Ce Jour-là

Bataille de Saumur

Bataille de la guerre de Vendée

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La bataille de Saumur a lieu le 9 juin 1793 lors de la guerre de Vendée. Elle s'achève par la victoire des Vendéens qui prennent la ville de Saumur.

Peuplée d'environ 10 000 habitants en 1793, la ville de Saumur devient pendant la guerre de Vendée un important quartier-général républicain. Elle est le siège d'une commission centrale en correspondance avec les commissaires de la Convention nationale dans les départements limitrophes. Après la prise de Thouars en mai, les patriotes commencent des travaux de fortifications, sous la direction du capitaine d'Abadie, officier du génie. Au sud-ouest de la ville, au-delà du pont Fouchard, sur le Thouet, celui-ci fait construire deux redoutes armées de canons sur les buttes de Bournan, à la jonction des routes de Cholet et de Montreuil-Bellay. Au sud-est, le terrain est une zone de prairies barrée au nord par quelques coteaux couverts de vignes et de bois. Sur ce côté-là, une troisième redoute est établie à la jonction des routes de Chaintre et de Varrains, en avant des faubourgs de Fenet, et une ligne de retranchements est élevée entre le Thouet et la Loire, du Marais-le-Roi à Notre-Dame-des-Ardilliers. Cependant, par manque de temps, rien n'est établi sur la butte des Moulins. Au nord, la Loire fait office de barrière naturelle. Le vieux château de Saumur et les remparts médiévaux, en partie en ruines, n'offrent quant à eux plus de positions défensives solides.

Début juin, les forces républicaines sont positionnées dans la vallée du Layon : 2 500 hommes commandés par les adjudant-généraux Ladouce et Talot occupent Saint-Lambert-du-Lattay, 5 000 sous les ordres du général Leigonyer sont à Doué, tandis que le général Gauvilliers tient Saint-Georges-sur-Loire avec 1 500 hommes et que le général Salomon est à Thouars avec 5 000 hommes.

Vers le début du mois de juin 1793, les généraux vendéens constatent que les forces républicaines se concentrent dans les environs de Saumur et de Thouars, et redoutent une offensive imminente. Le 2 juin, l'Armée catholique et royale sort de Cholet et commence sa marche sur Saumur. Quelques jours plus tard, les Vendéens entrent en contact avec les avant-gardes républicaines et s'emparent de Vezins et de Vihiers. Le 7 juin, ils mettent en fuite les troupes inexpérimentées de Leigonyer à Concourson-sur-Layon, puis ils s'emparent de Doué-la-Fontaine.

Le soir du 7 juin, les chefs vendéens tiennent conseil à Doué. L'ancien maréchal de camp Guy Joseph de Donnissan estime que les redoutes de Bournan sont presque imprenables et conseille de franchir le Thouet à Montreuil-Bellay pour attaquer Saumur par le sud-est. Son plan est approuvé et le lendemain le gros de l'armée vendéenne s'empare de cette localité sans rencontrer de résistance, tandis que seules quelques maigres troupes se portent sur les redoutes de Bournan afin de mener des attaques de diversion. De son côté, Saumur demande des renforts à Thouars. Le général Salomon se met en marche avec ses troupes, mais il passe par Montreuil-Bellay dont il ignore la prise par les Vendéens et tombe dans une embuscade dans la nuit du 8 au 9 juin, à l'entrée de la ville. Les patriotes fuient jusqu'à Parthenay et Niort, laissant derrière eux une centaine de tués et 900 prisonniers.

Peu après la bataille, les Vendéens s'emparent du pont de Saint-Just-sur-Dive, à cinq kilomètres au nord-est de Montreuil-Bellay, que l'état-major républicain n'a pas fait défendre malgré les demandes des habitants. Toute l'armée vendéenne peut alors passer à l'est du Thouet et se déployer face à Saumur.

Le nombre des forces républicaines présentes à Saumur varie de 8 000 à 18 000 selon les sources. Selon le représentant en mission Choudieu, les défenseurs sont 8 000, tandis que le maire de Saumur parle de 8 000 à 9 000 hommes dans une lettre adressée aux administrations le 14 juin. Chez les royalistes, la marquise La Rochejaquelein avance 16 000 hommes du côté des Bleus, tandis que le chef vendéen Boutillier de Saint-André parle de 18 000. Du côté des historiens, Yves Gras estime les forces républicaines de 9 000 à 10 000, Émile Gabory à 10 000, Arthur Chuquet à 12 000 et Simone Loidreau de 14 000 à 15 000.

