Ce Jour-là

Bataille de Mata Asnillos

La bataille de Mata Asnillos (où Matasnillos), également appelé sac de Panama, oppose, le 28 janvier 1671, les flibustie

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La bataille de Mata Asnillos (où Matasnillos), également appelé sac de Panama, oppose, le 28 janvier 1671, les flibustiers commandés par Henry Morgan aux troupes espagnoles de la ville de Panama.

En 1670, Henry Morgan fait avertir les Aventuriers, tant Français qu'Anglais de la Jamaïque, de la Tortue et de Saint-Domingue, qu'il formait une armée considérable afin d'attaquer une place importante, assurant que s'il remportait la victoire, chacun aurait assez de bien pour se retirer, et que pour lui, il se flattait que ce serait son dernier voyage et donna rendez-vous à sa bande au cap Tiburon à Haïti.

Morgan, qui montait le navire Malouin nommé le Cerf-volant, qui avait été confisqué par le Gouverneur de la Jamaïque, fut bientôt suivi de vaisseaux venus de la Nouvelle-Angleterre, qui avaient armé à la Jamaïque, dans le dessein de le rejoindre.

Après avoir séjourné quelque temps au Cap Tiburon, Morgan se voit chef d'une flotte de trente-sept vaisseaux, tant petits que grands. Le sien était le plus considérable, sur lequel il avait mis vingt-quatre pièces de canon et huit barces de fonte. Les autres navires étaient montés de 16, 14, 12, 10 ou enfin quatre pièces de canon au moins.

Après avoir fait la revue, il se trouva deux mille deux cent hommes tous armés avantageusement, et résolus à bien se battre pour avoir un riche butin. Morgan tint ensuite conseil avec tous les capitaines et les autres principaux officiers, pour décider de la place serait attaquée. Il en proposa trois : Panama, Carthagène et Veracruz, dans le Golfe de la Nouvelle-Espagne.

On jugea que Panama était celle dont la prise serait la plus avantageuse, parce qu'elle était la plus riche des trois.En effet, tous les ans, les galions du Roi d'Espagne chargé d'argent arrivaient des mines du Pérou à Panama d'où il était apporté par terre de cette ville à celle de Portobello, sur des mulets, afin d'y être chargé pour l'Espagne.Toutes les marchandises qui allaient au Pérou, étaient aussi déchargées à Portobello et portées par la même commodité des mulets à Panama, d'où elles étaient chargées sur des galions de la mer du Sud, et rapportées au Pérou, au Chili ou en d’autres lieux sous la domination du Roi d'Espagne.

Il fut conclu de prendre l'île Sainte-Catherine, pour avoir des guides qui conduiraient l'armée à cette ville, parce que cette île qui tenait lieu dans les Indes pour le Roi d'Espagne, permettait d'y trouver des bandits relégués, qui seraient bien aises de servir de guides, et de sortir ainsi de l'esclavage.

La résolution ainsi prise, une Chasse-Partie est mise en place.

Après quoi Henri Morgan se fit reconnaître de tous comme Amiral et Général. Il fit également prêter le serment de fidélité, et divisa sa flotte en deux escadres sous deux différents pavillons; l'une sous le pavillon Royal d'Angleterre, qu'il portait au grand mât et l'autre sous le pavillon blanc.

Morgan ayant mis sa flotte en bon ordre, part le 16 décembre 1670 et prend la route de l'île Sainte Catherine où il arrive le 20 décembre suivant. Morgan fit mettre mille hommes à terre, et marcha lui-même à leur tête au travers des bois, n'ayant pour guide que ceux qui s’étaient trouvés à la prise de cette île, lorsque Edward Mansvelt s'en rendit le maître en mai 1666.

L'île prise, Morgan commande à quatre vaisseaux et une barque, avec quatre cents hommes, d'aller prendre le fort de Saint-Laurent de Chagre. Morgan y envoie ce petit nombre de gens, afin que les Espagnols ne se découvrent pas du but réel qu'il avait, afin qu'ils ne songeassent point à se fortifier et qu'ils croient que ces quatre vaisseaux, voulaient prendre ce fort seulement pour le piller.

Commandés par le capitaine Bradelet où Bradley (en), les 4 vaisseaux arrivèrent, le 14 décembre 1670, en vue du fort San Lorenzo 4 jours après leur départ de l'île Sainte-Catherine. Ce fort situé à l'embouchure du río Chagres est bâti sur une montagne haute et large, avec tout autour un escarpement de roches, et accessible seulement du côté de la terre. On y entre par le moyen d'un pont-levis, il y a des casemates qui empêchent l'accès du fossé et des palissades. Il y a en haut plusieurs batteries de canon qui donnent de tous côtés, accompagnées de plusieurs corps de garde. Sur le bord de l'eau, on trouve deux autres batteries couvertes et flanquées à fleur d'eau. Sur le bord de la mer, il y a une tour sur laquelle huit pièces de canon défendent l'entrée de la rivière.

