Ce Jour-là

Bataille des Sables-d'Olonne (24 mars 1793)

Bataille de la guerre de Vendée

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La première bataille des Sables-d'Olonne se déroule le 24 mars 1793 lors de la guerre de Vendée. Elle s'achève par la victoire des républicains qui repoussent une attaque des Vendéens sur la ville des Sables-d'Olonne.

Fin mars 1793, de nombreuses localités côtières tombent aux mains des insurgés vendéens : Pornic, Bourgneuf-en-Retz, Bouin, Beauvoir-sur-Mer et Saint-Gilles-sur-Vie, dont les gardes nationaux trouvent refuge aux Sables-d'Olonne. La ville de Challans est prise sans combat le 13 mars : une cinquantaine de patriotes et d'administrateurs sont faits prisonniers et 400 autres se réfugient aux Sables.

L'important port des Sables-d'Olonne, alors peuplé d'environ 5 500 habitants, est le nouvel objectif des insurgés de la Basse-Vendée. Le 13 mars, les premiers éclaireurs insurgés sont signalés aux avant-postes sablais.

Dans la nuit du 14 au 15, les autorités des Sables reçoivent une sommation du comité royaliste de Challans. Celui-ci réclame le retour des prêtres réfractaires, la fin de la levée en masse, la suppression des patentes pour « toute espèce de professions, arts et métiers » et la suppression de l'arrêté du département sur les parents d'émigrés. Le comité conclut : « Finalement nous souhaitons de cœur et d'esprit que la fraternité, la liberté et l'égalité subsistent entre nous, et conséquemment amnistie réciproque ».

Le 15, les administrateurs des districts des Sables et de Challans et les commissaires du département de la Vendée se réunissent aux Sables-d'Olonne, où ils condamnent la « lettre insolente » des révoltés qui « qui propose de mettre bas les armes en offrant une amnistie générale à des conditions ignominieuses ». Ils décident alors d'envoyer un commissaire à La Rochelle pour demander des secours au général Verteuil. Le lendemain, les administrateurs des Sables apprennent l'arrivée au sud de Chantonnay du général Louis de Marcé avec 1 500 hommes sortis de La Rochelle. Deux courriers sont alors envoyés afin de prendre contact avec lui.

Le 17, le district des Sables ordonne la réquisition immédiate de tous les chevaux et de toutes les voitures. La commune interdit quant à elle la sortie hors des murs, de toute personne et de toute denrée, sans autorisation des chefs militaires.

Le 18 mars, les administrateurs sont informés du rassemblement des bandes insurgées à La Mothe-Achard. Le 19, une première alerte a lieu à La Gachère. Le 20, un courrier annonce la déroute du général Marcé à la bataille de Pont-Charrault, ce qui décide la ville des Sables à réclamer de nouveaux secours à La Rochelle et à Rochefort-sur-Mer. Le 21, les patriotes font une sortie sur le passage de la Grève contre un premier groupe de révoltés, qui sont rapidement mis en fuite.

Le 22, Foucault et Gaudin font une nouvelle sortie avec 400 hommes et deux canons pour tenter de reprendre le port de Saint-Gilles-sur-Vie. Cependant ils se heurtent à une troupe d'insurgés retranchés derrière une rivière à La Gachère, près de Brem-sur-Mer. Selon Foucault, son artillerie renverse une cinquantaine d'insurgés sans aucune perte dans ses rangs. D'autres sont faits prisonniers, mais les républicains décident de battre en retraite face au nombre de leurs opposants.

L'armée insurgée est commandée par Jean-Baptiste Joly, un ancien sergent de l'armée royale, qui établit son camp à La Mothe-Achard. Ce dernier se proclame « commandant général du camp près les Sables » et établit un comité militaire où figurent son fils, Jean Ruchaud, Espinasseau, le chevalier du Chaffault, à la tête des insurgés d'Avrillé, Beaumeler, menant ceux de Saint-Gervais, Chouppes, Dubois, le chevalier Buor, du Fief, Pineau, le chevalier de la Voyerie, William Bulkeley, Jean Savin, Guerry du Cloudy et Saignard de Saint-Pal. Joly parvient à fédérer les paroisses du marais breton, celles de la région entre Les Sables et La Roche-sur-Yon, les insurgés de Barbâtre, sur l'île de Noirmoutier, et même quelques communes du Pays de Retz, comme Legé et Saint-Étienne-de-Corcoué. Ancien sergent au régiment de Flandre, il s'attache à donner une organisation militaire à ses troupes, qui sont divisées en trois colonnes, elles-mêmes divisées en compagnies dirigées par des capitaines, sergents et caporaux qui doivent tenir une liste exacte des soldats. Il met également en place un service de postillons pour transmettre les ordres avec rapidité.

