Ce Jour-là

Bernard Kouchner

Médecin et homme politique français

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Bernard Kouchner (prononcé [kuʃ.nɛʁ]), né le 1er novembre 1939 à Avignon (Vaucluse), est un médecin et homme politique français. Cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du monde, il a été ministre de différents gouvernements.

Médecin de formation, Bernard Kouchner a connu une vie militante, qui l'a conduit à adhérer à l'Union des étudiants communistes, au début des années 1960, au Parti socialiste, au PRG, puis à nouveau au Parti socialiste.

Militant de l'action humanitaire, fondée sur le droit international humanitaire, il a tenté de faire admettre au sein de l'ONU l'idée d'un « droit d'ingérence humanitaire », qu'a essayé de théoriser avec lui, à la fin des années 1980, le professeur de droit Mario Bettati notamment, mais sans succès en droit international public positif, ni à l'ONU, qui lui a préféré la notion de « responsabilité de protéger » reconnue par nombre de résolutions de l'Assemblée générale, du Conseil de sécurité et du Conseil des droits de l'homme.

Il est plusieurs fois secrétaire d'État et ministre (Action humanitaire, Santé) au sein des gouvernements socialistes de Pierre Bérégovoy et Lionel Jospin. De 1999 à 2001, il exerce les fonctions de Haut représentant du secrétariat général de l'ONU au Kosovo.

Du 18 mai 2007 au 13 novembre 2010, Bernard Kouchner est ministre des Affaires étrangères et européennes des gouvernements Fillon I et Fillon II au titre de l'« ouverture » pratiquée par le président UMP Nicolas Sarkozy, ce qui lui vaut d'être exclu du Parti socialiste.

En juin 2011, il fonde une société de conseil pour les grandes entreprises et les gouvernements étrangers, activités qui lui valent beaucoup de critiques.

Bernard Jean Kouchner naît le 1er novembre 1939 à Avignon. Il est le fils de Georges Kouchner (1er mars 1911, Paris – 10 juillet 1999, Fontenay-sous-Bois), médecin français, fils d’immigrés juifs lettons, et de Léone Mauric (24 avril 1911, Boulogne-Billancourt – 2009, Massognes), infirmière bénévole de la Croix-Rouge, issue d'une famille protestante.

Du côté paternel, George Kouchner est le fils de Samuel Kushner (3 mai 1870, Dwinsk – juillet 1944, Auschwitz) et de Rachel Tzinmann (15 janvier 1873, Dwinsk – juillet 1944, Auschwitz). Samuel avait quitté la Lettonie pour la France en 1908 et avait fait venir son épouse Rachel l'année suivante. Ils sont naturalisés français en 1925. Pendant la Seconde Guerre mondiale Samuel et Rachel, devenus septuagénaires, sont arrêtés en 1944 et déportés au camp de concentration d'Auschwitz. Ils font partie du convoi no 76 parti de la gare de Bobigny, le 30 juin 1944.

Du côté maternel, Léone Mauric est la fille de Léon Mauric (27 septembre 1862, Orange – vers 1920) et d’Augustine Marie Testanière (1883-1955).

Après avoir été pensionnaire chez les jésuites au collège Saint-François-de-Sales d'Évreux, Bernard devient jeune militant actif au lycée Voltaire à Paris, comme son frère Gérard. Il n'hésite ainsi pas à prendre le car vers Le Havre pour aller soutenir des grèves de dockers. Il suit des études de médecine dans les années 1960 tout en menant des activités militantes intenses à la rédaction de Clarté, le journal de l'Union des étudiants communistes. Bernard Kouchner a hérité de son père Georges un athéisme radical. Exceptionnellement, il se plie au rituel du judaïsme comme lorsqu'il récite la prière du Kaddish sur la tombe de son amie Ania Francos en 1988. Sans renier son identité juive, il peut être agacé par les « imbéciles qui lui demandent s'il se sent juif » : « Moi, Monsieur, je suis juif quand je veux », lance-t-il en guise de boutade à Michel-Antoine Burnier en 1991. Face à l'abbé Pierre qu'il a beaucoup fréquenté dans les années 1990, il développe l'idée qu'il se fait des Juifs :

« Je pense que les Juifs ont un devoir supplémentaire, un devoir de plus que les autres hommes. Je pense que les Juifs sont chargés d'être justes. Je pense que les Juifs, parce qu'ils ont eu connaissance de ce qui est arrivé aux leurs, ne peuvent pas profiter de la vie comme les autres. »

Militant à l'UEC, à Clarté, au comité Vietnam (1958-1968)

Bernard Kouchner qui a fréquenté les Jeunesses communistes dès l'âge de 14 ans rejoint l'UEC au moment de la guerre d'Algérie, par antifascisme. En 1961, à l'époque où l'OAS fait la une des journaux, il participe au Front universitaire antifasciste, fondé en 1961, qui réunit des militants de la gauche de l’UEC mais comprend aussi en son sein un certain nombre d’étudiants du PSU et de la Jeunesse étudiante chrétienne. Avec d'autres militants, il assure la protection de l'appartement de Simone de Beauvoir. Il participe également au groupe UEC. Mais, recruté par Jean Schalit, c'est surtout au sein de l'équipe de rédaction du journal Clarté que s'exprime le militantisme de Kouchner au sein de l'UEC. Il y rencontre Michel-Antoine Burnier dont il resta proche tout au long de sa carrière. Le travail pour Clarté l'amène à fréquenter un certain nombre d'intellectuels de renom : Jacques Monod, Louis Aragon, Claude Roy. En 1963, il publie dans Clarté une « Lettre à un moderne Rastignac » où il conseille à ceux qui veulent réussir de décrier la société :

« Je suis communiste et Rastignac. Paradoxe ? Détrompez-vous ; le mélange n'est pas détonnant. Il est même étonnamment efficace. Vous riez ? Je vous attends… »

À cette époque, les étudiants communistes de l'UEC sont en conflit ouvert avec la direction du PCF et se sentent plus proches des positions du Parti communiste italien qui s'est engouffré dans la critique de Staline amorcée par Khrouchtchev au moment où le Parti communiste français dirigé par Maurice Thorez reste beaucoup plus timoré sur ce point. Kouchner fait partie des « Italiens ». La reprise en main définitive de l'UEC et l'éviction des « Italiens » de la direction ne sera chose faite qu'en 1965. Entre-temps, Jean Schalit met sur pied Clarté-voyage et organise un voyage à Cuba dont font partie une bonne partie des dirigeants de l'UEC. C'est l'occasion pour Kouchner d'interviewer Fidel Castro. Pour évoquer cette époque, il raconte:

« J'ai également très chaleureusement discuté avec le docteur Ernesto "Che" Guevara, alors ministre de l'économie, qui toussait en fumant de gros cigares. »

Kouchner qui n'a jamais adhéré au PCF mais seulement à l'UEC, quitte la mouvance communiste en 1965, lorsque les « Italiens » sont écartés. Toujours aux côtés de Jean Schalit et Michel-Antoine Burnier, il siège à la direction du Comité Vietnam national qui pourfend l'impérialisme américain qui s'englue dans la guerre du Viêt Nam. Il poursuit également des activités journalistiques en participant toujours avec Burnier à la création du journal L’Événement d'Emmanuel d'Astier de La Vigerie.

Pendant les événements de Mai 68, Kouchner participe à la rédaction d'un « Livre blanc » de la faculté de médecine.

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