Ce Jour-là

Bataille de Pont-Charrault

Bataille de la guerre de Vendée

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La bataille de Pont-Charrault, aussi appelée bataille du pont de Gravereau ou bataille de la Guérinière, a lieu le 19 mars 1793, au début de la guerre de Vendée. Elle oppose les insurgés vendéens menés par Charles de Royrand à une colonne républicaine commandée par le général Louis de Marcé.

Retenu par l'historiographie sous le nom de « bataille de Pont-Charrault » à cause d'imprécisions dans les comptes rendus républicains initiaux, le combat se déroule en réalité dans le vallon de la Guérinière, près des ponts de Gravereau et de Basse-Rivière, entre les communes de L'Oie et de Saint-Vincent-Sterlanges.

Venues de Rochefort et La Rochelle pour réprimer l'insurrection, les troupes républicaines sont ralenties à cet endroit par la destruction des deux ponts et se laissent surprendre à la tombée de la nuit par l'attaque des insurgés. Après trois heures de combats, les patriotes cèdent à la panique et refluent en désordre sur La Rochelle en laissant plusieurs centaines d'hommes sur le terrain.

Lors de cette journée, les paysans insurgés contre la levée en masse infligent aux républicains leur plus lourde défaite depuis le début de la révolte. La nouvelle porte jusqu'à Paris et provoque la stupéfaction des députés de la Convention nationale, qui pensent être confrontés à un vaste complot. Accusé de trahison, le général Marcé est condamné à mort par le tribunal révolutionnaire et guillotiné à Paris.

Le retentissement est tel qu'après cette bataille, livrée en plein cœur du département de la Vendée, l'insurrection dans l'Ouest prend la dénomination de « guerre de la Vendée » et les révoltés des différents départements insurgés commencent à être désignés génériquement par le nom de « Vendéens ».

Au début du mois de mars 1793, l'application de la levée en masse provoque l'insurrection d'une douzaine de départements dans l'ouest de la France. Dans l'est du département de la Vendée, la révolte commence par la prise de Tiffauges et le désarmement de sa garde nationale le 12 mars. Le 13, les insurgés s'emparent des Herbiers et de Montaigu, où environ 50 à 60 gardes nationaux et administrateurs patriotes sont massacrés. Le même jour, la garde nationale de Fontenay-le-Comte est mise en déroute au carrefour des Quatre-chemins, à L'Oie, au sud de Saint-Fulgent et se replie sur Sainte-Hermine en laissant entre 25 et 30 tués. Rapidement, les paysans prennent pour chefs des nobles, en raison de leur expérience militaire, comme Charles de Royrand, Louis Sapinaud de La Verrie et Charles Sapinaud de La Rairie. La plupart montrent cependant peu d'enthousiasme pour une insurrection qu'ils pensent vouée à l'échec et sont entraînés de force.

À La Rochelle, au sud du territoire insurgé, la 12e division militaire est sous le commandement du général de division Marc-Antoine Malleret de Verteuil, qui est secondé par les colonels Henri de Boulard et Esprit Baudry d'Asson. Le 12 mars, en réponse à un appel à l'aide lancé par les districts des Sables-d'Olonne et de Challans, Verteuil annonce l'envoi de renforts. Le 13 mars, le général de division Louis de Marcé arrive à La Rochelle avec 900 hommes rassemblés à Rochefort. Dans un premier temps, Verteuil semble avoir eu le projet de secourir les Sables, mais dans la nuit du 13 au 14 mars, il reçoit un courrier de Sainte-Hermine avertissant que la route de Nantes est barrée par les rebelles, estimés à près de 10 000, et que les ponts au nord de Chantonnay ont été coupés. L'objectif initial est alors modifié, à la demande ou avec l'accord du représentant en mission Joseph Niou. Le 14 mars, le général Marcé sort de La Rochelle avec une colonne de 1 100 à 1 200 hommes et quatre canons, et s'engage sur la route de Nantes.

Le 15 mars, les insurgés prennent Chantonnay après un combat contre les gardes nationaux de Fontenay. Le 16, Marcé arrive à Sainte-Hermine. Le 17, il reprend le bourg de Chantonnay avec une avant-garde de 500 hommes. Les Vendéens se replient alors sur L'Oie, en laissant derrière eux 40 morts et trois canons. Marcé reçoit des renforts le même jour et annonce son intention de poursuivre sa marche jusqu'à Nantes.

Le 18 mars, la commission civile de Sainte-Hermine réquisitionne des chevaux et des chariots pour approvisionner la colonne en nourriture.

