La bataille de Sainte-Foy, ou Deuxième bataille des Plaines d'Abraham, est le troisième et dernier affrontement majeur du Siège de Québec lors de la guerre de la Conquête entre les Français, les coloniaux Canadiens français, qui forment la milice locale, et les nations alliées autochtones (qui n'y participeront finalement pas) contre les troupes britanniques. Elle se déroule dans les environs de la ville de Québec le 28 avril 1760. Elle s'inscrit dans le théâtre nord américain de la guerre de Sept Ans. Se concluant par la victoire des Franco-Canadiens, ces derniers montèrent ensuite le siège afin de reprendre Québec des mains de l'occupant britannique qui l'avait conquise le 18 septembre 1759 à la suite de la victoire britannique lors de la bataille des plaines d'Abraham cinq mois plus tôt. Le siège échoue cependant, car l'arrivée de renforts et ravitaillements anglais au cours du mois de mai avantagera les défenseurs et provoquera la seconde retraite des Franco-Canadiens vers Montréal.
La bataille de Sainte-Foy, ou Deuxième bataille des Plaines d'Abraham, reste à ce jour l'engagement militaire le plus meurtrier et sanglant en sol canadien de l'histoire dépassant même en termes de pertes, toutes celles des plus importantes batailles de la guerre de 1812 comme Lundy's Lane ou le siège de Fort Erie.
À la suite de la capture de Québec, le lieutenant général du Canada Rigaud de Vaudreuil et le général François-Gaston de Lévis envoient des navires vers la France afin de demander de l'aide à Versailles avant d'ordonner la retraite vers Montréal.
L'hiver leur sera confortable. Les vivres, bien que rationnés, sont de bonne qualité et quantité et la ville, n'ayant pas vécu de siège, permet d'offrir un toit chaud aux soldats.
Contrairement à l'armée franco-canadienne, les Britanniques vivent un hiver rigoureux à Québec. Les rations, bien qu'en quantités suffisantes, sont de piètre qualité. Le bois de chauffage se fait rapidement rare et la ville détruite à 80 % n'offre pas un logis confortable aux troupes. Le froid et le manque de vitamine C en raison d'une alimentation incomplète font des ravages au sein des soldats, notamment en raison des épisodes de scorbut. Ajoutons à ces problèmes une population civile provenant des environs, affligée par la destruction de la campagne, des rationnements et des réquisitions, qui se réfugie dans la ville afin de survivre à l'hiver. Autrement dit, affaiblis, démoralisés et isolés en territoire hostile, les Britanniques souffrent de leur propre campagne de terreur des mois d'été 1759 et d'une campagne militaire particulièrement difficile.
Mais le général James Murray, qui prend en charge l'armée après le retrait de Robert Monckton vers New York et de George Townshend vers l'Angleterre, ne chôme cependant pas. Il fait bâtir sept blockhaus devant les remparts afin d'en contrôler la circulation et il renforce le front de la porte Saint-Louis et le parapet des murs. Finalement, il fait ériger une série de petits postes défensifs à Cap-Rouge, Lorette, Sainte-Foy, Sillery et Pointe-Lévy.
L'hiver n'est pas encore terminé que Lévis et Vaudreuil rassemblent les troupes avant de marcher vers Québec. Les navires l’Atalante, la Pomone, les Flûtes la Pie et la Marie, qui ont hiverné près de Sorel, transportent les munitions de l'armée près de Québec afin de hâter la marche des troupes. L'objectif de Lévis est de prendre le contrôle des Buttes-à-Neveu, la colline la plus élevée des Plaines d'Abraham se situant à 800 mètres à l'ouest de la ville, avant que son opposant ne les fortifient après la fonte de la neige. À cette position, il pourra monter un siège efficace contre Québec. Par le fait même, il tente de surprendre son adversaire par l'hâtivité de sa manœuvre. Lévis et Vaudreuil quittent Montréal en début mars avec une armée totalisant environ 7 200 hommes.
Le 27 avril 1760 au matin, les marins britanniques ramènent un artilleur français à l'article de la mort aux quartiers de Murray. Ce Français avait été repêché des eaux glaciales après que son embarcation eut fait naufrage. Le captif avertit Murray qu'une force massive formée de Français, de Canadiens et de leurs alliés autochtones arriverait bientôt de Montréal pour attaquer Québec.
