Belfast (/bɛlfast/ ; prononcé en anglais : /ˈbɛlfæst/ ; en irlandais : Béal Feirste ; en scots d'Ulster : Bilfawst) est la capitale de l'Irlande du Nord, une nation constitutive du Royaume-Uni, dont elle est également la ville la plus peuplée.
Belfast est la quatorzième ville du Royaume-Uni. Elle est également en nombre d'habitants la deuxième ville de l'île d'Irlande derrière la capitale de la république d'Irlande, Dublin, avec une population de 333 871 habitants en 2015. Sa zone urbaine élargie, le Grand Belfast, compte 641 638 habitants. Ces derniers s'appellent les Belfastois. Située à cheval sur les comtés d'Antrim et de Down, Belfast fait partie de la province historique irlandaise d'Ulster. Depuis 1888, Belfast possède officiellement le statut de cité et constitue depuis 1998 le siège du gouvernement nord-irlandais.
Belfast a été un centre important dans l'industrialisation du lin, du tabac, et des chantiers navals, c'est ici qu'a été construit le Titanic. La ville a également été très marquée par l'époque du conflit nord-irlandais, opposant les communautés catholiques républicaines et protestantes loyalistes. Aujourd'hui Belfast est une ville en paix qui se développe et se modernise considérablement.
Le nom « Belfast » provient de l'irlandais Béal Feirste, qui signifie « l'embouchure de la Farset », la Farset étant un affluent de la Lagan, fleuve qui traverse Belfast.
Le site de Belfast a été occupé depuis l'âge du bronze, et on peut y trouver des ruines de fortifications datant de l'Âge du fer, ainsi que le célèbre anneau du Géant (Giant's Ring).
Au début du XVIIe siècle, Belfast a été occupée par des colons anglais et écossais, selon un schéma d'implantation élaboré par Arthur Chichester, ce qui n'a pas manqué de créer des tensions avec la population autochtone qui s'est rebellée en 1641. Les huguenots français s'y sont également établis pour y faire le commerce du lin.
En 1907, le dirigeant d'un syndicat de dockers, James Larkin, déclenche une grève massive rassemblant catholiques et protestants, qui provoqua la colère jusque dans les rangs policiers.
C'est à Belfast que le Titanic, le plus grand paquebot transatlantique du monde de l’époque, fut construit par les chantiers navals Harland and Wolff entre 1909 et 1911. Belfast possède l'une des plus grandes cales sèches du monde, et les grues géantes (Samson & Goliath) du chantier naval de Harland and Wolff dominent l'horizon. Belfast était historiquement la ville industrielle la plus importante en Irlande.
Lors de la Seconde Guerre mondiale, Belfast a été l'une des plus grandes villes du Royaume-Uni à être bombardée par les forces allemandes. Dans un premier premier temps, le gouvernement britannique avait estimé que l'Irlande du Nord serait à l'abri des bombardements grâce à sa distance par rapport à l'Allemagne, et donc l'île n'a pas été protégée des bombardements aériens. Peu d'abris ont été construits et les quelques canons que possédait Dublin ont été envoyés en Angleterre pour protéger celle-ci. Belfast a été visée en raison de son importance pour la construction navale et aéronautique, et pour prouver qu'aucune ville britannique n'était à l'abri des bombardements de la Luftwaffe.
C'est deux jours après Pâques, le mardi 15 avril 1941, que deux cents bombardiers de la Luftwaffe allemande ont attaqué la ville, notamment les quartiers ouvriers et les chantiers navals. Ce bombardement a tué environ un millier de personnes et a fait plusieurs blessés, laissant environ 100 000 personnes sans abri. Ce fut, après Londres, un des plus grands bombardements de l'histoire du Royaume-Uni[réf. nécessaire].
Après la guerre d'indépendance ayant abouti à la partition de l'île en 1922, Belfast est devenue la capitale de l'Irlande du Nord, regroupant les 6 comtés restés au sein du Royaume-Uni. Pendant une grande partie de son histoire, la ville a été tiraillée par les divisions politiques entre républicains catholiques et unionistes/loyalistes protestants. Des affrontements violents avaient déjà eu lieu lors de la partition de l'Irlande, faisant plus de 500 morts et plus de 10 000 personnes déplacées, pour la plupart catholiques.
Ces divisions ont ensuite abouti à la guerre civile (communément appelée « Troubles ») qui s'est produite entre la fin des années 1960 et la fin des années 1990. La ville fut ainsi divisée de facto:
en secteurs catholiques républicains, fiefs de l'IRA provisoire : une grande partie de Belfast Ouest notamment Falls Road, ainsi qu'Ardoyne et New Lodge au nord et Short Strand à l'est;
en secteurs protestants loyalistes : une grande partie de Belfast Nord et Belfast Est, Shankill Road à l'ouest, ainsi que Sandy Row et Ormeau Road au sud.
Ces différents quartiers étaient séparés par des barricades, depuis consolidées par les Murs de la paix (Peace Lines). Belfast a ainsi vécu durant 30 ans entre attentats et émeutes. Les guérillas urbaines étaient quotidiennes dans certains quartiers où les deux communautés s'affrontaient. La ville vivait en outre quadrillée par l'armée britannique avec de nombreux check-points et le centre-ville retranché dans une zone sécurisée. On estime que plus de 1 500 personnes ont été tuées et 20 000 blessées dans toute la ville.
Le retour de la paix, enjeux et difficultés actuelles
Londres avait chargé dès 1989 la Laganside Corporation, une société publique, de la revitalisation du centre-ville et des abords de la Lagan, la rivière qui traverse la ville, en créant des logements, des bureaux et des infrastructures de commerce et de loisirs. Le processus de paix et la sécurisation (postes de police, caméras de surveillance) aidant, le centre-ville est redevenu un lieu particulièrement animé, où les bars, les restaurants et les clubs se multiplient.
Néanmoins, en dehors du centre-ville, du quartier des affaires et des zones étudiantes au sud, catholiques et protestants restent séparés. Des tensions demeurent et des émeutes éclatent de manière sporadique aux abords des interfaces et murs de la paix qui séparent les communautés, émeutes que certains n'hésitent pas à qualifier de "récréatives".