Ce Jour-là

Bataille de Normandie

Bataille de la Seconde Guerre mondiale

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La bataille de Normandie, opération Overlord selon son nom de code en anglais (« suzerain » en français), est l'une des grandes batailles de la Seconde Guerre mondiale sur le théâtre militaire européen. Elle se déroule entre juin et août 1944 en Normandie, et permet aux Alliés d’ouvrir un nouveau front en Europe de l'Ouest, face aux troupes du Troisième Reich. Elle débute mardi 6 juin 1944 — appelé Jour J — par le parachutage des premiers combattants à l'intérieur des terres, puis le débarquement (codé opération Neptune) d'importantes forces d'infanterie sur les plages de l'ouest du Calvados et de l'est du Cotentin. Elle s'achève le 25 août 1944 avec la Libération de Paris et l’atteinte de la Seine par les trois armées alliées (respectivement américaine, britannique et canadienne). Son effet est renforcé par l’opération Bagration lancée le 22 juin par Staline sur le front de l'Est, et par le débarquement de Provence le 15 août.

Cette bataille a pu être engagée et gagnée grâce à ce qui reste encore aujourd'hui la plus grande opération logistique de débarquement militaire, trois millions de soldats, principalement américains, britanniques, canadiens, australiens, néo-zélandais, mais aussi d'autres forces alliées (Forces françaises libres, Armée polonaise de l'Ouest, belges, tchécoslovaques, néerlandaises et norvégiennes) traversant la Manche depuis la Grande-Bretagne pour débarquer en Normandie, dont plus de 150 000 pour le seul jour J. Outre cet effectif colossal qui garantit la supériorité numérique des Alliés, ceux-ci disposent d'un matériel terrestre et aérien considérable, la proximité des bases aériennes britanniques puis la création d'aérodromes en France ainsi que de ports provisoires leur donnant à la fois la maîtrise totale du ciel et des ressources sans cesse croissantes en hommes, en véhicules, en munitions et en équipements.

L'objectif des Alliés, dans cette opération, est de créer un autre front, en Europe de l'Ouest (opération Overlord), par la mise en place d'une deuxième tête de pont qui puisse ouvrir un accès assez rapide vers le cœur de l'Allemagne. La trop lente progression de la campagne d'Italie ne permet pas, en effet, d'espérer une issue rapide de la guerre.

Le plan d'exécution en Normandie s'articule en deux phases :

S'emparer d'une tête de pont afin de prendre le nœud routier de Caen et le port de Cherbourg (opération Neptune) ;

Élargir la zone par la libération de la Bretagne et des ports de la façade Atlantique française d'une part, avancer jusqu’à une ligne Le Havre-Le Mans-Tours, d'autre part.

Cette ligne est l'objectif planifié à quarante jours. L'objectif optimiste à trois mois (soit début septembre) est une zone s'étendant jusqu’à la Loire au sud et à la Seine au nord-est. Si le débarquement le jour J (D-Day en anglais) est partiellement réussi, les suites de l'opération se révèlent beaucoup plus difficiles et plus longues que prévu avec des combats acharnés en Normandie, connus sous le nom de bataille de Normandie.

Le 10 mai 1940, l'Allemagne envahit l'Europe de l'Ouest dont la France qui demande l'aide des États-Unis, mais ces derniers refusent.

L'année suivante, en juin 1941, les Allemands envahissent l'Union soviétique qui demande également l'aide des Américains : Staline réclame l'ouverture d'un second front en Europe de l'Ouest pour soulager l'Armée rouge. À son tour, il se heurte à un refus des Américains. Mais le 11 décembre 1941, soit quatre jours après l'attaque de Pearl Harbor, l'Allemagne déclare la guerre aux États-Unis, et par conséquent la première conférence de Washington (décembre 1941 – janvier 1942) décide d'ouvrir un deuxième front (en Afrique du Nord) prévu pour 1942 et de baser des bombardiers américains en Grande-Bretagne, pour engager les opérations militaires contre l'Allemagne.

