Bernadette Chirac, née Chodron de Courcel le 18 mai 1933 dans le 16e arrondissement de Paris et morte le 5 juin 2026 à Rueil-Malmaison (Hauts-de-Seine), est une femme politique française. Elle est l'épouse de Jacques Chirac, président de la République française du 17 mai 1995 au 16 mai 2007.
En tant que conseillère générale de la Corrèze et adjointe au maire de Sarran, elle est l'une des rares épouses de président de la République française à avoir exercé un mandat électif.
De 1994 à 2019, elle est présidente de la Fondation Hôpitaux de Paris-Hôpitaux de France, qui organise chaque année l'opération Pièces jaunes. De 2007 à 2019, elle est également présidente de la Fondation Claude-Pompidou.
Née le 18 mai 1933 à 09 h 00 dans le 16e arrondissement de Paris, Bernadette Thérèse Marie Chodron de Courcel est la fille de Jean-Louis Chodron de Courcel (4 août 1907-12 avril 1985), directeur commercial des manufactures « Jean-Félix Bapterosses et Cie », et de Marguerite de Brondeau d'Urtières (20 août 1910-20 octobre 2000). Elle est la sœur aînée de Catherine (1946) et Jérôme (1948).
La famille Chodron, devenue Chodron de Courcel, est une famille bourgeoise originaire des Trois-Évêchés. Elle a donné des militaires, des orfèvres, des notaires, des diplomates (Geoffroy Chodron de Courcel) et des industriels. Deux branches de la famille, par suite d'alliances, font partie des héritiers des manufactures de Gien et de Briare, dans le Loiret, fabriquant, respectivement, les faïences de Gien et les émaux de Briare.
En 1852, un décret de Napoléon III permet à Louis-Jules Chodron (1804-1870), secrétaire de légation, et à ses enfants d'adjoindre à leur nom celui de « Courcel », devenu plus tard « de Courcel » (par un décret de 1866). Louis-Jules avait épousé Henriette Boulay de la Meurthe (1809-1884), fille d'Antoine Boulay de la Meurthe. Ils furent les parents d'Alphonse Chodron de Courcel (1835-1919), diplomate, créé baron héréditaire, par lettres patentes du 6 mars 1867 de l'empereur Napoléon III, et de Georges (1840-1904), lieutenant de vaisseau, arrière-grand-père de Bernadette Chirac.
Bernadette Chodron de Courcel est donc apparentée par son père à l'industriel Xavier Chodron de Courcel (son oncle, président-directeur général des Manufactures de Jean-Félix Bapterosses), à Geoffroy Chodron de Courcel (petit-fils du baron Alphonse Chodron de Courcel) et aide de camp du général de Gaulle, ainsi qu'à son cousin Georges Chodron de Courcel (directeur général délégué de BNP Paribas). Sa tante Geneviève Chodron de Courcel épousa, quant à elle, Bernard de Lasteyrie, fils de l'ancien ministre des Finances de Raymond Poincaré, Charles de Lasteyrie.
Il s'agit d'une famille catholique pratiquante : un de ses oncles, Vincent Chodron de Courcel, est prêtre ; sa tante Anne-Marie Chodron de Courcel, chanoinesse régulière de Saint-Augustin.
Par sa mère, Bernadette Chirac est l'une des nombreuses descendantes de Samuel Bernard, armateur négrier et banquier du roi Louis XIV.
Bernadette Chodron de Courcel reçoit une éducation stricte et sévère de sa mère. Son père, militaire de carrière, est un homme extrêmement cultivé, passionné d'histoire et de géographie, diplômé de l'université de Cambridge. Mobilisé en 1939, il est fait prisonnier en Allemagne durant la Seconde Guerre mondiale, jusqu'en 1944. Après la débâcle de juin 1940, sa mère et elle fuient Paris pour se réfugier auprès de sa grand-mère, Odette de Brondeau d'Urtières, au château de Coudène, en Lot-et-Garonne. Elle est alors inscrite à l'école privée Sainte-Marthe d'Agen. De 1942 à 1945, après l'occupation de la zone libre, elles se réfugient auprès d'une tante, sœur aînée et marraine de sa mère, dans le château de Marcault, propriété à Poilly-lez-Gien, à trois kilomètres de Gien, dans le Loiret.
Bernadette Chodron de Courcel est inscrite en demi-pensionnat dans l'établissement catholique pour filles Sainte-Marie-des-Fleurs-et-des-Fruits de Gien (aujourd'hui lycée Saint-François-de-Sales). Les vacances d’été se déroulent à Arthel, dans la Nièvre chez ses grands-parents maternels, où ont lieu aussi de grandes réunions de famille.
Son père revenu en 1945, la famille s'installe dans le 6e arrondissement de Paris, rue de l'Abbé-Grégoire. Après avoir été élève chez les sœurs dominicaines au Cours Maupré (aujourd'hui lycée Paul-Claudel-d'Hulst), elle finit sa scolarité jusqu'au baccalauréat à l'École normale catholique, dans le 15e arrondissement, où elle a notamment pour condisciple la future comédienne Sylvie Joly.
En 1950, elle est reçue à l'examen d'entrée de l'Institut d'études politiques de Paris (« Sciences Po »), qu'elle intègre en octobre 1951 et où elle rencontre son futur époux Jacques Chirac, auquel elle prête une aide constante. Michel Feltin-Palas, journaliste à L'Express et chroniqueur sur France Info, indique qu’elle « lui rédige des fiches de lecture, prend des notes quand il est absent, les lui dépose à son domicile ». Elle interrompt néanmoins ses études sans en être diplômée. Les fiançailles ont lieu en octobre 1953, Bernadette Chodron de Courcel ayant réussi à imposer Jacques Chirac à sa famille réticente qui voit en lui un homme sans fortune, sans foi religieuse et d'un orgueil excessif. Plus tard, une fois la carrière ministérielle de son mari lancée, elle entame contre la volonté de ce dernier, à partir de 1972, une licence puis une maîtrise en archéologie à l'université Paris-I-Panthéon-Sorbonne, et travaille sur certains chantiers de fouilles à Vaison-la-Romaine.
Bernadette Chodron de Courcel et Jacques Chirac se rencontrent en 1951, tous deux étudiants en première année à l'IEP de Paris et dans la même conférence de méthode.
Le mariage a lieu le 16 mars 1956. Bernadette Chirac déclare en 2015 que « ce n'était pas qu'un mariage d'amour mais un mariage d'ambition ».
Ensemble, ils ont deux filles : Laurence, née le 4 mars 1958 et morte le 14 avril 2016 ; Claude, née le 6 décembre 1962, deviendra la conseillère en communication de son père.
Bernadette et Jacques Chirac ont un seul petit-fils, Martin Chirac, fils unique de Claude et du judoka Thierry Rey, et né le 22 mars 1996.
Laurence, à partir de ses quinze ans, est frappée d'anorexie mentale, une grave méningite ayant détruit l'hypophyse. Lors de l'inauguration de la Maison de Solenn, en décembre 2004, Bernadette Chirac s'exprime sur ce sujet : ce qui l'a poussée à s'investir pour améliorer les conditions d'hospitalisation et d'accompagnement des enfants et adolescents, c'est que Laurence, âgée alors de plus de cinquante ans, n'est toujours pas guérie et a plusieurs fois tenté de se suicider ; elle s'est notamment blessée gravement en 1990 en se jetant du quatrième étage d'un immeuble parisien, rue du Père-Corentin, alors que ses parents étaient en vacances en Thaïlande. Elle meurt en 2016.