Parmi les troupes figurent la 36e division de gendarmerie, quatre bataillons de volontaires d'Orléans, plusieurs bataillons de Paris, des gardes nationaux, une compagnie franche des Pyrénées, le 8e régiment de hussards, le 13e régiment de dragons et les « chasseurs de la Liberté » de la Légion germanique — aussi appelée légion Rosenthal — constituée des anciens hussards de la Mort. La Légion germanique, aussi appelée la « légion de la Fraternité », est également présente avec des cuirassiers légers, des dragons piqueurs, un bataillon d'arquebusier, des chasseurs à pied, une compagnie d'artillerie. Au total, l'artillerie républicaine comprend 66 canons.

Ces forces sont placées sous les ordres du général de division Charles Duhoux de Hauterive. Cependant ce dernier est alité après sa blessure à la bataille de Chemillé le 11 avril, et s'il dirige toujours le conseil, qui se tient dans sa chambre, il doit déléguer une partie du commandement au général de division Jacques-François de Menou et au général de brigade et chef d'état-major Louis-Alexandre Berthier. Ces derniers sont eux-mêmes secondés par les généraux Coustard de Saint-Lo, Santerre et Ronsin. Six représentants en mission sont également présents : René-Pierre Choudieu, Pierre Bourbotte, Joseph-Étienne Richard, Albert Ruelle, Jacques Dandenac et Pierre-Marie Delaunay, ainsi que deux commissaires du conseil exécutif : Antoine-François Momoro et La Chevardière.

L'armée vendéenne compte environ 20 000 à 30 000 combattants. Le général républicain Menou les estime à 20 000 et Savary de 25 000 à 30 000. Les Angevins sont menés par Jacques Cathelineau et Jean-Nicolas Stofflet et les Poitevins par Louis de Lescure, Henri de La Rochejaquelein, Guy Joseph de Donnissan et Jandonnet de Langrenière. Charles de Bonchamps et Maurice d'Elbée, blessés aux batailles de Fontenay-le-Comte, sont remplacés par Duhoux de Hauterive, neveu du général républicain, et Fleuriot de La Freulière. Jean-Louis de Dommaigné commande la cavalerie, forte de 1 200 hommes, et Gaspard de Marigny l'artillerie, qui comprend 24 canons, dont la Marie-Jeanne. Tous les combattants sont armés de fusils, fruits de leurs victoires précédentes et des prises de guerre faites sur les forces républicaines vaincues.

Après avoir dépassé Saint-Just-sur-Dive, les forces vendéennes se divisent en trois colonnes : l'aile gauche est commandée par Lescure et Duhoux, le centre par Stofflet et des Essarts et l'aile droite par Cathelineau et La Rochejaquelein. La division de Bonchamps, commandée par Fleuriot, est en réserve avec les bagages et les prisonniers. La cavalerie et l'artillerie prennent position sur le flanc gauche, aux côtés des troupes des Lescure. Selon le plan d'attaque, établi peut-être par Guy Joseph de Donnissan, l'aile gauche doit franchir le Thouet au gué de Chacé pour prendre les redoutes de Bournan à revers, puis atteindre le pont Fouchard, au sud-ouest de Saumur. Le centre doit quant à lui attaquer le faubourg de Nantilly et le château de Saumur par le chemin de Saint-Just-sur-Dive. L'attaque principale est menée par l'aile droite, qui doit longer la Loire et entrer dans la ville de Saumur par Notre-Dame-des-Ardilliers et le faubourg de Fenet.

Dans la nuit du 8 au 9 juin, l'état-major républicain se réunit en conseil de guerre. L'évacuation de la ville et la destruction des ponts sont envisagés, mais les commandants républicains décident finalement de résister, malgré le désordre et l'indiscipline qui règnent au sein des troupes. Les soldats ont ainsi l'habitude d'abandonner régulièrement leurs postes pour passer leurs journées et leurs nuits dans les cabarets, les auberges et les cafés. Cependant le 9 juin tombant un dimanche, les républicains pensent que les insurgés catholiques n'attaqueront pas ce jour-là.

Le 9 juin, à partir de 6 heures du matin, l'arrivée de l'armée vendéenne est annoncée par les éclaireurs. Menou fait battre la générale pendant des heures, mais il a toutes les peines à réunir les troupes, en partie dispersées dans les auberges et les cabarets. Certains soldats désertent avant le début de la bataille. À 2 heures de l'après-midi, les Vendéens sont à Chacé et à Dampierre-sur-Loire.

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