Ce Jour-là

Bataille de Malplaquet

Bataille de la guerre de Succession d'Espagne

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La bataille de Malplaquet eut lieu le 11 septembre 1709 au cours de la guerre de Succession d'Espagne au sud de Mons dans les Pays-Bas espagnols (sur le territoire de l'actuelle commune de Taisnières-sur-Hon en France).

Les forces commandées par le général John Churchill, duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, essentiellement autrichiennes et néerlandaises, affrontèrent les Français commandés par le maréchal de Villars. L'armée de Marlborough conquiert le terrain, mais au prix de pertes deux fois plus importantes que celles de l'armée française, qui fit retraite en bon ordre, et avec toute son artillerie, préservant ainsi le Royaume de France d'une invasion.

La situation désespérée de la France sur le plan militaire et économique après les défaites et sept années de guerre, est accentuée par un déclin économique (départ forcé des industrieux huguenots) et un hiver rigoureux, durant lequel des centaines de milliers de Français périssent[réf. incomplète].

Le peuple désire la paix et une partie de la Cour soutient ce parti. Les termes préliminaires ont néanmoins été repoussés par Louis XIV, en raison des conditions inacceptables posées par les coalisés. Au mois de juin 1709, le vieux roi adresse un appel à son peuple, pour l’exhorter à un dernier effort, dans le but d'obtenir une paix honorable.

Le peuple se scandalise des termes proposés par les Alliés et soutient la dynastie. En province, les intendants rivalisent de zèle pour approvisionner l'armée. De nombreux jeunes gens s'engagent et refusent parfois les primes d’engagement. De riches bourgeoises financent l'équipement de soldats. Abattue après les défaites de Ramilies et d’Audenarde, l’armée des Flandres retrouve l’espoir et le moral grâce à son énergique commandant, le maréchal de Villars. Arrivé au milieu du mois de mars 1709, Villars s’attèle à améliorer le moral et le ravitaillement de ses hommes, tout en ordonnant la construction d'une série de lignes défensives, et de camps retranchés entre Douai et Saint-Venant.

Les coalisés cherchent à exploiter l’avantage obtenu l’année précédente grâce à la bataille d'Audenarde et la prise de Lille. De leur côté les Français tentent timidement de soutenir Mons assiégée, après la chute prématurée de Tournai à la fin du mois de juillet 1709.

Les forces des coalisés, 86 000 hommes et 100 canons surtout formés d'éléments autrichiens et néerlandais commandés conjointement par le duc de Marlborough et le prince Eugène de Savoie, s'opposent à l'armée franco-bavaroise des maréchaux Villars et Boufflers, forte de 75 000 hommes et de 80 canons. L'artillerie est commandée par Saint-Hilaire. Les deux armées se mettent en position face à face, à portée de canon. Le 11 septembre 1709 à 9 h du matin, Eugène de Savoie, avec l'appui du régiment prussien du comte von Finckenstein, amorce une offensive sur l’aile gauche française. Il y a massé 83 bataillons et n’en laisse que 30 face à l’aile droite française qui, elle, en compte 70. L’idée directrice de ce plan est de forcer Villars à engager ses réserves et ainsi à affaiblir son centre ; mais le maréchal français fait au contraire glisser sa première ligne, esquissant un demi-repli.

Sur l'autre aile (droite), les cuirassiers du prince Jean-Guillaume d’Orange chargent une heure plus tard, et au prix de lourdes pertes parviennent à fixer les régiments du duc de Boufflers.Grace au positionnement de 20 canons qui dominent un vallon oblique entre le bois de Tily (Thierry sur la carte ci-dessus) et celui de Lanières, les français parviennent à neutraliser 5000 de leurs assaillants (notamment chez la Blauwe Garde(nl) et la Scots Brigade(en)) en une demi heure, y compris Week, Spaar et Tullybardine (le frère de William Murray (en). Le general suisse Gabriel Von May est blessé, tout comme Hamilton. (Hans Rudolph Von May participait à la bataille du coté de la France),.Les réserves de Picardie et de Navrre repoussent le prince et son deputé Goslinga vers cette fosse d'enfer ou leurs hommes fatigués doivent traverser les cadavres de leurs camarades, sous le feu acharné des français, avant que Hesse Cassel arrive avec sa cavalerie. Ceci inspire Jean-Guillaume de saisir le standard de Gabriel, et de re-animér ses hommes pour piétiner une deuxième fois leur camarades mourants et morts, afin de planter leur standard, lui même, enfin sur le parapet de la ligne française. Une deuxième riposte française met le désordre encore chez les hollandais, mais cette fois-ci elle est stoppée par Hesse Cassel.

