Benoît-Marie Langénieux, né le 15 octobre 1824 à Villefranche-sur-Saône et mort le 1er janvier 1905 à Reims, est un ecclésiastique français, archevêque de Reims et cardinal. Le cardinal Langénieux jouit de l'amitié de Léon XIII, qui le consulte sur toutes les questions concernant l'Église de France.
Ordonné prêtre le 21 décembre 1850 pour le diocèse de Paris, il est nommé évêque de Tarbes le 19 juin 1873, et consacré le 28 octobre 1873. Le 11 novembre 1874, il est nommé archevêque de Reims. Il est élevé au cardinalat par Léon XIII lors du consistoire du 7 juin 1886 avec le titre de cardinal-prêtre de Saint Jean de la Porte Latine. Il meurt le 1er janvier 1905.
Benoît Langénieux naît, à Villefranche-sur-Saône, le 15 octobre 1824 de Claude Langénieux et de Aimée Charles. Il a huit ans seulement quand sa famille vient se fixer à Paris. Son père meurt peu de temps après, laissant la lourde charge de l'éducation de trois enfants en bas âge, à sa mère, « ma mère à laquelle je dois tout, » dit-il plus tard. Il fait sa première communion le 3 juillet 1836 .
En 1839, obéissant à un attrait de plus en plus puissant, il entre au petit séminaire de Saint-Nicolas-du-Chardonnet. Cet établissement va être placé sous la direction de l'abbé Dupanloup. À cette époque, les familles les plus distinguées, séduites par le prestige du jeune supérieur, n'hésitent pas à lui confier leurs enfants, en les soumettant à toutes les exigences du règlement d'une école ecclésiastique. Le duc de Noailles (Jules Charles Victurnien), le marquis de Dreux-Brézé (Henri-Scipion-Charles), le futur général de Galliffet et Ernest Renan sont alors les condisciples du futur cardinal ; comme aussi les cardinaux Lavigerie et Foulon, de La Tour-d'Auvergne, Hugonin, Soubiranne, de Gabriac, etc. Il est un séminariste exemplaire, et ses succès constants le désignent déjà pour les destinées les plus hautes.
Pour une cause inconnue, il doit accepter, en 1846 et 1847, un préceptorat à Saint-Servan en Bretagne. En octobre 1847, Benoit Langénieux entre au séminaire Saint-Sulpice à Paris. Il est ordonné diacre le 25 mai 1850.
Le 21 décembre 1850, l'abbé Langénieux reçoit l'ordination sacerdotale, des mains de Marie Dominique Auguste Sibour. Au lendemain de son ordination, il est nommé vicaire à Saint-Roch. Le vicaire de Saint-Roch fonde bientôt un patronage de jeunes filles et le confie aux Sœurs de Saint Vincent de Paul. Après neuf années de vicariat, l'abbé Langénieux se voit confier, par le choix du cardinal Morlot, les fonctions de promoteur diocésain.
En 1863, Darboy envoie l'abbé Langénieux diriger l'immense paroisse de Saint-Ambroise. Elle compte soixante-quinze mille habitants, dont les deux tiers sont des « indigents », et où tout est à créer. En trois ans, il fait bâtir de vastes écoles, qui ne lui coûteront pas moins de huit cent mille francs, et que, par un libéralisme digne d'être noté, il confie, les unes, à des congréganistes, et les autres à des laïques ; il jette les fondements de la belle église actuelle ; il crée la société des Petits Enfants de Marie ; l'œuvre du Pain dit vendredi ; celle de la Doctrine chrétienne ; il établit des fourneaux économiques, une crèche, une maison de retraite pour les vieillards, un patronage de jeunes filles, une bibliothèque paroissiale.
Au mois de janvier 1867, le pasteur qui a fait ses preuves à Saint-Ambroise est transféré à la cure de Saint-Augustin. Bien différent de celui qu'il quitte, ce quartier neuf de la capitale voit s'élever sur ses larges boulevards, autour de l'église, de style original, alors en construction, les luxueuses demeures d'une société aristocratique. Il accélère la marche des travaux de l'église, fait construire le vaste presbytère où le curé et vingt vicaires trouvent une habitation simple, mais commode et bien aménagée ; il édifie la Maison des Œuvres, destinée à abriter tout à la fois une crèche, un patronage, un asile de vieillards, une pharmacie, une bibliothèque populaire et un fourneau économique. Les résultats obtenus par l'action pastorale de l'abbé Langénieux dans ses deux paroisses ayant attiré sur lui, l'attention de l'empereur, Napoléon III désire entendre la parole qui savait captiver, chaque dimanche, un nombreux auditoire d'hommes au pied de la chaire de Saint-Augustin. Déférant au désir du souverain, Darboy charge M. Langénieux de la prédication du carême de 1870 dans la chapelle des Tuileries.