Les Espagnols ayant aperçu les vaisseaux, dressèrent le pavillon Royal, et canonnèrent d'une terrible manière. Les Aventuriers allèrent mouiller à un quart de lieue de cette rivière, au port de Naranjas, où ils demeurèrent jusqu'au lendemain matin. Le 15 décembre, après avoir attaqué sans succès le fort, les pirates tirèrent sur le fort avec des flèches enflammées, mettant ainsi le feu à plusieurs maisons et leur permettant de faire une brèche pour entrer dans le fort et ils finirent par se rendre maitres du fort grâce aux incendies. Sur les 300 défenseurs, 14 furent faits prisonniers et les pirates eurent 110 morts et 80 blessés.

Quatre jours après, la flotte de Morgan arrive au fort San Lorenzo.

Le dimanche 18 janvier 1671, après avoir laissé 500 hommes dans le fort et 150 hommes sur les vaisseaux, 1 846 pirates répartis sur 35 navires commandés par Henri Morgan partent de Castillo de San Lorenzo, sur la côte Caraïbe, en naviguant sur le río Chagres en direction de la ville de Panama. Parmi ces boucaniers se trouvaient 520 Français et 8 navires français. Avec la peur de tomber dans une embuscade, la troupe progresse d'environ 6 lieues espagnoles (soit 25 km) et arrive en fin de journée dans un lieu nommé « Rio de dos Braços ». Les Espagnols avaient tout ruiné, et arraché jusqu'aux racines, et même coupé les fruits qui n'étaient pas encore mûrs, sans laisser aucun bestiau, si bien que les Aventuriers ne trouvèrent que les maisons vides.

Le lundi 19 janvier 1671, les pirates arrivèrent à un lieu nommé la « Crux (Cruz) de Iuan Galliego ». En cet endroit ils furent obligés de laisser leurs frégates légères, tant parce que le rio Chagres, faute de pluie, était bas, et qu'à cause des arbres qui étaient tombés dedans l'embarrassaient. La troupe continua alors à cheminer une partie le long du rio l'autre partie dans des canots. Ils sont aperçus par des guetteurs espagnols.

Le mardi 20 janvier 1671, Morgan envoya un guide avec quelques aventuriers, afin de découvrir le chemin. Mais lorsqu’ils entrèrent dans le bois, ils ne trouvèrent aucune route, ni même aucun moyen d'en faire, parce que le pays était inondé et très marécageux. Ils se créèrent toutefois un passage jusqu'à un lieu nommé « Cedro Bueno ». Affamés depuis 3 jours les Aventuriers souhaitaient ardemment rencontrer les Espagnols, car ils commençaient à devenir faibles, n'ayant point mangé depuis leur départ, faute de rien tirer, ni même de gibier. Quelques-uns mangeaient des feuilles d'arbres, mais toutes n'étaient pas bonnes pour cela. Il faisait nuit avant que tout le monde fût passé, si bien qu'ils couchent sur le bord du rio avec beaucoup d'incommodités, car les nuits sont froides, et qu'ils étaient peu vêtus.Ils sont repérés par des vigiles espagnols.

Le mercredi 21 janvier 1671, qui était le quatrième jour de marche, les Aventuriers trouvèrent le moyen d'avancer, si bien qu'une partie allait par terre, et l'autre dans des canots par eau avec chacun un guide. Ces guides marchaient avec vingt ou trente hommes pour découvrir les embuscades espagnoles, sans faire beaucoup de bruit. Mais les espions espagnols étaient plus subtils que les pirates, et comme ils connaissaient très bien les chemins, ils avertissaient de ce qui se passait, une demi-journée avant que les aventuriers fussent arrivés. Vers midi les deux canots qui ramaient devant, rebroussèrent chemin et firent savoir qu'ils avaient découvert une embuscade. Après s'être préparés, les pirates commencèrent à faire des cris épouvantables, et à courir, mais ils demeurèrent plus morts que vifs, trouvant cette place abandonnée. Les Espagnols s'y étaient bien retranchés, mais sachant que les aventuriers étaient en grand nombre, comme les espions leur avaient indiqué, ils pensèrent que la place n'était pas tenable, et laissèrent leurs retranchements, qui pouvaient contenir quatre cents hommes. Ils étaient munis d'une forte palissade en forme de demi-lune, dont les pieux étaient de gros arbres entiers. Lorsqu’ils quittèrent la place, ils emportèrent les vivres, et brûlèrent ce qu'ils n'avoient pu emporter. Morgan voyant qu'il ne trouvait point de vivres, avança tant qu'il put. Ils marchèrent le reste de la journée et arrivèrent le soir à un lieu nommé « Torna Muni », où ils rencontrèrent encore une embuscade, mais abandonnée comme l'autre. Ces deux embuscades leur avaient donné une fausse joie, car ils n'aspiraient qu'à trouver de la nourriture.

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