La bataille de Rossbach, pendant la guerre de Sept Ans, a lieu près du village de Rossbach dans la commune saxonne de Braunsbedra (actuellement dans le Land de Saxe-Anhalt, en Allemagne), le 5 novembre 1757. Elle oppose l'armée prussienne du roi Frédéric II aux troupes franco-impériales du roi Louis XV de France et de l'impératrice du Saint-Empire Marie-Thérèse d'Autriche.
Malgré un avantage numérique important (41 000 contre 22 000 hommes), l'armée franco-impériale commandée par le prince de Soubise, Charles de Rohan, est défaite, notamment en raison de la charge de la cavalerie prussienne dirigée par le général von Seydlitz.
Dans cette guerre qui oppose toute l'Europe, l'armée des Habsbourg constitue alors la menace principale pour les Prussiens : elle avance en Silésie et se prépare à assiéger Schweinitz mais la lenteur de ses mouvements la rend peu dangereuse dans l'immédiat. L'armée russe, après sa victoire de Gross-Jägersdorf en août, reste sur l'expectative en raison de la maladie de l'impératrice Élisabeth qui laisse attendre une succession prochaine. À l'ouest, l'armée française du maréchal de Richelieu, ayant neutralisé le contingent britannique du Hanovre par la convention de Klosterzeven, semble en mesure de s'emparer de Halberstadt et de Magdebourg. Au sud-ouest, une autre armée française, commandée par le prince de Soubise et renforcée par un fort contingent germanique des Cercles impériaux commandés par le prince de Hildburghausen, avance en Thuringe dans le but de libérer la Saxe, occupée par Frédéric II de Prusse au début de la guerre. Frédéric II, utilisant les voies de communication intérieures, souhaite écarter les troupes franco-impériales de Soubise avant qu'elles ne puissent se joindre aux autres forces adverses. Il part de Dresde le 31 août avec 25 000 hommes et conduit ses troupes à marche forcée, parcourant 300 km en 13 jours. Afin d'accélérer sa marche, il laisse derrière lui ses moyens de transport de vivres, privilégiant un approvisionnement tout au long du périple. En même temps, il envoie une petite armée, commandée par le prince Ferdinand de Brunswick-Lunebourg, pour retarder l'avance de Richelieu. Ce dernier reste si peu actif, pendant cette partie de la campagne, que le bruit court qu'il a été acheté par le roi de Prusse pour la somme de 100 000 écus. En Thuringe, les deux armées rivales se meuvent en cherchant à encercler l'adversaire et elles se trouvent finalement dans une position de blocage. Pendant ce temps, un corps de cavalerie autrichien commandé par Andreas Hadik von Futak s'empare par surprise de Berlin, le 16 octobre, et lui impose une contribution de 200 000 thalers avant de se retirer. Frédéric II doit alors redéployer une partie de ses forces pour couvrir Berlin ; les forces franco-impériales en profitent pour avancer jusqu'à la Saale. Le corps impérial de Hildburghausen avance jusqu'à Leipzig, ville saxonne occupée et défendue par le maréchal prussien Keith, mais le maréchal impérial renonce à attaquer la ville de peur de causer sa destruction.
Le camp prussien, le matin du 5 novembre 1757, se trouve entre Rossbach sur sa gauche et Bedra sur sa droite, face aux Alliés. Bien que le général français, Charles de Rohan, prince de Soubise, et le général impérial Joseph Friedrich von Sachsen-Hildburghausen, feld-maréchal d'Empire, aient manœuvré les jours précédents afin d'éviter l'affrontement avec Frédéric, ils se trouvent désormais entre Branderoda sur leur droite et Mücheln sur leur gauche. Les avant-postes prussiens sont dans les villages immédiatement à l'ouest de leur camp, ceux des Alliés sur les collines de Schortau et Galgenberg.
