Ce Jour-là

Bataille de Montlhéry

La bataille de Montlhéry (au nord de cette ville et de Longpont) a lieu le 16 juillet 1465, entre Louis XI, roi de Franc

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La bataille de Montlhéry (au nord de cette ville et de Longpont) a lieu le 16 juillet 1465, entre Louis XI, roi de France et Charles, comte de Charolais, fils du duc de Bourgogne et membre de la ligue du Bien public.

Succès tactique bourguignon, mais qui ne décida pas du sort de la guerre.

L’agitation des grands féodaux

Roi depuis quatre ans, Louis XI a fait jouer une clause du traité d'Arras (1435) et racheté pour 400.000 écus d'or les villes de la Somme au duc de Bourgogne Philippe le Bon, à la grande colère du fils de celui-ci. Ce faisant, Louis XI inversait son alliance avec le duc de Bourgogne chez qui il s'était précédemment réfugié durant les cinq dernières années du règne de Charles VII. Cette colère du comte de Charolais (futur Charles le Téméraire) occasionnée par la perte des villes de la Somme qu'il considérait comme une pièce stratégique de l'État bourguignon est à l'origine de la formation de la ligue du Bien public.

Si la Bourgogne veut au minimum récupérer les places fortes picardes perdues, les autres grands féodaux espèrent, sinon des gains territoriaux, du moins une augmentation de leur indépendance vis-à-vis de la couronne. Outre Philippe le Bon, dont l’armée est commandée par son fils le comte de Charolais, la ligue compte le duc François II de Bretagne, le duc Jean II de Bourbon, le duc de Berry Charles de France (le jeune frère du roi), le duc de Lorraine Jean de Calabre… Le but des ligueurs n’est pas de gagner une guerre, mais de rassembler une armée suffisamment puissante pour impressionner le roi, et obtenir des concessions. Quant au roi, il ne cherche pas non plus, au départ, une bataille, qu'il juge trop risquée : il veut se déplacer avec une armée imposante, afin lui aussi d'impressionner séparément ses adversaires, et qu'ils renoncent à leurs projets.

Campagne précédant la bataille

Louis XI bénéficie du soutien de Gaston de Foix, des grandes villes et de provinces entières comme le Languedoc, la Normandie, la Champagne et le Dauphiné. Il rassemble très rapidement son armée, renforce la frontière de Picardie (voisine des possessions bourguignonnes) qu’il confie à Joachim Rouault, et envoie son oncle le comte du Maine avec douze mille hommes contre le duc de Bretagne. Il prend le reste de l’armée et, dès avril 1465, marche contre le Bourbonnais. Il prend Moulins et signe la paix avec le duc de Bourbon, le comte d’Armagnac et le seigneur d’Albret.

Les Bourguignons n’entrent en campagne que le 29 mai, en Champagne. En juin, ils traversent le Vermandois et arrivent à Saint-Denis le 5 juillet, où le rendez-vous avait été fixé avec les autres conjurés. Mais, restant seuls au rendez-vous, les Bourguignons passent à l’offensive le 8 juillet et attaquent Paris qui résiste courageusement.

Ce n'est qu'à partir du 20 juin que l’armée bretonne remonte la Loire et elle le fait sans que les 12 000 hommes du comte du Maine ne s’opposent à sa marche. Le 13 juillet, elle est à 50 km de Beaugency où elle est en mesure d’attaquer le roi par le flanc et de rejoindre les troupes bourguignonnes, pour former un ensemble de près de 35 000 hommes.

Apprenant l’assaut sur Paris et l’entrée en campagne du duc de Bretagne simultanément, Louis XI comprend qu’il risque de perdre Paris ou d’être pris en étau, et accélère sa marche vers le nord, laissant son infanterie et son artillerie en route. Le 12 juillet, le comte de Charolais contourne Paris en prenant le pont de Saint-Cloud.

Le 13 juillet, les deux armées royales (l’une à Chartres commandée par le comte du Maine, l’autre à Orléans dirigée par Louis XI) convergent vers Châteaudun, Louis XI ayant décidé d’attaquer le duc de Bretagne, dont l’armée est plus faible.

Pour éviter l’anéantissement des Bretons, le comte de Charolais avance sur Arpajon, tandis que les ducs de Bretagne et de Berry remontent vers le nord. Comprenant que l’armée bretonne risque de rejoindre les Bourguignons, Louis XI fait demi-tour et suit une route parallèle à celle des Bretons, mais plus rapide (le long de la Loire et route d’Orléans à Paris), tout en demandant au comte du Maine de le rejoindre à Étampes.

Le 15 juillet, Charles de Charolais continue d’avancer prudemment vers le sud, en ordonnant à ses lieutenants d’éviter le combat. Dans la nuit du 14 au 15, le comte du Maine rejoint Louis XI à Étampes (25 km de Montlhéry), et la journée du 15 est consacrée aux préparatifs de la bataille. Louis XI suit 9 messes en chemise, genoux en terre ; il demande aussi au maréchal Rouault, à Paris (à moins de 24 km de Montlhéry), de faire une sortie le lendemain, sur les arrières des Bourguignons, préparant une véritable bataille d’anéantissement.

(Pour les effectifs des deux armées durant la campagne et au moment de la bataille, voir Michel Rimboud.)

À l’aube du 14 juillet après une marche forcée qui laisse en arrière son infanterie et l’essentiel de son artillerie, Louis XI et ses hommes atteignent Étampes. Le roi y dépose dans le château fort ses joyaux et trésors, il dispose alors en réunissant sa cavalerie à l’armée du comte du Maine d’environ 15 000 soldats professionnels et expérimentés (lances d’ordonnance), essentiellement de la cavalerie.

L’armée du comte de Charolais compte 20 000 hommes, dont 14 000 combattants environ. Il dispose en outre de nombreux chariots solides, qui peuvent s’avérer utiles lors de la bataille comme points d’appui, et d’une artillerie nombreuse.

Les Français sont déterminés à la bataille, au contraire des Bourguignons. Le comte de Saint-Pol, commandant l’avant-garde bourguignonne, a ordre de reculer si l’armée royale se présente. Mais, lorsque cela se produit, il refuse d’obéir aux courriers du comte de Charolais, estimant que cela irait à l’encontre de son honneur. Le comte de Charolais se retrouve dans l’obligation de faire avancer le reste de l’armée pour le soutenir.

L’artillerie de Saint-Pol (35 pièces) est placée en première ligne, avec immédiatement derrière elle les archers (dont 500 archers anglais), chacun disposant d’un pieu acéré planté devant lui, le protégeant d’une charge de cavalerie. Les hommes d’armes, qui décident de combattre à pied et laissent leurs chevaux avec les chariots, disposés en cercle à l’arrière de l’armée, sont placés cinq mètres derrière eux ; entre le charroi et les hommes d’armes, cranequiniers (arbalétriers à cheval) et coutiliers (à pied). Les chariots sont gardés par le personnel non-combattant, et les pages.

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