Ce Jour-là

Bataille de Sedan

Bataille de la guerre franco-allemande de 1870

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La bataille de Sedan a lieu le 1er septembre 1870, durant la guerre franco-allemande. Elle oppose l'armée française, dite l'Armée de Châlons, forte de 120 000 hommes et de 560 canons et commandée par l'empereur Napoléon III, à l'armée prussienne sous le commandement du futur Kaiser (Guillaume Ier de Prusse), forte de 200 000 hommes et de 780 canons. Il s'agit d'une victoire décisive des forces allemandes, l'empereur ayant lui-même été fait prisonnier, mettant fin à la guerre en faveur de la Prusse et de ses alliés (la Bavière notamment), bien que le combat continuât sous la nouvelle République.

L'armée française, commandée par Napoléon III et Patrice de Mac Mahon, tente vainement de lever le siège de Metz, mais elle est interceptée par l'armée prussienne stationnée en Meuse, et défaite à la bataille de Beaumont. L'armée de la Meuse et la Troisième Armée Prussienne du Feld-Marschall Helmuth von Moltke, accompagné par le roi Guillaume de Prusse et le chancelier Otto von Bismarck, font jonction et encerclent les restes de l'armée française à Sedan. Mac Mahon avait été blessé durant les affrontements et le commandement avait été assuré par Auguste-Alexandre Ducrot.

Prémices de la bataille de Sedan

Après les défaites subies en Alsace le 4 août 1870 à Wissembourg et à la bataille de Reichshoffen le 6 août, le maréchal de Mac-Mahon reconstitue une armée composée de quatre corps d'armée (dite armée du camp de Châlons) pour protéger Paris. L'armée du Rhin commandée par le maréchal Bazaine s'efforce aussi de rejoindre le camp de Châlons afin d'unir ses forces avec celles de Mac-Mahon. Malgré la victoire à la bataille de Mars-la-Tour au sud de Metz 16 août, Bazaine n'exploite pas son avantage sur la IIe armée prussienne du prince Frédéric-Charles, neveu du roi de Prusse, pour lui donner le coup de grâce ou alors se replier en ordre sur Châlons. Au contraire, Bazaine se laisse couper la route de retraite de Verdun et de Châlons préférant reconstituer ses forces en vivres et munitions sur le flanc ouest de la citadelle de Metz. Helmuth Karl Bernhard von Moltke, chef du grand état-major général de l'armée prussienne, profite de ce répit et renforce la IIe armée par la Ire armée du général Steinmetz et celles-ci vont à la suite de la bataille de Saint-Privat le 18 août, contraindre l'armée du Rhin à se replier sur Metz. L'action combinée des deux armées prussiennes a pour effet d'encercler celle de Bazaine dans la citadelle de Metz, le 20 août.

Le 21 août, l'armée Mac-Mahon se dirige vers Reims, le camp de Châlons est incendié pour éviter qu'il ne tombe aux mains des Allemands. À Reims, au camp de Courcelles, Mac-Mahon complète ses effectifs, réorganise son armée et se prépare à défendre la capitale. Mais il reçoit l'ordre de secourir l'armée du maréchal Bazaine assiégée à Metz par les Ire et IIe armées allemandes. Le 23 août, la régente et le conseil des ministres ordonnent à Mac-Mahon d'aller secourir Bazaine. Mais Helmuth Karl Bernhard von Moltke est renseigné de l'objectif de Mac-Mahon par la presse.

Le chef d'état-major prussien dispose, en plus des deux armées qui assiègent Metz, de 200 000 hommes (IIIe et IVe armées), il envoie la IIIe armée à marche forcée au-devant des troupes françaises en direction de Châlons. Pour éviter les Prussiens de la IIIe armée, Mac-Mahon décide alors de remonter au nord vers le département des Ardennes pour ensuite se diriger sur Metz. Cependant le stratège français a sous-estimé l'importance des forces prussiennes, leur rapidité et leur tactique d'ensemble. Car outre la IIIe armée prussienne, Von Moltke a placé la IVe armée du prince royal de Saxe sur la rive droite de la Meuse, la stratégie de Mac-Mahon paraît compromise, la route directe de Metz par Montmédy est bloquée par les troupes saxonnes. Les options pour le commandant de l'armée de Châlons sont celles-ci : soit il prend la direction de Metz, avec la perspective de se voir couper la route par les Saxons et voir aussi l'armée prussienne remonter des environs de Châlons en le prenant à revers, soit il renonce et vient défendre Paris. Il semble que Mac-Mahon tergiverse. Ses corps d'armée piétinent entre le 25 et 28 août entre le secteur de Rethel et de Vouziers. Pendant ce temps l'armée du prince royal de Prusse se dirige vers lui.