Lorsque la colonne de Marcé quitte La Rochelle le 14 mars, elle ne compte qu'un peu plus d'un millier de combattants : soit 400 hommes tirés des 2e, 3e et 4e bataillons de volontaires de la Charente-Inférieure, 500 hommes de la garde nationale de Rochefort-sur-Mer dont 100 cavaliers, 150 hommes de la garde nationale de La Rochelle, 140 hommes du 4e régiment d'infanterie de marine, 50 hommes du 60e régiment d'infanterie, un peloton de la gendarmerie et quelques canonniers avec quatre pièces de campagne. La colonne est cependant renforcée en cours de route par plusieurs centaines de gardes nationaux, venus notamment de Surgères, Chaillé-les-Marais, Luçon, Marans, et peut-être de Niort et Saintes, avec quatre canons. La plupart des combattants sont sans expérience du combat et certains manquent de munitions. Au total, Marcé déclare disposer de 2 000 hommes lorsqu'il entre dans le territoire insurgé. Verteuil, dans son rapport du 21 mars au ministre de la guerre, évoque 2 400 hommes avec neuf canons. Deschamps, commissaire du département des Deux-Sèvres, annonce 3 500 hommes le 18 mars. Les représentants en mission Niou et Trullard font quant à eux état de 2 300 hommes avec huit canons dans leur rapport à la Convention nationale. Ce dernier nombre est retenu par les historiens Jean-Clément Martin, Alain Gérard, Roger Dupuy et Claudy Valin.

Les insurgés de l'est du département de la Vendée sont les premiers à adopter une organisation militaire. Dès le mois de mars, ils forment un rassemblement qui prend le nom d'« Armée catholique » ou d'« Armée Catholique-Royale ». Charles de Royrand est désigné comme général en chef. Parmi les autres commandants figurent Louis Sapinaud de La Verrie, Charles Sapinaud de La Rairie, Jean-Félix Clabat du Chillou, les frères Auguste et Amédée de Béjarry, Gabriel Baudry d'Asson, Aimé de Vaugirard, Jacques-Alexis de Verteuil et Mathieu de Verteuil.

Entre le 16 et le 19 mars, 5 000 à 6 000 insurgés se rassemblent au camp de L'Oie, armés de fusils, de piques et de faux. À cette occasion, les bandes de la région de La Roche-sur-Yon, menées par William Bulkeley, Céleste Bulkeley et Charles-François de Chouppes, viennent se joindre à l'armée de Royrand.

Bien que généralement désigné sous le nom de « bataille de Pont-Charrault » à cause d'imprécisions dans les comptes rendus républicains initiaux, le combat se déroule au nord de Saint-Vincent-Sterlanges, dans le vallon de la Guérinière, entre le pont Gravereau sur le Petit Lay, au sud, et le pont de la Basse-Rivière sur le Vendronneau, au nord.

Le 19 mars, les républicains commencent à se mettre en mouvement mais ils trouvent le pont Gravereau coupé et infranchissable. À 7 h, les 200 hommes de l'avant-garde cantonnée à Saint-Vincent-Sterlanges, sous les ordres de l'adjudant-général Frésat, commencent les travaux pour rétablir le passage. À 12 h 30, Marcé sort de Chantonnay avec le gros de sa colonne. Les représentants en mission Niou et Trullard l'accompagnent. Les conditions climatiques sont difficiles : le temps est froid, pluvieux, et venteux. Après avoir dépassé Saint-Vincent-Sterlanges, Marcé rejoint son avant-garde vers 14 h. Mais une fois le pont Gravereau franchi, les républicains trouvent le pont de la Basse-Rivière coupé à son tour. Le temps d'effectuer les travaux nécessaires, les soldats patientent en file dans le vallon de la Guérinière.

Vers 15 ou 16 h, alors que les réparations sur le second pont sont presque achevées, une troupe est signalée au nord, du côté de Saint-Fulgent. Les républicains hésitent. Certains pensent à une attaque ennemie, mais d'autres croient reconnaître le chant de La Marseillaise et pensent que des renforts patriotes arrivent de Nantes. Sur l'ordre des représentants, une trompette et un ou deux aides de camp sont envoyés en reconnaissance. Deux heures se passent encore dans l'inaction. Marcé entreprend même de faire bivouaquer ses troupes. Les émissaires reviennent ensuite pour lancer l'alerte, mais trop tard, les Vendéens sont sur leurs talons et lancent l'attaque. Les paroles chantées étaient celles de La Marseillaise des Blancs.

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