Ce Jour-là

Ben (artiste)

Artiste français

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Benjamin Vautier, dit Ben, né le 18 juillet 1935 à Naples (Italie) et mort le 5 juin 2024 à Nice (France), est un artiste franco-suisse.

Il acquiert la notoriété à partir de la fin des années 1960 grâce à ses œuvres fondées sur ses « écritures », qu’il décline sous diverses formes. Inscrit dans l’Avant-garde artistique post-moderne, Ben est membre du mouvement Fluxus et entretient des liens avec le lettrisme. Son travail se caractérise par des performances, des installations et des inscriptions manuscrites aux messages souvent provocateurs ou philosophiques.

Benjamin Vautier naît le 18 juillet 1935 à Naples, de mère irlandaise et occitane, et de père suisse romand. Il est l'arrière-petit-fils du peintre Marc Louis Benjamin Vautier. Il vit à Naples ses cinq premières années.

En 1939, Ben et sa mère multiplient les voyages : Suisse, Turquie, Égypte, Italie, pour s’installer enfin à Nice en 1949. Il étudie à l’école du Parc Impérial et à la pension du collège Stanislas. Sa mère lui trouve un travail de garçon de courses à la librairie Le Nain bleu, puis lui achète une librairie-papeterie. À la fin des années 1950, il la vend et ouvre une échoppe, rue Tonduti de l'Escarène. Il transforme la façade en accumulant quantité d’objets et dans laquelle il vend des disques d’occasion.

Sa boutique devient un lieu de rencontres et d’expositions ; les principaux membres de ce qui deviendra l’École de Nice s'y retrouvent : César, Arman, Martial Raysse etc. Ils discutent de philosophie, théologie et d'économie. Proche d’Yves Klein et séduit par le Nouveau réalisme, Ben est convaincu que « l’art doit être nouveau et apporter un choc ».

En 1955, il réalise une série de dessins de bananes qui ouvrent ses recherches graphiques. En 1959, il commence ses « sculptures vivantes » : des gens dans la rue, ses amis, des membres de sa famille deviennent des œuvres d'art dès lors qu'il signe ses sculptures.

Au début des années 1960, plusieurs artistes tentent de s'approprier le monde en tant qu'œuvre d'art. Ben va signer tout ce qu'il trouve : « les trous, les boîtes mystères, les coups de pied, Dieu, les poules, etc. », reliant l'art et la vie. Il rejoint le mouvement Fluxus en octobre 1962, après avoir rencontré George Maciunas à Londres. Entre 1960 et 1963, il développe la notion d'appropriation. Débute alors sa série des Tas, entassant de la terre et des déchets sur des terrains, et les signant.

En 1965, dans son magasin, il crée une galerie de trois mètres sur trois dans la mezzanine : « Ben doute de tout. » Il y expose Martial Raysse, Albert Chubac, Daniel Biga, Marcel Alocco, Bernar Venet, Serge Maccaferri, Serge III, Sarkis, Robert Filliou, Christian Boltanski, etc.

En 1972, à la demande d'Harald Szeemann, il participe à la Documenta 5 ; il retrouve Robert Filliou, Marcel Broodthaers, Giuseppe Chiari, Joseph Beuys. En 1977, l'exposition collective À propos de Nice inaugurant le Centre Georges-Pompidou est une sorte de reconnaissance parisienne des recherches effectuées par l'École de Nice. Dans la préface du catalogue, Pontus Hultén, qui confie la préparation de l'évènement à Ben, écrit :

« L'art contemporain n'aurait pas eu la même histoire sans les activités et les rencontres qui eurent lieu dans la région niçoise. »

Au début des années 1980, il passe une année à Berlin à la Deutscher Akademischer Austauschdienst grâce à une bourse ; il rencontre de jeunes artistes : Salomé, Luciano Castelli, Helmut Middendorf et les membres de la Violent Painting allemande. À son retour à Nice, il organise avec Marc Sanchez une exposition-échange entre ce qu’il nomme la figuration libre française (Patrick Lanneau, entre autres) et les jeunes peintres allemands. Il expose dans sa maison à Saint-Pancrace Robert Combas et Hervé Di Rosa, et à la galerie de la Marine à Nice, François Boisrond et Rémi Blanchard.

Impliqué dans l'art contemporain, il soutient de jeunes artistes et donne son point de vue sur l'actualité dans ses lettres d'information.

Ses œuvres sont présentes dans de grandes collections privées et publiques du monde, notamment le MoMA de New York, le Walker Art Center de Minneapolis, la galerie d'art de Nouvelle-Galles du Sud de Sydney, le Museum Moderner Kunst Stiftung Ludwig Wien de Vienne, le musée d'Art contemporain d'Anvers d’Anvers, le Stedelijk Museum d'Amsterdam, le musée d'Art de Soleure, le musée national d'Art moderne du Centre Pompidou à Paris, le musée d'Art moderne et d'Art contemporain de Nice, le musée d'Art contemporain de Marseille, le musée d'Art contemporain de Lyon.

En 2022, le MUAC de Mexico présente une exposition de son travail, organisée par Ferran Barenblit en tant que commissaire.

Il est représenté par la galerie Daniel Templon, à Paris et Bruxelles, et par la galerie Lara Vincy, à Paris.

Marié avec Annie Baricalla en 1964, il eut deux enfants, Éva Cunégonde et François Malabar. Suivant son credo « Je crois que l'art est dans l'intention et qu'il suffit de signer », en 1965, il « signe » sa propre fille, Éva Cunégonde, alors âgée de trois mois.

Depuis 1975, il vivait et travaillait sur les hauteurs de Saint-Pancrace, colline niçoise.

Le 5 juin 2024, à 88 ans, Ben se suicide par balle à son domicile à Nice, le lendemain du décès de son épouse emportée par un AVC.

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