Belphégor ou le Fantôme du Louvre ou Belphégor est un mini-feuilleton français en quatre épisodes de 70 minutes, en noir et blanc, créé, écrit et dirigé par Claude Barma, adapté par Jacques Armand d'après le roman d'Arthur Bernède. Il a été diffusé pour la première fois du 6 au 27 mars 1965 sur la première chaîne de l'ORTF. L'audience – exceptionnelle pour l'époque – est de 10 millions de téléspectateurs pour une population française de 48 millions, dont seuls 40 % possèdent un téléviseur.
Au Québec, le feuilleton a été diffusé dans un format de treize épisodes à partir du 5 juin 1965 à la Télévision de Radio-Canada sous le titre Le Fantôme du Louvre.
Paris, été 1964. Un fantôme vêtu d'une longue robe noire, Belphégor, hante, la nuit, le département d'égyptologie du musée du Louvre. Disparitions, agressions, tentatives d'assassinat et morts suspectes se succèdent. La police s'avère impuissante. Un jeune étudiant, André Bellegarde, veut percer ce mystère. Dans une ambiance étrange, il mène, avec le commissaire Ménardier dont il aime la fille Colette, une enquête aux multiples péripéties. Elle le conduit sur la piste de Boris Williams, fils de l'excentrique Lady Hodwin, ancienne cantatrice aussi généreuse que riche. Cet individu féru d'occultisme n'hésite pas à tuer sa mère, qui désapprouve ses intentions devenues criminelles : il veut s'emparer du secret des Rose-Croix – le prodigieux « métal de Paracelse » – pour assouvir son goût du pouvoir et dominer le monde. Il se fait aider de Laurence Borel - un médium qu'à son insu il a transformé en Belphégor – et de sa sœur jumelle prétendument décédée, Stéphanie. Apprenant la vérité, Laurence, désespérée et par ailleurs amoureuse d'André, se suicide. Ménardier arrête Williams. André et Colette se marieront. Héritiers des phonographes de Lady Hodwin, ils ne pourront oublier Belphégor.
Une nuit, dans les salles d'antiquités égyptiennes du musée du Louvre, le gardien Gautrais entend un bruit mécanique. Puis il voit apparaître un individu étrange, vêtu d'une longue robe noire et portant un masque de cuir. Il fait feu, en vain. Le fantôme s'intéressait à la statue de Belphégor, un dieu moabite qui préside au mal. Le témoignage de Gautrais, alcoolique notoire que ses collègues ont surnommé Glouglou, suscite le scepticisme. Toutefois, pour éviter une intervention de la police, on double l'effectif des gardiens dès la nuit suivante. Mais au matin, leur chef Sabourel est découvert assassiné.
Un jeune étudiant en physique venu de Bordeaux, André Bellegarde, se passionne pour l'affaire. Il se laisse enfermer au Louvre avec Colette, une jeune fille qu'il a croisée par hasard l'après-midi même. En pleine nuit, ils entendent un ronflement de moteur. Un jeune garçon vient s'agenouiller devant la statue de Belphégor, sur laquelle il souffle à plusieurs reprises une poudre mystérieuse. Le spectre surgit, blesse légèrement André au bras mais s'enfuit à l'arrivée des surveillants et du commissaire Ménardier, père de Colette.
Devenu célèbre du jour au lendemain, André est abordé par une femme énigmatique, Laurence Borel. Elle l'invite chez lui et, aguicheuse, cherche à le séduire. Cela provoque la jalousie de Colette, éprise de lui.
Un soir, le commissaire Ménardier reçoit chez lui un appel téléphonique de Belphégor lui demandant d'aller au Vésinet. Dans un pavillon cossu, il fait la connaissance de Lady Hodwin, une ancienne cantatrice excentrique jadis surnommée Lady phonographe, qui vit entourée de souvenirs. Elle lui affirme que l'identité de Belphégor, innocent, doit rester secrète. Elle l'invite à abandonner ses recherches et profère même des menaces contre sa fille. Ménardier refuse ce chantage. Peu après, sortant avec André d'une séance de cinéma, Colette perd connaissance dans des circonstances inexpliquées. A-t-elle été agressée ?
Épisode 2 - Le secret du Louvre
Ménardier inculpe Lady Hodwin mais doit la libérer sur intervention de l'ambassadeur de Grande-Bretagne. Finalement, la vieille dame et le commissaire s'avouent leur sympathie mutuelle.
