William Ben Hogan (né le 13 août 1912 – mort le 25 juillet 1997) était un joueur de golf professionnel américain et fut l’un des plus grands joueurs de l’histoire du golf.
Né quasiment à la même époque que deux autres golfeurs considérés comme des grands du XXe siècle, Sam Snead et Byron Nelson, Hogan est également reconnu pour l’influence marquée qu’il eut sur la théorie du swing de golf et la finesse de sa frappe qui fit sa renommée auprès des joueurs et des aficionados du golf.
Né à Stephenville, Texas, il grandit à 16 kilomètres de là à Dublin, Texas, où il commença à travailler comme cadet à l’âge de onze ans et comme golfeur professionnel en 1931. Selon les récits de l’époque Hogan était le meilleur golfeur de son temps et est toujours considéré comme un des plus grands joueurs de tous les temps.
Le « faucon » faisait preuve d’une farouche détermination et d’une volonté de fer qui, combinée à son incontestable technique, formait une aura capable à elle seule d’intimider ses adversaires jusqu’à la soumission. La légende de Hogan rapporte également qu’il était connu comme le « petit homme de glace ». Cette expression semble avoir été forgée lors de sa fameuse victoire lors du British Open à Carnoustie en 1953 et fait référence à son attitude inflexible et, à cette époque, apparemment toute de sang-froid, qui était elle-même le résultat d’un swing de golf qui était conçu pour s’améliorer plutôt que se dégrader quand il jouait sous la pression. En compétition, Hogan était avare de ses mots et peu d’adversaires étaient capables garder leur contenance face à son rayonnement glacé.
Sa victoire à Carnoustie fut le point d’orgue d’une saison 1953 hors du commun, au cours de laquelle il remporta cinq des six tournois qu’il disputa ainsi que les trois premiers tournois majeurs de l’année (une prouesse qui est toujours appelée le « Chelem de Hogan »). En outre, cette année-là il fut privé de toute chance de remporter le Grand Chelem parce que les dates auxquelles se jouaient le British Open et le PGA Championship étaient tellement proches qu’il ne lui était pas possible, compte tenu de l’état des transports internationaux à l’époque, de rentrer à temps aux États-Unis pour disputer le quatrième majeur de l’année.
On notera du reste que Hogan refusa souvent de jouer le PGA Championship, faisant l’impasse de plus en plus souvent au fur et à mesure de sa carrière.
Ses neuf victoires en Grand Chelem le placent au quatrième rang (à égalité avec Gary Player) des meilleurs golfeurs de tous les temps. Il n’est précédé dans ce classement que par Jack Nicklaus (18), Tiger Woods (15 – série toujours en cours) et Walter Hagen (11).
Entre 1938 et 1959, Ben Hogan remporta 63 tournois professionnels nonobstant le fait que sa carrière fut interrompue dans sa jeunesse par la Seconde Guerre mondiale et un accident de voiture qui faillit lui être fatal. La Cadillac de Hogan et son épouse, Valerie, subit une collision frontale avec un autobus au cours de l’hiver 1949.
Cet accident laissa Hogan avec une double fracture du pelvis, une fracture de la clavicule, une autre de la cheville gauche, une côte froissée et un caillot sanguin qui faillit lui être fatal. Il allait en garder toute sa vie des séquelles telles que des problèmes de circulation sanguine et d’autres handicaps physiques. Ses médecins craignaient qu’il ne puisse plus jamais marcher sans même oser évoquer le fait de jouer au golf en compétition.
Hogan est souvent considéré comme le meilleur frappeur de balle ayant jamais pratiqué le golf. Malgré son exceptionnel palmarès en tournois, c’est sans doute cet aspect qui lui vaut l’aura dont il jouit encore aujourd’hui.
Hogan était connu pour s’entraîner davantage que n’importe lequel de ses adversaires et on dit qu’il « inventa l’entraînement ». Il fut également un des premiers joueurs à faire coïncider certains clubs (cannes) avec des distances ou des points de repère sur le parcours, tels que des bunkers ou des arbres, en vue d’améliorer son contrôle de la distance.
Il était d’avis que le swing de chaque individu se trouvait « dans la gangue » et que le maîtriser requiert beaucoup d’entraînement et de répétition. Il est ainsi connu pour s’être penché durant des années sur le swing de golf, essayant de nombreuses théories et méthodes avant d’arriver à un produit fini qui lui apporta ses plus grands succès.
Jeune, il était sujet à jouer sa balle en hook prononcé. Bien que de petite taille (1,68 m) et ne pesant que 64 kg, au début de sa carrière il était capable de prendre des départs longs et s’aligna même dans des compétitions du plus long drive.
On a souvent dit qu’avant son accident, Hogan utilisait en tournoi une prise (grip) forte (qui implique que les mains se saisissent le manche de la canne plus à droite qu’il n’est habituel), alors qu’il s’exerçait souvent en utilisant une prise faible (qui implique que le dos son poignet gauche faisait face à l’objectif), et que cela a eu un effet négatif sur ses performances ou, du moins, la fiabilité de son swing, jusqu’à ce moment (source: John Jacobs dans son livre « Les Cinquante plus Grandes Leçons de Golf du Siècle »).
Jacobs affirme tenir cette information de Byron Nelson et dit en outre que Hogan développa et utilisa la prise forte alors qu’il n’était encore qu’un jeune en vue d’arriver à frapper la balle aussi loin que ses adversaires plus grands et plus forts. Ce grip fort était la raison pour laquelle on pouvait à l’occasion voir Hogan frapper d’étranges hooks très prononcés qui se soldaient par un désastre. Nelson et Hogan grandirent tous deux à Fort Worth et on sait qu’ils ont joué l’un contre l’autre alors qu’ils étaient encore adolescents.
Le swing développé plus tard par Hogan produisait le fameux « fade de Hogan », plus bas que normale pour un grand joueur et dont la trajectoire partait de gauche pour aller à droite. Cette trajectoire de balle était le résultat de la combinaison d’un swing destiné à produire un « draw » avec une prise faible, qui était quant à elle destinée à éviter à tout prix la création d'un coup en hook. Ce procédé améliora grandement la précision des frappes de Hogan au détriment de leur longueur. Il semble certain qu’au cours de sa période de gloire, Ben Hogan était à ranger parmi les professionnels dont la longueur de balle était courte à moyenne.
On pense qu’il a développé un « secret » qui rendit son swing quasi automatique. Son secret, un mouvement particulier des poignets, connu sous le nom de « cupping under », fut révélé en 1955 dans un article du magazine Life, encore que beaucoup pensent que Hogan n’en dévoila qu’une partie. Depuis lors, on a prétendu dans le magazine Golf Digest que le second élément du secret de Hogan aurait été la façon dont il se servait de son genou droit pour mettre en branle son swing et, en outre, que ce mouvement était indispensable pour la mise en place correcte du mouvement des poignets.
Les « Cinq Principes Fondamentaux » et le manuel de golf