Le nombre des insurgés varie selon les estimations. Un prisonnier interrogé, nommé Gabriel-Victor-Aimé Gouin, évoque 5 500 hommes. Un autre, nommé André Bacaud, donne 6 000. L'armateur sablais André Collinet fait état de 9 000 hommes du côté des insurgés. Du côté des historiens, Émile Gabory évoque 6 000 hommes au moins, Roger Dupuy 10 000 et Lionel Dumarcet entre 5 500 et 9 000.

Le député et ancien maire des Sables Joseph-Marie Gaudin est placé le 13 mars à la tête du commandement général provisoire, mais le 19 mars il cède le commandement militaire au colonel Jean-Simon-David Foucault, chef du bataillon des gardes nationales de l'Île de Ré. Gaudin passe commandant en second, tandis qu'Étienne-Marie Dechézeaux — frère du député Gustave Dechézeaux — prend la place d'adjudant-général. La garde nationale des Sables est sous les ordres du capitaine Levêque et l'artillerie est dirigée par le citoyen Prévost. Tous les canons, même vétustes, sont mis en réquisition sur ordre de Gaudin. Une batterie, située hors de la ville, est démontée et établie sur les principales avenues. Le service des pièces est confié à des canonniers matelots du port.

Les Sables sont renforcés le 16 mars par 200 hommes de troupe venus de Luçon, 200 gardes nationaux de Saint-Michel-en-l'Herm, un bataillon de 443 à 600 hommes de la garde nationale de l'île de Ré, 200 volontaires de La Rochelle et 250 soldats du 110e régiment d'infanterie. Les communes d'Olonne-sur-Mer et de Talmont envoient également des détachements de gardes nationaux en renfort.

Le 24 mars, les insurgés assistent à une messe sous les halles de La Mothe-Achard, où des prêtres distribuent des chapelets et des sacrés-cœurs brodés sur draps ou peints sur papiers qui sont portés sur la poitrine. Ils se mettent ensuite en marche sur Les Sables et prennent position à 10 heures du matin près du château de Pierre-Levée, sur la route de Nantes, à quatre kilomètres de la ville. Un détachement de 300 hommes occupe également le bourg d'Olonne-sur-Mer, au nord des Sables.

À une heure de l'après-midi, les patriotes sortent des Sables avec 600 gardes nationaux, 120 hommes de troupes de ligne, 200 cavaliers et 21 canons. La rencontre se produit au lieu-dit La Vénérie.

Le combat s'engage, mais après une fusillade et quelques tirs d'artillerie, les républicains, inférieurs en nombre, battent en retraite sur Les Sables, talonnés par les insurgés.

À 3 heures de l'après-midi, les insurgés marchent sur la ville en trois colonnes, drapeaux blancs en tête. La première colonne avance sur la porte de la Barre, la deuxième sur le couvent et la troisième, à l'est, prend position sur la route de Talmont.

Vers 4 ou 5 heures de l'après-midi, un cavalier nommé Jean Arnaud, âgé de 19 ans et originaire d'Aizenay, est envoyé par les insurgés pour remettre une sommation de rendre la ville. Mais les patriotes jettent l'émissaire en prison — il sera condamné à mort le 5 avril — et n'adressent aucune réponse.

Les insurgés tentent alors d'investir la ville du côté du couvent, mais sont rapidement repoussés. Joly donne l'ordre à ses artilleurs de faire feu sur la ville, mais ses quelques pièces ne causent que peu de dégâts, contrairement aux canons républicains, mieux servis et d'un plus gros calibre, qui font reculer les insurgés. Ces derniers, découragés, abandonnent le combat à la tombée de la nuit pour regagner leurs foyers.

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