Le 26 mai 1942, Molotov, ministre des Affaires étrangères de Staline, signe à Londres un traité anglo-soviétique avec le gouvernement britannique qui promet d'ouvrir un second front contre l'Allemagne. Ensuite Molotov ratifie à Washington un prêt-bail avec les États-Unis qui promettent un débarquement sur les côtes françaises au cours de l'année 1942.

Les Américains veulent lancer une offensive sur les côtes françaises alors que le choix de Churchill se porte sur les Balkans, mais il accepte une opération de portée limitée.

La deuxième Conférence de Washington (20 – 25 juin 1942) confirme le débarquement en Afrique du Nord prévu pour l'automne 1942 et le débarquement de Dieppe prévu initialement pour le 8 juillet 1942. Le débarquement de Dieppe est annulé puis lancé le 19 août 1942.

Le 14 janvier 1943, pendant la libération de la Tunisie, la planification de la libération du continent européen est rediscutée lors d'une rencontre à Casablanca entre Roosevelt et Churchill. Les Américains souhaiteraient lancer un débarquement par la voie la plus courte, sur les côtes de la Manche, au nord-ouest de l'Europe, pour atteindre plus vite le cœur industriel de l'Europe, mais Churchill, voulant ouvrir une route maritime avec l'URSS, souhaite lancer un débarquement au sud de l'Europe, en Grèce. Les États-Unis choisissent la péninsule italienne, le « ventre mou de l'Axe ».

La décision d'envahir la Manche fut prise en mai 1943 lors de la Conférence Trident, qui eut lieu à Washington D.C. Churchill préféra que la poussée alliée soit concentrée depuis la Méditerranée, mais la proposition fut rejetée par les Américains, qui fournissaient l'essentiel des troupes et du matériel. Le lieutenant-général britannique Frederick E. Morgan a été nommé chef d'état-major, commandant suprême des forces alliées (COSSAC), pour élaborer un plan détaillé. Les efforts initiaux ont été limités par le petit nombre de péniches de débarquement disponibles, dont la plupart étaient utilisées sur les théâtres de guerre de la Méditerranée et du Pacifique.

Les Britanniques et Américains lancent en juillet 1943 l'opération Husky (invasion de la Sicile), qui permet le 17 août de prendre l'île et d'avoir une première tête de pont alliée en Europe de l'Ouest. Cette offensive est rapidement suivie en septembre par l'opération Vésuve qui permet aux Alliés de libérer la Corse et de disposer de bases aériennes proches du nord de l'Italie et du sud de la France.

À la conférence de Québec (17 – 24 août 1943), les Américains refusent la proposition de Churchill de prendre l'île de Rhodes, mais ils acceptent un débarquement en Italie avec un effectif diminué, et à condition que leurs alliés s'occupent en priorité d'un débarquement en Normandie depuis l'Angleterre pour 1944.

La campagne d'Italie est difficile et les Alliés ne progressent que très lentement, ce qui rend nécessaire un débarquement dans le Nord-Ouest de l'Europe, le plus tôt possible. La conférence de Téhéran (28 novembre – 1er décembre 1943) confirme le choix de porter l'essentiel de l'effort sur un débarquement en France en mai 1944 et d'entreprendre seulement des actions modestes en Italie.

Reste aux Alliés à en choisir l'emplacement. Les chasseurs britanniques tels que le Spitfire et le Typhoon avaient une faible autonomie de vol, limitant considérablement les sites d'atterrissage potentiels, car l'appui aérien efficace dépendait de la durée pendant laquelle les avions pouvaient rester dans les airs, survolant les sites de combat. Morgan a envisagé quatre sites en France pour le débarquement : la Bretagne, la presqu'île du Cotentin, la Normandie et le Pas de Calais. La Bretagne et le Cotentin étant des péninsules, il aurait été relativement facile pour les Allemands d’entraver l’avancée alliée sur leurs isthmes étroits, aussi les deux furent-ils écartés. Le profil des côtes, les contraintes logistiques et le rayon opérationnel des avions de chasse, nécessaires pour la couverture aérienne et le soutien des troupes au sol, réduisent les possibilités de débarquement à deux choix : le Pas-de-Calais et l'Ouest de la Normandie.

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