Marlborough et le prince Eugène redoublent leur attaque sur l'aile gauche des Français, cette fois avec l'appui du régiment du général Withers, contraignant Villars à dégarnir le centre pour les contrer: Il envoi la brigade irlandaise, le regiment de champagne et les Bavarois de Jean Martin La Colonie pour soutenir Albergotti dans le bois de Taisnières. (Ce bois correspond à celui du Sar sur la carte ci-dessus.) Vers 13 h, le maréchal de Villars, blessé au genou par une balle de mousquet, doit être évacué et confie l'intégralité du commandement au maréchal de Boufflers. Dans une ironie tragique la brigade irlandaise est obligé de se battre contre leurs compatriots du Royal Irish Regiment(en).Schulembourg décrit la scène depuis le bois:

Je peux bien décrire les circonstances de cette bataille que j'ai regardé de haut en bas et à mon aise.....Aussi tôt que le duc à entendu ces cannons, il est venu avec le prince Eugène me voir. Le prince m'a dit "Vraiment Lottum à fait un coup de partie" et j'ai répondu "Si c'est un coup de partie vous me devez quelque chose, car non pas seulement nous avons fait reculer la cavalerie avec nos canons, mais nous avons aussi pris la peine de faire fuire une bonne partie des retranchements de l'enemie qui traversent la plaine. Alors Monseigneur" j'ai dis au duc "les français ayant abondonné leurs tranchées , ne trainez pas à les occuper.... je vous prie ."

Lorsque l'infanterie britannique commandée par le comte Hamilton passe à l'attaque sur le centre français affaibli, elle emporte toute la ligne de redents, derrière laquelle se trouvent encore les escadrons de cavalerie de la Maison du roi, sous le commandement de Guillaume François Gibert de Lhène, capitaine des chevau-légers. Le maréchal de Boufflers prend lui-même le commandement du centre français. Par six fois, la cavalerie du prince de Hesse-Cassel passe cette ligne et relance son attaque, mais elle se fait repousser par la cavalerie française qui, à son tour, se trouve bloquée par les tirs de couverture des fusiliers britanniques, installés sur l'ancienne position française.Cependent, Boufflers s'acharne, son épais en main, contre les assauts, et il maintient la bataille depuis la bruyère de Malplaquet pendant plus d'une heure. Hamilton observe plus tard que "Je crois sincèrement que si nos fuseliers (our foot) n'était pas là ils aurait conduit notre cavalerie hors du champ."

Vers 15 h, les deux camps renoncent à relancer une nouvelle attaque, et Boufflers réalise qu'il lui faudra un bain de sang pour, peut-être, reprendre le terrain perdu : il préfère ordonner le repli.

Les coalisés ont essuyé de telles pertes au cours de leurs assauts successifs (plus de 21 000 hommes) qu'ils renoncent à poursuivre les Français en retraite.

Les alliés perdent 20 000 à 25 000 hommes, les Français environ 6 000 hommes dont le lieutenant-général Jean Noël de Barbezières. L'armée française se replie en bon ordre sur Bavay et Valenciennes et bloque toujours la route aux alliés qui renoncent à envahir la France. Ils prennent toutefois Mons, qui capitule le 20 octobre 1709, n'ayant pu être secourue par les Français.

Selon un témoin de l'alliance: Là ou était la garde hollandaise il y avait environ 1200 cadavres terriblement mutilées, pour la plupart sans vêtements, en lignes devant les retranchements françaises. Les corps de ceux devant semblent avoir été fauché, ayant tombé en avant contre les parapets ennemies. Derrière eux la fosse fut si épais de cadavres qu'aucun pouce de terre n'était visible. Ajoutons à cela les cries, gémissements et soupires des blessés graves, et on aura une idée de l'horreur de la nuit qui suivait la bataille de Malplaquet.

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