La bataille de la baie de Milne (opération RE) a été une bataille de la campagne de Nouvelle-Guinée, théâtre de la guerre du Pacifique durant la Seconde Guerre mondiale. Les troupes japonaises ont attaqué la base australienne de la baie de Milne, à la pointe orientale de la Nouvelle-Guinée le 25 août 1942 et les combats ont continué jusqu'à ce que les Japonais se retirent le 5 septembre 1942. Cependant la résistance armée ne s'est terminée que le 7 septembre 1942. Ce fut la première bataille de la campagne du Pacifique dans laquelle les troupes alliées infligèrent une défaite décisive aux forces terrestres japonaises, les forçant à se retirer et abandonner complètement leur objectif.
Les Japonais visaient dans cette opération à prendre le contrôle de la base aérienne et navale australienne sur Milne pour pouvoir s'en servir par la suite pour soutenir leurs troupes engagées à ce moment dans la campagne de la Piste Kokoda destinée à tenter de prendre la ville de Port Moresby.
Les forces japonaises avaient connu des échecs locaux auparavant : leur première attaque sur Wake avait été repoussée et les troupes américaines avaient vaincu les Japonais à Guadalcanal à la bataille de Tenaru, quatre jours avant que la bataille de la baie de Milne ne commence. Mais à la différence de la baie de Milne, ces actions n'ont pas donné lieu au retrait complet du Japon et à l'abandon de la campagne militaire.
En fait, c'est l'élite de l'infanterie de marine japonaise, connue sous le nom de Kaigun Rikusentai (海軍特別陸戦隊 Forces navales spéciales de débarquement (FSDJ)), plutôt que l'armée impériale japonaise qui attaqua les forces alliées à la baie de Milne. Le haut commandement japonais avait engagé environ 850 soldats d'infanterie de la 5e FSDJ dirigés par le commandant Shojiro Hayashi, une compagnie de la 5e FSDJ, dirigée par le lieutenant Fujikawa, la 10e force navale de débarquement et le 2e groupe aéroporté avec 350 personnes non-combattantes du 16e Groupe de construction navale. La force japonaise a d'abord été commandée par le commandant Shojiro Hayashi.
Les Alliés, commandés par le major-général australien Cyril Clowes, avaient à défendre trois pistes d'atterrissage stratégiquement importantes. Les soldats étaient constitués de la 18e brigade d'infanterie de la 7e division australienne, la 7e Brigade, une formation de la milice, les compagnies A, C et un peloton de la compagnie E de la 14e Brigade du 55e bataillon, la 9e batterie des 2/3e Régiment de défense anti-aérienne, la 709e batterie américaine de défense antiaérienne et la 9e batterie du 2/5e Field Regiment. En outre, une partie du Corps du génie de l'armée des États-Unis, le 46e Régiment du génie, était déployée sur place pour construire des aérodromes.
Bien que les forces alliées aient compté 8 824 personnes, seules environ 4 500 étaient affectées dans l'infanterie. Les Japonais ont bénéficié d'un avantage important en disposant de chars légers que les Alliés n'avaient pas déployé. Les Japonais avaient aussi le contrôle complet de la mer pendant la nuit, permettant leur renforcement et leur évacuation si besoin.
Toutefois, les escadrilles no 75 et 76 de la Royal Australian Air Force, volant sur P-40 Kittyhawk ainsi que les Hudson du groupe no 1 de la baie de Milne avaient un avantage incontesté dans la journée qui leur a permis de jouer un rôle crucial dans la lutte acharnée qui se déroula sur place.
