La bataille de Marengo vit s'opposer le 25 prairial an VIII (14 juin 1800) l'armée française commandée par le général Bonaparte, alors Premier consul, à l'armée autrichienne dirigée par le feld-maréchal baron von Melas à Marengo, à proximité d'Alexandrie, dans le Piémont (aujourd'hui en Italie). Cette bataille de la campagne d'Italie marque un tournant majeur dans la guerre de la Deuxième Coalition qui avait commencé par une série de victoires des coalisés.
Les Autrichiens tentent de profiter de l'étirement des lignes françaises, occupées à poursuivre leurs adversaires après la bataille de Montebello, pour couper en deux l'armée française. Les troupes des généraux français Victor et Lannes doivent battre en retraite devant l'armée de von Melas qui les attaque par surprise. Mais elles sont soutenues en milieu de journée par les troupes que Bonaparte mène à leur secours. En fin de journée, l'arrivée du corps du général Desaix permet aux Français, en situation difficile, de faire basculer l'issue de la bataille en leur faveur, au point de transformer la retraite des Autrichiens en déroute. Desaix trouve la mort dans la bataille.
Après leur défaite, les Impériaux négocient avec Bonaparte la fin de la guerre en Italie, qui oblige les troupes impériales à se replier au-delà du Tessin.
Ce fait d'armes permet à Bonaparte de conforter sa position politique en tant que Premier consul. Cette victoire décisive sur le front italien lui permet de promouvoir son image de chef victorieux, faisant passer la bataille à la postérité, même si la guerre n'est pas encore terminée et si les combats se poursuivent en Allemagne.
Contraint à la guerre par l'arrivée d'une nouvelle armée autrichienne en Italie, Bonaparte imagine une nouvelle campagne d'Italie, beaucoup plus ambitieuse que la précédente. La situation militaire y est difficile, depuis qu'en février le général du Saint-Empire von Melas a coupé en deux l'armée française d'Italie : il a assiégé Gênes où sont retranchées les troupes de Masséna, et a repoussé Suchet au-delà du Var. Bonaparte élabore à partir de ces événements une vaste combinaison stratégique. Il constitue à Dijon une armée de réserve, officiellement commandée par le général Berthier, faisant croire que le gros de l'assaut est confié au général Moreau vers l'armée autrichienne du Danube qu'il doit refouler. En fait, l'objectif est de l'isoler du Tyrol pour empêcher l'acheminement de renforts en Italie ; dès lors, au lieu de pousser toutes ses troupes vers l'est, Moreau, une fois l'armée du Rhin engagée, doit détacher vers le sud, à travers le col du Saint-Gothard, 17 000 hommes du corps du général Lecourbe, pour y rejoindre en Italie les troupes de Bonaparte, venues de Dijon au même moment par le col du Grand-Saint-Bernard. Cette armée est prévue pour attaquer les arrières des troupes impériales, occupées au siège de Gênes d'un côté, et à l'assaut sur le Var de l'autre.
L'Autriche, peu inquiète des préparatifs de l'armée de réserve que l'on croit prévue en renfort pour Moreau, maintient son armée d'Allemagne sur la défensive, et concentre tout son effort sur l'Italie, rendant terrible le siège de Gênes où l'armée de Masséna est épuisée par les combats, la famine et les épidémies. Alors que la dureté du siège le presse à agir, Moreau est lent à lancer son opération vers le Tyrol, ce qui retarde Bonaparte dans son franchissement des Alpes par les cols du Petit et Grand-Saint-Bernard. Malgré ces difficultés, le 23 mai, enfin, le passage vers les plaines du Piémont est effectué dans de bonnes conditions, provoquant la surprise escomptée.
Le 2 juin, le général de division Murat, à la tête de l'avant-garde, entre à Milan ; les Autrichiens sont repoussés sur Turin. Mais la stratégie initiale s'effondre lorsque le 4 juin, Masséna capitule à Gênes. La prise en tenaille de von Melas entre lui et Masséna est désormais impossible, et un grand nombre de troupes impériales sont libérées pour de futures opérations contre les Français. Bonaparte doit modifier son plan. Il s'oriente donc plus au nord, fortifie Milan, s'assure toute la ligne du Pô jusqu'à son affleurement avec les Apennins au défilé de la Stradella, fermant ainsi la presque totalité des lignes de retraite des différentes troupes du baron von Melas vers l'Empire. Il pense alors l'accrocher dans une bataille décisive entre Alexandrie et Tortone.
