La Belgique (en néerlandais : België /ˈbɛlɣiǝ/ ; en allemand : Belgien /ˈbɛlgiən/ ; en wallon : Beldjike /bɛlˈdʒik/, en forme longue le royaume de Belgique, est un pays d'Europe de l'Ouest, bordé par la France, les Pays-Bas, l'Allemagne, le Luxembourg et la mer du Nord. La Belgique couvre une superficie de 30 688 km2 avec une population de 11 825 551 habitants au 1er janvier 2025, soit une densité de 385 habitants/km2. Politiquement, il s'agit d'une monarchie constitutionnelle fédérale à régime parlementaire. Sa capitale est Bruxelles ; les autres grandes villes sont Anvers, Gand, Charleroi, Liège, Bruges, Namur et Louvain.
Située à mi-chemin entre l'Europe germanique et l'Europe romane, la Belgique abrite principalement deux groupes linguistiques : les francophones, membres de la Communauté française et les néerlandophones, membres de la Communauté flamande. Elle comprend également une minorité germanophone représentant environ 1 % de la population et constituant la Communauté germanophone. Les régions administratives de Belgique sont des entités fédérées comprenant : la Région de Bruxelles-Capitale au centre, une zone officiellement bilingue mais très majoritairement francophone, la Région flamande néerlandophone, au nord, et la Région wallonne francophone, au sud. C'est dans l'est de la région wallonne que réside la Communauté germanophone, dans les cantons d'Eupen et Malmedy, frontaliers avec l'Allemagne. La diversité linguistique de la Belgique et ses conflits politiques connexes sont reflétés dans son histoire politique et dans son système de gouvernement complexe.
Historiquement, la Belgique, le royaume des Pays-Bas et le grand-duché de Luxembourg étaient connus, aux XVe – XVIIe siècles, sous le nom de Pays-Bas, région qui correspondait à un territoire un peu plus vaste que l’actuel Benelux. La région qui couvrait une partie de la Belgique ainsi que le nord et l'est de la France était qualifiée de « Belgica » dans les documents rédigés en latin. Ce nom, utilisé depuis l’antiquité, avait été repris pour désigner la Gallia Belgica, conquise par Jules César et créée province romaine par Auguste. De la fin du Moyen Âge jusqu’au XVIIe siècle, le territoire correspondant à la Belgique moderne fut un centre commercial et culturel prospère et relativement cosmopolite dans ses principales villes. Après avoir fait partie des Pays-Bas espagnols (1581-1714) et des Pays-Bas autrichiens (1714-1794), celui-ci fut annexé par la France révolutionnaire (1794-1815). En 1815, à la suite du Congrès de Vienne, la majeure partie de la Belgique actuelle fut incorporée au royaume uni des Pays-Bas. Durant des siècles, le territoire belge fut le théâtre de nombreuses batailles entre différentes puissances européennes, ce qui lui a valu le surnom de « champ de bataille de l’Europe », une réputation qui fut renforcée au XXe siècle par les deux guerres mondiales.
La Belgique telle qu'elle existe aujourd'hui a été créée à la suite de la révolution belge de 1830, quand le pays fit sécession des Pays-Bas. Au XIXe siècle, la Belgique indépendante participa activement à la révolution industrielle en ayant été notamment la deuxième puissance industrielle du monde pendant près d'un siècle et, durant le cours du XXe siècle, elle posséda plusieurs colonies en Afrique, dont la principale était le Congo belge. La deuxième moitié du XXe siècle a été marquée par des tensions entre les Flamands et les Wallons en raison des différences de langues et du développement économique inégal des deux régions. Ce conflit a mené à plusieurs réformes de grande envergure, dont la transition d’un État unitaire à un État fédéral entre 1970 et 1993.
La Belgique est l’un des six pays fondateurs de l’Union européenne et accueille, à Bruxelles, le Conseil de l'Union européenne et le Conseil européen, la Commission européenne, les Commissions parlementaires et six sessions plénières additionnelles du Parlement européen, ainsi que d’autres organisations internationales comme l’OTAN. Le pays accueille également, à Mons, le Grand Quartier général des puissances alliées en Europe (SHAPE).