Les Alliés avec environ 41 000 hommes disposent d'une supériorité numérique de deux contre un. Leurs postes avancés dépassent toutes les parties du camp de Frédéric. Ils ont eu le dessus lors des manœuvres des jours précédents, et le duc de Hildburghausen est déterminé à prendre l'offensive. Il a quelques difficultés, cependant, à convaincre le prince de Soubise de prendre le risque d'un affrontement si bien que les Alliés ne lèvent le camp que le 5. Soubise a probablement l'intention d'engager la bataille le plus tard possible dans la journée avec l'idée de gagner quelques avantages par une action partielle. Le plan de l'armée alliée nécessite de marcher sur Zeuchfeld, sur la gauche de Frédéric, à découvert, puis se déployer en ordre de bataille, face au nord, entre Reichardtswerben sur la droite et Pettstädt sur la gauche. Aussi bien le déploiement proposé par le Duc que l'objectif limité de Soubise semble susceptible de réussir et permettre la prise de la position qui menace de couper les forces de Frédéric des villes sur la Saale. Les Alliés s'inquiètent du risque en cas d'intervention des Prussiens sur leur flanc. Une hâtive modification de leur plan initial mène les Alliés au désastre.
Frédéric passe la matinée à observer l'ennemi depuis le toit d'une maison de Rossbach. Leurs premiers mouvements le convainquent que les Alliés déplacent leurs vivres du sud vers le nord et à midi il part déjeuner laissant le capitaine von Gaudi au poste d'observation. L'officier a une tout autre interprétation des intentions des Alliés parce que les colonnes, que l'on peut observer de temps à autre au travers des ondulations du terrain, semblent tourner vers l'est en direction de Zeuchfeld. Le roi s'aperçoit à son tour que la cavalerie et l'infanterie ennemies se sont rapprochées de Pettstädt, il comprend les intentions réelles de ses ennemis. Les Alliés lui offrent désormais l'occasion de la bataille pour laquelle il avait manœuvré en vain et il la saisit sans hésitation.
L'armée prussienne quitte ses quartiers et se déplace en laissant un petit contingent de troupes pour s’opposer à l'avant-garde française, le flanc protégé par la colline Schortau. Une demi-heure plus tard, le roi donne l'ordre d'attaquer l'ennemi. Les Alliés en marche se partagent en deux grandes colonnes principales, la première ligne sur la gauche, la deuxième ligne sur la droite ; plus loin sur la droite une colonne de réserve s'avance et entre la première et deuxième colonne se trouve l'artillerie. L'aile droite de cavalerie est en tête alors que l'aile gauche de cavalerie se trouve à la queue des deux colonnes principales. Au début, ils observent les consignes de distances, mais après Zeuchfeld, une certaine confusion s'installe. Une partie de l'infanterie appartenant à la réserve s'insère entre les deux colonnes principales entravant les mouvements de l'artillerie.
Une petite troupe est lancée vers Rossbach. D'après ce que l'on peut supposer, lorsque les Alliés constatent que les Prussiens se déplacent vers l'est, ils pensent que ces derniers sont sur le point de se retirer pour éviter d'être attaqués sur le flanc et sur l'arrière. Les généraux Alliés ordonnent donc d'accélérer la marche, envoyant la première ligne et la cavalerie de l'aile droite vers Reichardtswerben. Ils font appel à une partie de la cavalerie de l'aile gauche afin de participer à l'opération. Cela se révèle une erreur fatale.
Soubise et le duc ne comprennent pas que la manœuvre de Frédéric a pour but une attaque avant qu'ils prennent position. Ils ont pris plus de trois heures pour démonter leur campement et il leur paraît impossible que les troupes de Frédéric aient pu en faire autant en six fois moins de temps. De plus, il est évident que les Prussiens ne se déploient pas en ordre de bataille face à Rossbach et Nahlendorf.
Frédéric n'a pas l'intention de se placer parallèlement à l'ennemi ni de se retirer. Comme son armée peut se déplacer deux fois plus rapidement que ses adversaires, il a l'intention de faire un détour, caché par les collines de Janus et Pölzen, et fondre sur eux par surprise par l'est. Si lors de l'affrontement les Alliés avaient déjà formé leur ligne de bataille, face au nord, l'attaque les aurait atteints sur leur flanc, et s'ils avaient été encore en ordre de marche vers l'est ou le nord-est, les têtes des colonnes auraient été écrasées avant que le reste des troupes ait pu se déployer dans la nouvelle direction. À cette fin le général von Seydlitz, avec tous les escadrons disponibles, se hâte à l'est de Rossbach, derrière la colline de Janus vers celle de Pölzen, le colonel von Moller, avec dix-huit canons lourds, entre en action sur la colline de Janus à 3h15 contre les colonnes de la cavalerie alliée qui avancent vers lui, et l'infanterie prussienne suit aussi rapidement que possible.