Ce Jour-là

Benoît XIII (antipape)

Né Pedro de Luna ou Pierre de Lune, antipape d'Avignon de 1394 à 1423

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Pedro Martínez de Luna, ou Pierre de Lune (Illueca, royaume d'Aragon, 1329 - Peníscola, royaume de Valence, 27 novembre 1422), est un cardinal aragonais qui devient pape d'Avignon sous le nom de Benoît XIII. Bien que l'Église catholique ne se soit jamais prononcée sur le fait qu'il fut antipape, tout comme Clément VII, son prédécesseur, les papes suivants reprendront néanmoins les noms de Clément VII et Benoît XIII comme s'ils n'étaient pas légitimes.

Cardinal au début du grand schisme d’Occident

Pedro de Luna est issu d’une famille noble d’Aragon. Il s’adonne d’abord à la jurisprudence civile et canonique, quitte cette étude pour porter les armes, la reprend ensuite, enseigne le droit canonique comme professeur à l’université de Montpellier. Il écrit de nombreux ouvrages de droit, et même des manuels de théologie et d’ascèse.

Il est nommé cardinal en 1375. Familier de Grégoire XI, il est prévôt de Valence (Espagne) et cardinal diacre de Sainte-Marie in Cosmedin.

En 1377, il revient à la Rome du pape Grégoire XI et, au conclave de 1378 qui marque le début du grand schisme d'Occident, il prend parti pour Clément VII.

À la mort de Clément VII (en 1394) qui siège à Avignon, les cardinaux avignonnais l’élisent pape le 28 septembre 1394 (il est ordonné prêtre et consacré évêque) ; il prend le nom de Benoît XIII.

Dans le camp de Benoît XIII se rangent la France, la Castille, l'Aragon, le Portugal, l'Écosse, la Bretagne, la Savoie et le royaume de Chypre.

Cette année-là, Philippe le Hardi, régent du royaume de France depuis la folie du roi Charles VI, demande à l'université de Paris de lui présenter une recommandation sur les moyens de mettre fin au Schisme. En effet, avec une politique fiscale agressive qui prive le clergé d'une grande part des bénéfices issus de ses charges, Benoît XIII s'est mis à dos nombre de religieux. Philippe le Hardi qui suit une politique conciliante vis-à-vis de la papauté de Rome pour ménager les Flamands, a tout intérêt à mettre fin au Schisme. Après plusieurs mois de délibérations, l'Université présente trois solutions : la voie de compromis (laisser aux pontifes le soin de mettre fin eux-mêmes au schisme), la voie de cession (il faut les démettre simultanément et en élire un autre) ou la réunion d'un concile qui aurait pour but de trancher le problème.

En février 1395, le Conseil du roi appuie le principe d'une démarche pour la voie de cession (Louis d'Orléans[Lequel ?], partisan de la voie de fait qui sert ses intérêts italiens, a été évincé par Philippe le Hardi). Cependant, ni Benoît XIII, ni Boniface IX, n'acceptent de se démettre. On décide alors de les y obliger en ayant recours à une soustraction d'obédience. Entre l'Université de Paris et le Saint-Siège, les positions se raidissent. Dès lors, les Parisiens font valoir leurs vieux projets de réforme de l'Église et voient en Philippe le Hardi leur champion.

En 1398, un Conseil national des évêques tenu à Paris vote une ordonnance retirant au pape les bénéfices et les taxes ecclésiastiques au profit du roi de France. Autrement dit, l'Église de France se gouvernera elle-même et c'est le roi qui légifèrera en matière religieuse. Seule l'autorité spirituelle est reconnue au pape d'Avignon. La France est bientôt imitée par la Sicile, la Castille et la Navarre.

Fuite de Benoît XIII d'Avignon

Après la soustraction d'obédience du 28 juillet 1398, le pontife avignonnais s'enferme alors dans son palais où vient l'assiéger Geoffroy le Meingre, dit Boucicaut, en septembre.

La cuisine du Grand Tinel[Quoi ?] fut, lors de ce premier siège, le théâtre d'une intrusion de la part des hommes de Boucicaut et de Raymond de Turenne, le neveu de Grégoire XI. Martin d'Alpartil, un chroniqueur aragonais (d'Alpartilr) contemporain, narre leur coup de force : Ayant réussi à pénétrer sous l'enceinte du palais en remontant la Durançole et les égouts des cuisines, ils empruntèrent un escalier à vis qui les mena dans la cuisine haute. Alertées, les troupes fidèles à Benoît XIII les repoussèrent en leur jetant des pierres détachées de la hotte et des fascines enflammées.

Ce récit est corroboré par le facteur avignonnais de Francesco di Marco Datini, le grand marchand de Prato auquel il écrivit :

« Hier, 25 octobre, nous étions ce soir-là à table, lorsqu'il vint un chevalier espagnol qui s'arma dans la boutique : nous eûmes bien de lui 200 florins. »

Questionné, l'acquéreur indiqua que lui et les siens allaient pénétrer dans le palais par les égouts.

« Bref à minuit, 50 à 60 des meilleurs qui se trouvaient là, entrèrent dans ce palais. Mais, lorsque tous ces gens furent dedans, une échelle, dit-on, se renversa et la chose fut découverte sans qu'ils pussent retourner en arrière. Le résultat fut que tous les nôtres furent faits prisonniers, la plupart blessés et que l'un d'eux fut tué. »

Le facteur attribue l'échec de ce coup de main à la fébrilité et à la précipitation de ses auteurs :

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