Ce Jour-là

Bernard Le Bouyer de Fontenelle

Écrivain et philosophe français

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Bernard Le Bouyer de Fontenelle ou Bernard Le Bovier de Fontenelle, né le 11 février 1657 à Rouen et mort le 9 janvier 1757 à Paris, est un écrivain, dramaturge et scientifique français.

Second des quatre fils de l’avocat au Parlement, François Le Bouyer de Fontenelle (1611-1693), écuyer, et de Marthe Corneille (1623-1696), sœur de Thomas et Pierre Corneille, Fontenelle a fait des études chez les jésuites de Rouen, qui ont cherché à recruter ce brillant élève noté comme « jeune homme accompli et le premier parmi ses condisciples ».

Après avoir étudié la philosophie, puis la physique, il a fait des études de droit. Entré au barreau, il a plaidé une seule cause et, après l’avoir perdue, est monté, à 17 ans, à Paris, auprès de son oncle maternel Thomas Corneille, qui rédigeait alors avec Donneau de Visé le Mercure galant, débuter dans la littérature.

Après des pièces de vers insérées dans le Mercure, il tâte du théâtre avec la tragédie d’Aspar (1680), qui fut un échec, et dont le nom ne subsiste que par l'épigramme de Racine, sur l’origine des sifflets :

D’autres tentatives au théâtre n’ont guère été plus heureuses.

Les tragédies de Bellérophon et de Brutus, la tragédie en prose d’Idalie, la pastorale héroïque d'Endymion, ont été oubliées presque dès le début.

Les opéras de Psyché, de Lavinie, de Thétis et Pélée ont eu plus de succès, sans pour autant servir à la réputation de l’auteur qui a abandonné, avec un peu de dépit, le théâtre pour le journalisme.

Passant à d’autres genres, il les a tous tentés depuis la tragédie jusqu’à l'églogue, depuis l’opéra jusqu’à la dissertation scientifique. Il a publié le Dialogue des morts (1683), des Poésies pastorales (1688), et trouvé sa voie dans la littérature scientifique, abordée par des Entretiens sur la pluralité des mondes (1686), œuvre de vulgarisation scientifique, rédigée à Rouen, qui a connu un vif succès et dont Flourens a fait l'éloge en disant

« que Fontenelle a le double mérite d’éclaircir ce qu’il peut y avoir d’obscur dans les travaux de ceux qu’il loue, et de généraliser ce qu’ils ont de technique; et celui de louer toujours chacun d’eux par ce qu’il nous a laissé de plus important et de plus durable. Il loue par des faits qui caractérisent. »

Homme d’esprit, il connaît suffisamment les sciences pour en parler agréablement et exactement, mais il n’entre pas assez profondément dans son sujet au point de devenir abstrait et obscur.

Nommé membre de l’Académie française en 1691, après avoir essuyé quatre refus, il a, après sa réception, ce mot :

« Il n’y a plus que trente-neuf personnes dans le monde qui aient plus d’esprit que moi. »

Secrétaire perpétuel de l’Académie royale des sciences de 1697 à 1740, il fait aussi partie de l’Académie des inscriptions et belles-lettres et de l'Académie de Stanislas. Se trouvant par là mêlé à toutes les questions du jour, il porte de tous côtés un parti pris de tranquillité, d’égalité d’humeur, qui lui donne le repos et lui épargne les discussions violentes. En sa qualité de secrétaire perpétuel de l’Académie royale des sciences, il rédige chaque année de son mandat la partie « Histoire » de Histoire et Mémoires de l'Académie Royale des Sciences, recueil des travaux les plus marquants de l'Académie au cours de l'année écoulée.

La partie Histoire se veut être une forme de « vulgarisation » des travaux scientifiques complexes de l'époque, à destination du grand public cultivé curieux de sciences. La tâche de Fontenelle est donc ardue puisqu'il doit comprendre tous les travaux de l'Académie royale, sur des sujets allant de la botanique à la physique, pour en donner une version digérée et simple, compréhensible du plus grand nombre. Cette œuvre représente un volume de près de 5 000 pages, écrite durant son mandat de secrétaire perpétuel.

À cela, il faut ajouter une histoire de l'Académie entre 1666 et 1699, écrite postérieurement. Les Éloges des Académiciens, qui sont regardés comme le modèle du genre, sont en fait une version à peine remaniée des éloges publiés chaque année dans la partie Histoire des Histoire et Mémoires de l'Académie Royale des Sciences. Un premier ouvrage d'éloges est publié en 1708, et une seconde édition en est donnée en 1719, complétée des éloges des savants morts entre-temps. Si les qualités littéraires des éloges sont réelles, ils sont aussi une stratégie pour insuffler dans l'imagerie publique une certaine idée de la science et du savant.

Jean-Baptiste Rousseau ne reconnaîtra jamais les qualités de l'auteur, écrivant dans une épigramme :

Par ses éloges académiques, Fontenelle a ouvert la voie à des personnes comme D'Alembert, le fils illégitime de sa fidèle amie Claudine Guérin de Tencin, Condorcet, Georges Cuvier ou encore François Arago.

La querelle des Anciens et des Modernes

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