Les premières troupes arrivent dans la baie de Milne depuis Port Moresby, dans les navires néerlandais de la KPM Karsik et Bontekoe, escortés par le sloop HMAS Warrego et la corvette HMAS Ballarat le 25 juin. Le Karsik est amarré à un ponton fait de bidons d'essence et construit par des Papous, recrutés par l'ANGAU (Unité australienne chargée de l'administration de la Papouasie-Nouvelle-Guinée). Les troupes débarquées comprennent deux compagnies et demi et une section de mitrailleuse venant du 55e bataillon d'infanterie, de la 14e brigade d'infanterie ainsi que la 9e batterie antiaérienne légère comprenant huit Bofors d'un calibre de 40 millimètres, une section du 101e bataillon d'artillerie côtière comprenant huit mitrailleuses et deux canons antiaériens de la 23e batterie lourde antiaérienne. La compagnie E du 46e bataillon du génie du Corps du génie de l'armée des États-Unis arrive sur le Bontekoe avec du matériel de construction d'une base aérienne. En outre, vingt-neuf navires de la KPM se sont échappés vers l'Australie après la chute des Indes orientales néerlandaises. Ils sont composés d'un équipage mêlant des Néerlandais et des Javanais. Cette petite flotte assure la majorité des liaisons entre l'Australie et la baie de Milne, aux côtés de navires australiens, britanniques et américains. Cinq navires de la KPM sont perdus lors des combats.
Les travaux sur la première piste d'atterrissage commencent le 8 juin, avec l'aide de travailleurs papous supervisés par l'ANGAU et le 96e bataillon du génie américain qui dégage la zone autour de Gili Gili. La compagnie E du 46e du génie commence ses travaux le 30 juin. En plus de la piste d'atterrissage, les hommes du génie doivent aménager des portions camouflées pour trente-deux chasseurs, des chemins et des abris pour cinq cents hommes. En soutien de la base aérienne et de la garnison, une section est envoyée participer à l'aménagement du port et des routes. Bien que les chenaux de la baie de Milne permettent à des navires à fort tirant d'eau d'approcher à douze mètres du rivage, ils doivent toujours être déchargés sur des pontons, tandis que les cargaisons doivent être transportées sur les véhicules, ce qui demande des moyens humains importants.
Trois Curtiss P-40 Warhawk de la 76e escadrille de la RAAF atterrissent sur la piste le 22 juillet, tandis que d'autres appareils des 75e et 76e escadrilles arrivent le 25 juillet. À ces dates, la piste n'est qu'incomplètement aménagée et sa longueur utilisable, faite en Marston Mat, est de 1 509 mètres contre les 1 829 mètres prévus. En outre, elle est fréquemment inondée, ce qui provoque le dérapage de certains avions qui s'embourbent.
Une fois que la première piste est construite, deux autres aérodromes sont mis en construction. Près de 5 000 palmiers sont abattus pour la deuxième piste et le site est surélevé et aplani. Toutefois, son usage nécessite de bâtir deux ponts de dix-huit mètres, ce qui conduit les Alliés à entamer les travaux de la troisième piste, près de Kilarbo. La construction est entreprise par le 2e bataillon du 43e régiment du génie américain, arrivé le 4 août. Le même jour, les Japonais commencent à bombarder la baie de Milne, se concentrant sur les pistes d'atterrissage et les forces du génie au travail. Quatre Zéros et un bombardier en piqué attaquent la première piste. Un P-40 est détruit au sol et un autre abat le bombardier. Par la suite, les Australiens mettent en place un radar pour prévenir ces attaques. Le 11 août, 22 P-40 interceptent 12 Zéros. En dépit de cette supériorité numérique, les Australiens souffrent de la perte de trois appareils même s'ils auraient détruit quatre avions japonais.
Le 11 juillet, des troupes de la 7e brigade d'infanterie, dirigée par le général de brigade John Field, commencent à arriver pour renforcer la garnison. Cette brigade comprend trois bataillons de miliciens issus du Queensland (les 9e, 25e et 61e bataillons). Ils apportent avec eux des armes venant des 4e et 101e régiments antitanks, de la 2/6th Heavy Anti-Aircraft Battery et de la 2/9th Light Anti-Aircraft Battery. En outre, la 24e compagnie du génie, la première unité du génie australien arrive aussi sur place. Field assume le commandement de la Milne Force, la tasf force exerçant le contrôle opérationnel sur les forces terrestres, aériennes et navales de la région en cas d'attaque imminente des Japonais. Il est directement sous l'autorité du quartier-général des forces terrestres alliées situées à Brisbane, et non sous celle de Port-Moresby. Ses missions les plus urgentes concernent le génie. Tandis que les Américains construisent les pistes d'atterrissage et les appontements, les Australiens travaillent sur les routes et les bâtiments hébergeant les hommes Cette petite troupe du génie est renforcée par l'infanterie et des travailleurs papous.