Benjamin Harrison (/ˈbɛnd͡ʒəmɪn ˈhæɹɪsən/), né le 20 août 1833 à North Bend (Ohio) et mort le 13 mars 1901 à Indianapolis (Indiana), est un homme d'État américain. Membre du Parti républicain, il est le 23e président des États-Unis, en fonction du 4 mars 1889 au 4 mars 1893.
Petit-fils du 9e président des États-Unis William Henry Harrison, il passe son enfance dans l'Ohio avant de s'installer à Indianapolis à l'âge de 21 ans. Durant la guerre de Sécession, il participe aux batailles d'Atlanta et de Nashville en tant que général de brigade dans l'armée du Cumberland. Il entre en politique après la guerre au sein du Parti républicain et tente de briguer sans succès le poste de gouverneur de l'Indiana avant de devenir sénateur fédéral en 1881.
Lors de l'élection présidentielle de 1888, Harrison perd le vote populaire face au président sortant Grover Cleveland mais remporte la majorité au sein du Collège électoral et est donc élu. Sa présidence est marquée par une politique étrangère ambitieuse, par l'admission de six nouveaux États au sein de l'Union, par des législations économiques importantes comme le McKinley Tariff (œuvre du futur président William McKinley) et le Sherman Antitrust Act et par le fait que les dépenses fédérales dépassèrent pour la première fois le milliard de dollars. Les démocrates attaquèrent le Billion Dollar Congress et cette question des dépenses associée à une impopularité grandissante vis-à-vis des droits de douane élevés entraîna la défaite de son parti aux élections de mi-mandat en 1890.
Après sa défaite face à Cleveland lors de l'élection présidentielle de 1892, Harrison se retire de la vie politique. Il est l'avocat du Venezuela dans une dispute frontalière avec le Royaume-Uni et se rend en Europe (Arbitrage de Paris) dans le cadre de cette affaire en 1900. Il décède un an plus tard des complications d'une grippe.
Benjamin Harrison VIII naît le 20 août 1833 à North Bend, dans l'Ohio. Il est le second d'une fratrie de huit enfants dont les parents sont John Scott Harrison (qui devint représentant de l'Ohio) et Elizabeth Ramsey Irwin. La famille Harrison est l'une des premières de Virginie et sa présence dans le Nouveau Monde remonte à l'arrivée d'un Anglais nommé Benjamin Harrison à Jamestown en 1630. Il est l'un des petit-fils du 9e président des États-Unis William Henry Harrison et l'un des arrière-petit-fils de Benjamin Harrison V, ancien gouverneur de Virginie et signataire de la Déclaration d'indépendance des États-Unis. Harrison a sept ans lorsque son grand-père est élu président mais il n'assista pas à son investiture. Malgré l'influence de la famille Harrison, il ne grandit pas dans une demeure fortunée car la plus grande partie des revenus agricoles de John Scott Harrison est investie dans l'éducation de ses enfants. Malgré ces faibles revenus, l'enfance de Harrison fut agréable et il passa beaucoup de temps à pêcher et à chasser.
L'éducation de Benjamin Harrison commença dans une petite école près de sa maison mais il reçut le soutien d'un tuteur pour l'aider à intégrer le lycée. Harrison et son frère Irwin furent inscrits au Farmer's College près de Cincinnati en 1847. Il y resta deux ans et rencontra Caroline Scott, la fille d'un professeur de science et pasteur presbytérien appelé John Witherspoon Scott. En 1850, il s'inscrivit à l'université Miami d'Oxford dans l'Ohio. Il rejoignit la fraternité Phi Delta Theta et fut diplômé en 1852. Il y rencontra John Alexander Anderson, qui fut représentant de l'Ohio durant 24 ans et Whitelaw Reid qui fut son colistier pour la vice-présidence en 1892. À l'université, Harrison fut grandement influencé par l'un de ses professeurs, Robert Hamilton Bishop, qui enseignait l'histoire et l'économie. Il rejoignit l'église presbytérienne, à laquelle appartenait sa mère et en resta membre jusqu'à sa mort. Après avoir été diplômé, Harrison poursuivit ses études de droit en devenant assistant dans le cabinet d'avocat Storer & Gwynne de Cincinnati
Avant de terminer ses études de droit, Harrison retourna à Oxford pour épouser Caroline le 20 octobre 1853 au cours d'une cérémonie célébrée par le père de Caroline. Ils eurent deux enfants, Russell Benjamin (12 août 1854 - 13 décembre 1936) et Mary (3 avril 1858 - 28 octobre 1930).