Le 27 août, Mac-Mahon décide ainsi de renoncer à sauver Bazaine. Mais à Paris la régente et le conseil des ministres lui ordonnent encore de secourir Bazaine, en lui affirmant que les troupes prussiennes sont à 48 heures de marche, alors qu'elles le talonnent. Mac-Mahon reprend l'option d'aller sur Metz et de passer la Meuse vers le secteur de Stenay, mais à force de tergiverser sous la pression des autorités et sous l'action combinée des deux armées des princes allemands, la situation de son corps d'armée se fragilise. Le corps d'armée français remonte de plus en plus au nord et risque de se voir acculer à la frontière franco-belge. En effet, l'armée de Châlons commence par être harcelée par les avant-gardes de la IIIe armée prussienne à Buzancy le 27, à Nouart et Belval-Bois-des-Dames ainsi que Stonne le 29, qui à chaque fois retarde la progression de l'armée de Châlons.

Imprécis dans sa tactique, Mac-Mahon ne reçoit de sa cavalerie de reconnaissance aucun renseignement précis sur les mouvements de l’adversaire, il croit n’être poursuivi que par 60 000 à 70 000 hommes alors que 242 000 Prussiens, Bavarois, Saxons et Wurtembergeois commencent à le prendre en tenaille. Le 30 août, les troupes françaises (Ve corps) chargées de protéger le flanc droit de l'armée de Mac-Mahon sont défaites par une partie de la IVe armée allemande le 30 août 1870, à la bataille de Beaumont (au sud-est de Sedan). Poursuivi et harcelé par les IIIe et IVe armées, Mac-Mahon décide alors de se réfugier, au moins quelques jours, aux alentours de la ville de Sedan, citadelle située non loin de la frontière belge. Sedan est située sur la rive droite de la Meuse dans une gigantesque cuvette entourée de collines avec deux défilés vers Mézières (ouest) et Carignan (est), ce qui réduit fortement les possibilités de s'en échapper. Mac-Mahon a le choix entre la retraite sur Mézières, située à 20 km de Sedan, ou l'offensive en forçant le passage vers Carignan où se trouve la IVe armée du prince de Saxe pour se diriger vers Metz. Le 30 août en soirée, sous la menace de la IIIe armée du prince de Prusse, Mac-Mahon fait passer la Meuse à une partie de son armée, le 7e corps et une partie du 5e corps défait à Beaumont, à Remilly près de Sedan. Le même jour, le reste du 5e corps défait à Beaumont, le 1er et le 12e corps l'ont passée près de Mouzon. Plus de cent-mille hommes se dirigent vers Sedan, la bataille est inéluctable, l'armée du camp de Châlons va faire face à des troupes nettement supérieures en nombre car les deux armées allemandes vont faire jonction autour de Sedan.

Les troupes françaises comptent une armée d'environ 120 000 hommes répartis en quatre corps d'armée (1er, 5e, 7e et 12e), relativement liés entre eux dans l'espace de Sedan. Le commandement des troupes françaises dépend d'abord du maréchal Mac-Mahon. Mais celui-ci est blessé dès le début de la bataille sur une colline du village de Balan, alors qu'il observait le déroulement des combats sur Bazeilles. Le général Ducrot le remplace, mais il est obligé de s'effacer devant le général de Wimpffen, plus ancien en grade et muni d'un ordre du ministre le désignant en cas d'empêchement de Mac-Mahon. Cette succession de commandants en chef est à l'origine d'ordres, de contrordres et de tergiversations sur la stratégie. Napoléon III est avec l'armée de Mac-Mahon à Sedan, mais ne se mêle pas des opérations militaires.

Les troupes de la confédération allemande (200 000 hommes) sont divisées en deux armées : la IIIe armée sous les ordres du prince héritier Frédéric-Guillaume de Prusse et la IVe armée sous les ordres du prince héritier Albert de Saxe. À von Moltke revient le commandement suprême des deux armées des États allemands coalisés. Le roi Guillaume de Prusse et son état-major ainsi que son chancelier Otto von Bismarck sont présents, ils vont assister à la bataille depuis une colline près de Frénois, un village au sud-ouest de Sedan.

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