoup de problèmes existent dans ce département : la crise viticole en particulier, la reconversion de l'ancien complexe minier (or) de Salsigne fermé en 2005, le scandale sanitaire de l'usine Efisol d'Espéraza, les fermetures multiples d'usines dans la haute vallée de l'Aude, l'implantation massive d'éoliennes. L'un de ses premiers gestes avait d'ailleurs été d'aller à la rencontre du syndicat des Jeunes Agriculteurs de l'Aude, signe de l'importance qu'il accordait à garder le dialogue avec un monde viticole audois.
Il s'est aussi fortement impliqué dans le contentieux sur la nouvelle usine d'embouteillage des eaux minérales d'Alet-les-Bains, en faveur de laquelle il avait pesé de tout son poids, car cette nouvelle usine est indispensable pour le développement économique de la commune et du canton (qui n'est toujours pas résolu à ce jour) .
Il a eu aussi à gérer la Fusillade de Carcassonne survenue le 29 juin 2008, faisant 17 blessés (dont plusieurs graves) . Le drame s'est déroulé au cours de Journées portes ouvertes du 3e RPIMa. Un Groupe de commandos parachutistes simulait une libération d'otages. La démonstration avait déjà eu lieu cinq fois au cours de la journée, quand des rafales du fusil d'assaut FAMAS d'un sergent ont atteint la foule. Des balles réelles ont été utilisées : « La question qui se pose, c'est: est-ce que le militaire a eu un geste criminel ou pas. Evidemment, pour l'instant, personne ne peut y répondre (...) mais la thèse qui prédomine, c'est qu'il y a eu une erreur », déclare Bernard Lemaire. Si un préfet est en première ligne, le jour même, face aux médias, la suite de l'enquête lui échappe, touchant le domaine militaire. Le dernier dossier important qu'il a eu à traiter, a été celui de la Tempête Klaus qui s'est abattue sur tout le sud de la France, et qui a fait beaucoup de dégâts dans le département de l'Aude.
Le mardi 10 février 2009, il est victime d'une chute après avoir glissé sur une plaque de glace dans la station de ski de Megève, où il passait quelques jours de vacances en famille. Hospitalisé à l'hôpital d'Annecy, puis transféré le 16 février 2009 au CHU de Toulouse-Rangueil, où il est admis en urgence après un coma ; il souffre d'un grave œdème cérébral, opéré à deux reprises. Il meurt dans la nuit du 6 au 7 mars 2009 d'une hémorragie intra crânienne.
Le 25 mars 2009, Anne-Marie Charvet est nommée préfet de l'Aude.
Il est le troisième préfet de l'Aude en exercice à décéder pendant ses fonctions, après Guillaume-Ferdinand Teissier en 1834 et Pierre Charles North en 1988.
1969-1975 : Inspecteur du trésor.
1976-1978 : Élève de l'ENA. (Promotion "Pierre Mendès-France").
1978-1978 : Administrateur civil de 2e classe, affecté au ministère de l'intérieur.
1978-1979 : Sous-préfet de 2e classe, directeur du cabinet du préfet de l'Aisne.
1979-1981 : Sous-préfet d'Ancenis (Loire-Atlantique).
1981-1984 : Secrétaire général de la Creuse.