Après son mariage, Harrison retourna vivre dans la ferme familiale tout en finissant ses études de droit. La même année, il hérita de 800 $ (environ 292 000 $ de 2012) après la mort d'une de ses tantes et il utilisa l'argent pour déménager à Indianapolis dans l'Indiana en 1854. Il fut admis au barreau et commença à travailler dans le cabinet de John H. Ray. La même année, il devint crieur public de la cour fédérale d'Indianapolis ce qui lui rapportait 2,50 $ (environ 56,40 $ de 2012) par jour. Il était chargé d'annoncer les décisions de la cour dans la rue.
Alors qu'il était à Indianapolis, Benjamin Harrison fut à la fois le premier président de l'University Club, un gentlemen's club privé et le premier président du club de la fraternité Phi Delta Theta de la ville. Harrison avait grandi dans une famille whig et était un partisan des politiques whigs durant sa jeunesse. Il rejoignit cependant le parti républicain peu après sa formation en 1856 et il fit campagne pour le candidat à la présidence John Charles Frémont. Il fut également élu avocat de la ville d'Indianapolis, une fonction lui apportant un salaire annuel de 400 $ (environ 142 000 $ de 2012).
En 1858, Harrison créa un partenariat avec William Wallace et ils ouvrirent le cabinet Wallace & Harrison. Il fut le candidat républicain pour le poste de rapporteur de la Cour suprême de l'Indiana (en) en 1860 qui fut sa première incursion en politique. Durant les débats, il affronta, pour le compte de son parti, Thomas Hendricks, le candidat démocrate au poste de gouverneur et futur vice-président des États-Unis. Après l'élection de son partenaire au poste de greffier de la ville en 1860, Harrison créa un nouveau cabinet avec William Fishback nommé Fishback & Harrison dans lequel il travailla jusqu'à son entrée dans l'armée.
Au début de la guerre de Sécession, Harrison souhaitait rejoindre l'armée de l'Union mais il hésita car sa jeune famille pourrait avoir besoin d'un soutien financier. En 1862, le président Abraham Lincoln demanda plus de recrues pour l'armée. Lors de la visite du gouverneur Oliver Hazard Perry Morton, Harrison le trouva désespéré par le nombre d'hommes ayant répondu au dernier appel et lui dit : « si je peux être d'une quelconque aide, dites-le moi ». Morton demanda alors à Harrison s'il pouvait recruter un régiment même s'il ne lui imposait pas d'en faire partie. Harrison leva un régiment formé principalement de soldats du nord de l'Indiana et Morton lui offrit son commandement mais Harrison refusa en arguant son manque d'expérience militaire et il fut nommé sous-lieutenant. En août 1862, lorsque le régiment quitta l'Indiana pour rejoindre l'armée de l'Union à Louisville dans le Kentucky, Harrison fut promu par Morton au rang de colonel et son régiment devint le 70e régiment d'infanterie de l'Indiana.
Le 70e régiment fut affecté à des missions de reconnaissances et de protection des voies ferroviaire dans le Kentucky et Tennessee durant la plus grande partie de ses deux premières années. En 1864, Harrison et son régiment rejoignirent la campagne d'Atlanta du général William T. Sherman et furent placés en première ligne. Le 2 janvier 1864, il reçut le commandement de la 1re brigade de la 1re division du XXe Corps qu'il mena au combat lors des batailles de Resaca, de Cassville, de New Hope Church, de Kennesaw Mountain, de Marietta, de Peachtree Creek et d'Atlanta. Lorsque les forces de Sherman achevèrent la marche vers la mer, la brigade de Harrison fut transférée dans le district d'Etowah et participa à la bataille de Nashville. Le 22 mars 1865, Harrison fut promu général de brigade et il participa à la Grande Parade militaire à Washington, D.C. avant de quitter l'armée le 8 juin 1865.
Carrière politique dans l'Indiana