Pendant la guerre, le curé de Saint-Augustin transforme en ambulances son presbytère, ses écoles de frères et de sœurs, où se pressent bientôt jusqu'à trois cents blessés ; sa Maison des Œuvres devient un ouvroir et les paroissiens viennent y faire de la charpie ; il installe un lavoir sur la Seine pour procurer de l'ouvrage à des femmes. Un de ses anciens paroissiens de Saint-Ambroise lui procure un passeport lui permettant d'échapper aux communards lancés à sa recherche ; pendant plus d'un mois, il doit se tenir caché, dans une maison amie, pour éviter la prison et la mort.
Quand Guibert vient s'asseoir sur le siège de Darboy, il appelle le curé de Saint-Augustin à ses côtés, comme vicaire général, pour y tenir la place de Surat, archidiacre de Notre-Dame, exécuté avec son archevêque, victime du conflit entre communards et versaillais. Les talents d'administrateur que Langénieux avait déployés dans ses postes précédents vont se dépenser au profit du diocèse entier. Il inaugure le premier cercle catholique, fondé par le comte Albert de Mun. C'est lui qui prononce l'éloge funèbre de Deguerry, curé de l'Église de la Madeleine, otage de la Commune, dont il a failli partager le sort.
Tout désigne le vicaire général de Paris pour un siège épiscopal. Un décret du président de la République le nomme à celui de Tarbes, le 19 juin 1873, il est préconisé dans le consistoire du 25 juillet et sacré, le 28 octobre de la même année, à Notre-Dame de Paris. Il prend pour armes la Croix de Jérusalem, souvenir d'un pèlerinage fait en Terre-Sainte en 1853, et il inscrit au bas de son blason épiscopal la devise qui marquait, dès l'aurore de sa vie, le but unique de ses efforts : « Vivat in me Christus, Vive en moi Jésus-Christ. »
Langénieux vient à Tarbes mais à peine a-t-il le temps de parcourir son diocèse, d'obtenir pour l'église de Lourdes le titre de basilique et de jeter les plans d'une transformation du territoire de la grotte, reconnue indispensable pour permettre l'extension du pèlerinage appelé à un si prodigieux développement.
Reims vient de perdre Landriot, son archevêque. Le maréchal Mac Mahon, président de la république, qui se rappelle l'ancien curé de Saint-Augustin, désire pour lui cette succession. L’évêque de Tarbes est nommé en Champagne dans la vieille métropole de la Gaule-Belgique, nommé par décret du 13 novembre 1874, il est institué le 21 décembre et date de la Ville Éternelle la première lettre pastorale adressée à sa nouvelle famille diocésaine, le 2 février 1875; Il arrive à Reims le 22 février 1875.
Langénieux préside le congrès de l'Union des Œuvres, dirigé par son ami Louis-Gaston de Ségur.
En 1875, Langénieux assiste à l'inauguration de l'Institut catholique de Paris, auquel reste attaché le nom de Maurice d'Hulst, son ancien vicaire de Saint-Ambroise ; il institue l'Adoration perpétuelle dans le diocèse ; il installe, en grande solennité, les trappistes dans l'abbaye d'Igny déjà relevée de ses ruines.
En 1879, les synodes diocésains, interrompus par le concile, la guerre et la maladie de Landriot, sont repris, et l'archevêque, pour encourager le goût de l'étude chez ses jeunes prêtres, inaugure la coutume d'envoyer, chaque année, quelques-uns d'entre eux se préparer aux grades universitaires, à l'Institut catholique de Paris. Au début de cette même année, il établit l'usage des prônes à la messe capitulaire dominicale.
Le 25 mars 1879, l'archevêque de Reims adresse au chef de l'État une lettre où il lui exprime ses craintes au sujet des projets de loi sur l'enseignement ; l'année suivante, Langénieux écrit au ministre des cultes au sujet des décrets du 29 mars.