Ce Jour-là

Bernard Gauthier (cyclisme)

Coureur cycliste français

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Bernard Gauthier, né le 22 septembre 1924 à Beaumont-Monteux (Drôme) et mort le 23 novembre 2018 à La Tronche, est un coureur cycliste français, qui fut professionnel de 1947 à 1961 chez Mercier, surnommé « Monsieur Bordeaux-Paris », du nom de la course dont il est le doyen des vainqueurs, avant sa mort. Seul Français à être monté deux fois sur le podium du Tour des Flandres, il a également remporté une étape du Tour de France 1948 et porté le maillot jaune pendant sept jours en 1950.

Antonin Magne, dit le « père Tonin », a été son seul directeur sportif.

Bernard Gauthier s'est reconverti comme fleuriste à Grenoble (voir Miroir du cyclisme de juin 1975).

Il est enterré à Rencurel dans le Vercors.

Bernard Gauthier naît le 22 septembre 1924 à Beaumont-Monteux, dans le département de la Drôme. Son père Henri, un ouvrier du bâtiment originaire de Chalon-sur-Saône, travaille alors à la construction d'un barrage dans la région. Bernard a un frère aîné, Roger, à qui sa mère Elise Favot, originaire du Vercors a donné naissance dix-huit mois plus tôt. La famille s'installe peu après à Grenoble où son père entre aux établissements Neyret-Beliet comme ajusteur. Plutôt décrit comme un mauvais élève, Bernard Gauthier quitte l'école à treize ans et commence son apprentissage dans la même entreprise, travaillant ainsi aux côtés de son père et de son frère. Il est embauché définitivement au terme de cet apprentissage.

Dans le même temps, il pratique le basket-ball au club de Saint-Martin-d'Hères, puis à l'ASPTT Grenoble. Passionné de sport, il s'essaye également au football puis au rugby, évoluant au poste de trois-quart aile. Il occupe une partie de son temps libre à la cueillette des champignons sur les hauteurs de Chamrousse qu'il vend au marché grâce à une voisine de quartier. Ces économies lui permettent d'acheter un vélo de course et au début de l'année 1941, il signe sa première licence cycliste à la Société sportive grenobloise. Ses premiers résultats sont jugés encourageants et remarqués par les suiveurs régionaux : il se classe notamment 5e du Premier Pas Dunlop, puis 3e du Grand Prix Cepeda à Brié et du Prix Emile Morel. Bernard Gauthier court également sur piste et représente notamment l'Isère au championnat de France amateur de zone non occupée de poursuite par équipes. Il remporte une américaine à Tournon-sur-Rhône, associé à René Zanta, et se classe 2e du Prix Léon Daniel à Montluçon. L'année suivante, il remporte l'épreuve d'ouverture de son club.

Arrestation par les Allemands puis retour à la compétition

Le 11 novembre 1943, Bernard Gauthier participe avec ses amis Émile Baffert et Adrien Coureno à la manifestation patriotique contre l'Occupation allemande qui se tient à Grenoble. Il fixe même un drapeau tricolore sur le monument des Diables bleus. L'armée allemande intervient et Bernard Gauthier et ses amis figurent parmi les 600 jeunes arrêtés ce jour. Retenus pendant deux jours dans une caserne grenobloise, ils sont ensuite transférés au camp de Royallieu, près de Compiègne, où ils sont internés pendant près de trois mois. Le 17 janvier 1944, ils font partie d'un convoi de prisonniers qui doit être envoyé en Allemagne, mais ils parviennent à s'enfuir en sautant du train en pleine nuit dans les environs de Longuyon. Dans la confusion, les trois hommes sont séparés. Ce n'est qu'en rentrant à Grenoble, après s'être caché pendant deux jours chez un prêtre, que Bernard Gauthier retrouve Émile Baffert et Adrien Coureno. Il reprend alors son poste d'ajusteur chez Neyret-Beliet puis recommence à courir sans prendre la peine de changer d'identité. Il n'est cependant plus inquiété par les autorités allemandes jusqu'à la fin de la guerre.

Dès le début de l'année 1944, Bernard Gauthier obtient des résultats probants. Champion de l'Isère des sociétés sur route puis sur piste, il se classe 2e du Prix des cafés Vigord à Villefranche-sur-Saône derrière l'un des coureurs les plus en vue de la région, Antonin Rolland, avant de prendre sa revanche sur ce dernier en remportant le Grand Prix de Fleurie. En 1945, il se fait à nouveau remarquer en remportant des épreuves sur piste, comme le Prix André Chenouard, à Valence, puis lors du Grand Prix des Alpes, une épreuve sur route disputée sur 245 kilomètres. Il ne se classe que 12e de la course, dominée par Édouard Fachleitner, mais la presse salue son courage et sa ténacité pour avoir terminé seul l'épreuve après avoir cassé son guidon. Il se classe en suite 4e de Lyon-Saint-Étienne-Lyon. Les résultats qu'il obtient sur piste avec Émile Baffert sont si convaincants qu'ils sont envoyés à Paris à la fin de l'année 1945 par le président de la section cycliste du Football Club de Grenoble pour affronter les meilleurs amateurs parisiens au Vélodrome d'Hiver. Ils y assurent une excellente tenue et les deux hommes sont sollicités par le Vélo Club de Levallois, considéré comme le meilleur club de France.