Une nuit, en faction au Louvre, Ménardier entend le bruit déjà perçu par Gautrais et André. Le fantôme apparaît. Ménardier s'apprête à l'arrêter mais un filet tombe sur lui et l'immobilise. Belphégor s'enfuit.
Laurence conduit André à un dîner mondain chez Boris Williams, un homme sombre féru d'occultisme. La conversation tourne vite autour de Belphégor, dont la presse s'est emparée. André fait part aux convives de son interrogation sur la vraie nature du fantôme, son impassibilité mêlée de vulnérabilité et les moyens de s'en saisir. Ces propos indisposent Williams.
Colette est enlevée. Assise dans un fauteuil roulant, endormie au chloroforme, elle est emmenée à la tour Eiffel par un couple déguisé en infirmiers, qui menace de la précipiter dans le vide depuis le 2e étage. Par cette mise en scène, son père est sommé d'abandonner l'enquête.
Au musée du Louvre, lors de l'habituel nettoyage des statues antiques, un gardien laisse fortuitement tomber de l'eau dans un sarcophage. Gautrais constate qu'elle s'écoule par le fond. La nuit suivante, André et lui trouvent, dissimulé sur le socle de la tombe, un bouton qui actionne une plateforme intérieure mobile dont le bruit a été entendu avant chaque apparition du fantôme. Grâce à ce mécanisme, ils découvrent une pièce souterraine secrète conduisant aux anciennes galeries du palais de Philippe-Auguste. Plus loin, dans une cave aménagée en laboratoire, ils voient Williams éveiller le fantôme avant de l'envoyer au musée pour « rapporter un secret ». Une fois remontés, ils aperçoivent Belphégor faire des passes magnétiques sur sa statue éponyme, qui devient luminescente. Selon André, cette irradiation d'origine inconnue provient du « métal de Paracelse ». Le fantôme s'enfuit.
Résolu à en savoir plus, André s'introduit dans le sarcophage et descend dans les souterrains du Louvre. Il a demandé à Gautrais de le rejoindre d'ici trois jours au café où ils ont leurs habitudes, face à la Colonnade du Louvre. Sans nouvelles, Gautrais s'inquiète. Il déclenche le mécanisme et voit de l'eau provenir du sous-sol inondé. La police fait intervenir un homme-grenouille, qui remonte le portefeuille d'André. Tout d'abord introuvable, ce dernier donne rendez-vous par téléphone à Gautrais au lieu convenu. Là, il lui déclare tout savoir mais ne rien pouvoir dire.
Interrogé par la police, André refuse de parler. Ménardier le fait surveiller, espérant appréhender Belphégor.
Williams conduit Colette dans une vaste et déserte boutique de luminaires où l'attend Lady Hodwin. Cette dernière la charge d'informer André qu'il ne sera en sécurité que chez elle, au Vésinet. Une fois Colette partie, la vieille dame s'explique avec Williams, qui n'est autre que son fils. Elle désapprouve ses agissements devenus criminels. Comme elle persiste à vouloir contrecarrer ses plans, il l'étrangle.
Informé par une lettre anonyme, Ménardier part en province chez le couple Hiquet, les parents de Laurence. Il apprend que sa sœur jumelle, Stéphanie, est décédée six mois plus tôt à 31 ans. Monsieur Hiquet, un brave homme aussi érudit que son épouse est revêche, offre au commissaire un vieux document où est écrit le nom des Rose-Croix. Sur le chemin du retour, un arbre s'abat sur la voiture de Ménardier, qui manque d'être écrasé.
De son côté, André tombe dans la Seine mais s'en sort indemne. On évoque une tentative de suicide, qu'André nie en invoquant un malaise dû à la fatigue. Ménardier et lui s'informent mutuellement du résultat de leurs découvertes. André sait que le document remis au commissaire est une affiche placardée dans les rues de Paris en 1662, qui passa pour un canular. Les Rose-Croix sont une société philosophique secrète détenant de prodigieuses connaissances, dont celle du « métal de Paracelse » qui possède toutes les propriétés, de l'or au radium, et permettrait de dominer le monde. Un morceau de ce métal se trouve au Louvre, dissimulé dans la statue de Belphégor. Ménardier précise à André que les archives des Rose-Croix sont tombées entre les mains de malfaiteurs dirigés par Williams. Il ajoute que Laurence est impliquée dans ce complot.