James Murray rassemble ainsi environ mille hommes de son infanterie lourde et ordonne à ces derniers de transporter dix canons jusqu'à la zone de tir. Normalement, cette tâche aurait été accomplie par les chevaux, mais les troupes affamées les avaient mangés depuis longtemps. Les soldats britanniques quittent la ville pour rejoindre les détachements d'infanterie légère qui se regroupaient dans de petits postes avancés à Sainte-Foy, Sillery et Cap-Rouge. Des escarmouches éclatent ainsi entre les deux camps.
Pendant ce temps, Lévis, après avoir rassemblé ses troupes aux environs du Fort Jacques-Cartier, place, quelques jours plus tard, le gros de son armée au-delà de la forêt près de Sainte-Foy. Au sein de ses troupes s'y trouve des soldats réguliers de terre et de la marine, des miliciens canadiens et des guerriers autochtones.
le 28 avril 1760, Murray remarque qu'il ne possède pas suffisamment de troupes pour défendre la ville et soutenir un siège. L'hiver canadien, la destruction de la ville ordonnée par Wolfe et les escarmouches hivernales ont décimé ses troupes. Des 7 000 hommes laissés en garnison à l'automne 1759, la moitié seulement est maintenant en état de combattre. Murray ordonne donc la sortie de près de 3 300 hommes qu'il installe sur les Buttes-à-Neveu qu'il n'a pas eu le temps de fortifier, avant que les Français ne prennent ce point stratégique, et d'au moins 22 canons, dont deux obusiers. Cette position et logique de combat ressemble à celles du feu général français, le Marquis de Montcalm, lors de la bataille des Plaines d'Abraham huit mois plus tôt.
De leur côté, les Franco-canadiens s’amassent à la lisière de la forêt, à près d'un kilomètre à l'ouest de la position anglaise, et entament leur marche vers la ligne adverse. La bataille est sur le point de débuter.
Le 28 avril 1760, quelques mois seulement après la défaite de la France sur les plaines d'Abraham tout juste à l'extérieur des murs de Québec, le gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Vaudreuil, et le chevalier de Lévis repoussent les Britanniques du général James Murray à la bataille de Sainte-Foy.
Le gouverneur britannique dispose de deux grands avantages tactiques: il a environ 24 canons légers et ses troupes occupent une position élevée sur les Buttes-à-Neveu. L'armée française quant à elle ne peut compter que sur trois pièces de canon et devra avancer en terrain ouvert sous le feu de l'artillerie anglaise avant que les bataillons français ne soient à portée de tir au fusil.
Le début de la bataille est à l'avantage des Britanniques. Leur artillerie pilonne les brigades françaises qui sortent des boisés le long du Chemin Sainte-Foy et qui tentent de se mettre en ordre de bataille. Le commandant en second de l'armée française, François-Charles de Bourlamaque est gravement blessé quand un boulet anglais tue son cheval et lui emporte une partie du mollet alors qu'il commande la gauche de l'armée française. Sa brigade se replie alors légèrement à l'intérieur du couvert forestier pour éviter le pilonnage.
C'est à ce moment que Murray commet une faute qui lui fera perdre tout avantage tactique. Il juge mal le mouvement de recul français. Pensant y voir un début de confusion chez l'ennemi, il donne alors ordre à ses troupes d'avancer rapidement pour profiter du moment et culbuter l'armée franco-canadienne. Ce faisant, l'infanterie britannique passe alors devant sa propre artillerie qui doit cesser le feu. Le sol en dégel d'avril, boueux et gorgé d'eau et encore recouvert en partie de neige molle et fondante, devient un piège pour les canons de campagne des Britanniques qui s'enlisent les uns après les autres après que les artilleurs eurent tenté de les faire avancer au même rythme que les troupes. Murray perd du même coup l'avantage de la hauteur et de la puissance de feu de son artillerie rendue inutilisable. L'engagement principal de la deuxième bataille des Plaines d'Abraham va alors commencer.