Ils rentrent cependant à Grenoble au début de l'année 1946 et Bernard Gauthier décide de quitter son emploi d'ajusteur pour se consacrer entièrement au cyclisme en signant une licence d'aspirant professionnel. Il court alors pour la marque lyonnaise Follis et se classe 5e d'Annemasse-Bellegarde-Annemasse, puis 2e du Grand Prix de la Pédale annécienne et du Grand Prix du Dauphiné Libéré, battu à chaque fois par Georges Martin. La presse loue le talent de Bernard Gauthier mais souligne qu'il manque encore d'intelligence de course pour dominer ses adversaires. Il remporte le titre de champion régional puis se distingue sur Dijon-Lyon, une épreuve réputée lors de laquelle il s'échappe en tête de course, avant qu'une crevaison le prive de ses chances de victoires. Il se classe également 2e du Circuit du Jura, ne laissant la victoire à Adolphe Deledda qu'après une lourde chute.

Bernard Gauthier est sélectionné au dernier moment pour intégrer l'équipe Centre-Sud-Ouest sur Monaco-Paris, une épreuve par étapes courue en remplacement du Tour de France dont l'organisation n'a pu être mise sur pied. Il y prend la 13e place du classement général, puis se classe 7e de la Boucle des Alpes en deux étapes. Il conclut victorieusement sa saison en remportant la Coupe des Alpes et du Sud-est à Voiron, puis le Circuit de Tarentaise et enfin l'épreuve individuelle sur piste du Grand Prix de Grenoble au début du mois d'octobre.

Débuts prometteurs et première participation au Tour de France (1947)

Désormais entièrement rémunéré par la firme Follis pour la saison 1947, Bernard Gauthier quitte Grenoble et signe une licence au Vélo-Club des Brotteaux, à Lyon, que fréquentent la plupart de ses coéquipiers. Son directeur sportif Roger Brissaud décide de l'inscrire sur les principales épreuves du printemps : il prend ainsi part au Critérium national puis à Paris-Roubaix, qu'il abandonne à Wattignies en compagnie d'un autre jeune coureur professionnel, Louison Bobet. Dans les semaines qui suivent, il remporte en solitaire la classique Annemasse-Bellegarde-Annemasse, puis s'impose sur le Grand Prix de Beaujeu devant Antonin Rolland. Bernard Gauthier se classe 6e du Circuit des six provinces, une épreuve réservée aux espoirs, après avoir joué le rôle d'équipier auprès de Georges Martin, deuxième de la course. Il prend ensuite la 2e place du Circuit de Savoie puis la 6e du Circuit du Ventoux, manquant d'une place lors de cette dernière épreuve sa qualification pour le championnat de France.

Bernard Gauthier est néanmoins sélectionné pour le Tour de France 1947 au sein de l'équipe du Sud-Est, dirigée par Pierre Gallien. Il manque de réussite lors des cinq premières étapes, accumulant les crevaisons et les chutes, mais se distingue dans la sixième étape vers Lyon en étant à l'origine de l'échappée victorieuse. Un problème mécanique dans les dix derniers kilomètres le contraint à s'arrêter pour réparer son vélo : il finit l'étape à la 4e place, à moins d'une minute de ses anciens compagnons d'échappée. Il subit deux lourdes chutes et se blesse au coude et à la hanche le lendemain vers Grenoble, où il accuse un retard de vingt-deux minutes sur Jean Robic, puis il perd 1 h 10 dans la huitième étape vers Briançon. Il pointe alors au 38e rang du classement général, bien loin du maillot jaune italien Aldo Ronconi. Bernard Gauthier perd de nouveau deux places après l'étape de Digne, qu'il termine à cinquante minutes de René Vietto, puis une autre vers Nice le lendemain, au terme d'une étape au cours de laquelle il perd conscience pendant quelques instants après une chute au ravitaillement. Relégué à plus de trois heures de René Vietto au classement général mais soutenu par ses coéquipiers, il décide de continuer. Septième à l'arrivée de la douzième étape à Montpellier, il franchit les Pyrénées sans encombre et reprend peu à peu du temps, se classant notamment 5e aux Sables-d'Olonne et surtout 2e de la dernière étape à Paris. Bernard Gauthier termine finalement son premier Tour de France à la 22e place du classement général.

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