Le 9 juin a lieu la bataille de Montebello, près de la Stradella. Le général Lannes, à la tête de l'avant-garde française, arrête une partie des Impériaux en retraite, menés par le général O'Reilly (en), qui sont rejoints par une armée venant de Gênes et commandée par le général Ott. Battue, l'armée autrichienne se replie, puis rejoint derrière la Bormida le général von Melas qui arrive à son tour à Alexandrie. Cette victoire rend Bonaparte excessivement confiant en ses capacités et en celles de ses hommes. Il est désormais convaincu que von Melas n'attaquera pas, et mieux encore, que les Impériaux envisagent déjà la retraite. Comme d'autres contingents français s'approchent par l'ouest et le sud, von Melas doit retirer la majorité des troupes qui se tenaient près de Nice, de Gênes et d'Alexandrie, et les replie sur la route entre Turin et Mantoue.
Les Autrichiens ont prévu de se frayer un chemin vers l'est, mais grâce à un agent double connu sous le nom de François Toli, ils essayent de tromper Bonaparte en lui faisant croire qu'ils se dirigent vers le nord, en direction de Milan, après avoir été rejoints par les forces en provenance de Gênes. L'espion conseille à Bonaparte de marcher vers Sale, au nord de la plaine, et d'attaquer les Impériaux sur leur flanc gauche. Entretemps, le gros de l'armée impériale traverse le village de Marengo et se dirige vers le nord, avant de tomber sur le flanc gauche de l'armée française. Ott arrive de Montebello le 12 juin, portant les effectifs impériaux à 30 000 hommes, soit 2 000 de plus que les Français de Bonaparte, qui arrive à Sale le 13 juin. La décision des Impériaux de marcher vers l'est est prise lors d'un conseil de guerre tenu le jour de l'arrivée de Bonaparte à Sale. Les généraux autrichiens les plus expérimentés approuvent vivement cette stratégie, l'alternative étant que l'armée impériale se repliât le long du Pô, abandonnant le Piémont sans combat. Néanmoins, en évacuant la plaine de San Giuliano (it) où la redoutable cavalerie de l'armée impériale peut déterminer l'issue de la bataille en sa faveur, von Melas commet une grave erreur.
Bonaparte sait qu'Ott est coincé à Alexandrie, mais il ignore la position de von Melas. Après avoir rencontré l'espion, et craignant de voir les Autrichiens s'échapper vers Gênes ou Mantoue, Bonaparte sépare ses forces dans un large périmètre. Il envoie Desaix avec le général Boudet (6 000 hommes) au sud, à Novi Ligure, et le général La Poype (3 500 hommes) au nord, sur l'autre rive du Pô. Plus au nord, de Verceil au lac Majeur, sont stationnées les divisions d'Antoine de Béthencourt et de Joseph Chabran, et au nord de Plaisance, est stationnée la division de Lorge. Le Premier consul envoie également Lannes vers San Giuliano. Il est convaincu d'avoir vu juste lorsque la division du général Victor, avec l'aide de la cavalerie de Murat, repousse le Feldmarschall-Leutnant Andreas O'Reilly von Ballinlough (en) du village de Marengo. Victor déploie ensuite les divisions des généraux Gardanne et Chambarlhac le long du Fontanone. Les Autrichiens envisagent de construire un pont plus au nord afin de prendre les positions françaises à revers, mais le manque de temps et de pontonniers a raison de cette stratégie, les forçant à traverser la rivière Bormida et à attaquer.
La bataille a lieu à l'est d'Alexandrie, dans une plaine traversée par une rivière, la Bormida, sur laquelle les Impériaux ont établi une tête de pont. Les trois principaux sites de la bataille forment un triangle, avec Marengo à l'ouest, Castelceriolo (it) au nord et San Giuliano Vecchio (it) à l'est. Un cours d'eau, le Fontanone, coule entre Marengo et la Bormida. Le Premier consul établit ses quartiers à Torre Garofoli (sh), encore plus à l'est.