La première mention du terme Belgica figure dans les Commentaires sur la guerre des Gaules, qui relatent la conquête du territoire par Jules César. Il disparaît presque complètement après les grandes invasions, ne subsistant que sous la plume de quelques ecclésiastiques. Il ne réapparaît que durant la seconde moitié du IXe siècle, après la scission de l'empire de Charlemagne et la création de la Lotharingie. Les clercs de l'époque utilisent le terme Belgica pour désigner le royaume de Lothaire II situé entre la Gallia de Charles le Chauve et la Germania de Louis le Germanique. Les dénominations Belgae, Belgica et Gallia Belgica disparaissent de nouveau au XIIe siècle, après la disparition de la Lotharingie. « Ses habitants sont appelés Belgae. Aux yeux des clercs se piquant de purisme antique, le mot Lotharingia n'est qu'un monstrueux barbarisme. Belgica est beaucoup plus noble : ce nom a une véritable sonorité antique. Après le morcellement de la Lotharingie, à la fin du XIIe siècle, l'emploi des termes Belgae, Belgica, Gallia Belgica dans leur acception “lotharingienne” disparaît complètement du vocabulaire politique. » Ils réapparaîtront sous les ducs de Bourgogne.
Aux XVe et XVIe siècles, les différents territoires se retrouvent peu à peu sous la même autorité. Le terme Belgica réapparaît avec les humanistes de la Renaissance, mais son utilisation reste limitée dans les cercles intellectuels et répond au besoin d’un dénominateur commun pour ces principautés. Sous Philippe le Bon, duc de Bourgogne unificateur des provinces de ce que l'on appelle d'un nom très général les « Pays-Bas bourguignons », apparaît la dénomination Leo Belgicus, signifiant Lion belgique, ce qui se traduit sur les cartes par un lion dressé dont la silhouette recouvre plus ou moins la forme géographique des possessions bourguignonnes. Un autre terme apparaît : Belgium, Belgia. À cette époque, la Belgique, les Pays-Bas, le Luxembourg et le Nord de la France actuels étaient connus comme les Pays-Bas ou les Provinces belgiques (« belgique » étant alors un qualificatif), qui couvraient plus ou moins le territoire des Dix-sept Provinces, sans la principauté de Liège, qui a toujours été une enclave.
Plus tard, après les soulèvements populaires contre la politique oppressive du successeur de Charles Quint, la division des dix-sept provinces des Pays-Bas bourguignons donne naissance à deux noms propres pour désigner les deux pays, Belgica Foederata pour les Pays-Bas du Nord, Belgica Regia pour ceux du Sud, ces derniers occupant, sur la carte de l'Europe occidentale, la place de ce qui sera plus tard celle de la Belgique moderne.
Aux XVIIe et XVIIIe siècles, le mot Belgique redevient donc un terme administratif et également le nom d'une allégorie représentant la « nymphe des Pays-Bas ». Sa portée sémantique se réduit cependant après la division des Dix-sept provinces qui résulte de la guerre de Quatre-Vingts Ans : il est de plus en plus utilisé pour ne parler que des provinces méridionales et ses habitants mais reste un synonyme de néerlandais y compris en néerlandais. Les États belgiques unis est la dénomination officielle de la nation éphémère née de la révolution brabançonne de 1789. Cela se dit Verenigde Nederlandse Staten en néerlandais lors de l'annexion par la France, ainsi que la réunion de la Principauté de Liège à la République française. Le terme belge est alors courant pour désigner les habitants des régions de l'actuel royaume de Belgique. En 1830, le mot Belgique devient un substantif et le mot belge le remplace comme qualificatif.
Selon la constitution, la Belgique possède plusieurs emblèmes. L’hymne national est la Brabançonne ; avant celui-ci la Belgique a eu deux autres hymnes : celui de Charles Rogier et celui de Hymans. La Brabançonne est tirée de la dernière strophe de l'hymne de Charles Rogier. La devise belge est « L’union fait la force » en français, « Eendracht maakt macht » en néerlandais et « Einigkeit macht stark » en allemand. Le drapeau belge se constitue de trois bandes verticales noire, jaune et rouge à partir de la hampe, symbolisant respectivement la Force, la Sagesse et le Courage. Le blason de la Belgique reprend celui du Brabant, qui se blasonne comme suit : de sable au lion d'or armé et lampassé de gueules. Les petites, moyennes et grandes armes du royaume possèdent toutefois des ornements extérieurs qui leur sont propres, distincts de ceux du duché et de l'ancienne province.