Ce Jour-là

Bataille de Koursk

Bataille de la Seconde Guerre mondiale

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La bataille de Koursk, également appelée bataille du saillant de Koursk, est une importante bataille du Front de l'Est de la Seconde Guerre mondiale, opposant les forces de l’Allemagne et de l’Union soviétique près de Koursk, dans le sud-ouest de la Russie pendant l’été 1943, et qui se solde par une victoire soviétique. La bataille de Koursk est l'une des plus importante de l’histoire militaire mondiale en termes de moyens humains et matériels engagés. Elle constitue, après la bataille de Stalingrad quelques mois plus tôt, l’un des tournants les plus souvent cités dans le théâtre européen de la guerre. Il s’agit de l’une des batailles les plus coûteuses sur les plans humains et matériels de la Seconde Guerre mondiale, de la plus grande bataille de chars de l'Histoire, tandis que le premier jour de combat, le 5 juillet 1943, représente la journée la plus coûteuse de l’histoire de la guerre aérienne en termes d’avions abattus.

Le but des Allemands dans cette offensive est d'affaiblir le potentiel offensif soviétique pour l’été 1943, en isolant et en encerclant les forces qu’ils s'attendent à trouver dans le saillant de Koursk. Hitler estime qu’une victoire dans ce secteur du front réaffirmerait la puissance allemande et renforcerait son prestige auprès de ses alliés, qu’il pense prêts à se retirer du conflit. Il est également prévu de capturer un grand nombre de prisonniers soviétiques pour les utiliser comme travail forcé dans l’industrie de l’armement allemande. Le gouvernement soviétique dispose toutefois de renseignements sur les plans allemands grâce au réseau Lucy. Prévenus plusieurs mois à l’avance que l’attaque viserait le « cou » du saillant, les Soviétiques préparent une défense en profondeur destinée à épuiser les troupes allemandes. Les Allemands retardent le déclenchement de l’offensive pour renforcer leurs forces et attendre de nouvelles armes, ce qui laisse à l'Armée rouge le temps de mettre en place sa série de ceintures défensives profondes et de constituer une importante réserve pour des contre-offensives.

La bataille débute avec le lancement par la Wehrmacht de l’opération Citadelle (allemand : Unternehmen Zitadelle), le 5 juillet 1943, dont l’objectif est de couper le saillant de Koursk par des attaques simultanées au nord et au sud. Après l’échec de l’offensive allemande sur le flanc nord, acté pour le 12 juillet 1943, les Soviétiques lancent à leur tour leur opération offensive stratégique de Koursk avec l’opération Koutouzov (russe : операция «Кутузов») contre l’arrière des forces allemandes sur ce même flanc nord. Sur le flanc sud, les Soviétiques déclenchent également de puissantes contre-attaques le même jour, dont l’une mène à un important affrontement blindé, la bataille de Prokhorovka. Le 3 août 1943, les Soviétiques entament la seconde phase de l’opération offensive stratégique de Koursk avec le lancement de l’opération offensive Belgorod-Kharkov (aussi nommée opération Polkovodets-Roumiantsev) contre les forces allemandes sur le flanc sud du saillant de Koursk.

La bataille de Koursk constitue la dernière offensive stratégique allemande sur le Front de l’Est. Comme l’invasion alliée de la Sicile commence pendant la bataille, Adolf Hitler est contraint de détourner des troupes en formation en France pour répondre à la menace alliée en Méditerranée, plutôt que de les utiliser comme réserve stratégique sur le Front de l’Est. En conséquence, Hitler annule l’offensive à Koursk après seulement une semaine et sans avoir obtenu de résultat, en partie pour redéployer des forces en Italie. Les lourdes pertes humaines et matérielles allemandes permettent à l’Armée rouge de conserver l’initiative stratégique pour le reste de la guerre. La bataille de Koursk constitue le premier échec d’une offensive stratégique allemande avant de percer les défenses et d'atteindre sa profondeur stratégique. Bien que l’Armée rouge ait déjà mené des offensives hivernales avec succès, ses contre-offensives après l’attaque allemande à Koursk sont également ses premières offensives estivales réussies de la guerre.

Alors que la bataille de Stalingrad se termine, l’Armée rouge passe à une offensive générale dans le sud, lors de l’opération Saturne. En janvier 1943, un écart de 160 à 300 km s’ouvre entre le Groupe d’armées B et le Groupe d’armées Don, et les armées soviétiques menacent de couper toutes les forces allemandes au sud du Don, y compris le Groupe d’armées A opérant dans le Caucase. Le Groupe d’armées Centre subit également une pression importante. Le ville de Koursk est reprise par les Soviétiques le 8 février 1943, et Rostov le 14 février. Les Fronts de Briansk, de l'Ouest et le nouveau Front central soviétiques se préparent alors à une nouvelle offensive qui prévoit l’encerclement du Groupe d’armées Centre entre Briansk et Smolensk. En février 1943, le secteur sud du front allemand se trouve ainsi confronté à une crise.

Depuis décembre 1942, le Feldmarschall Erich von Manstein, commandant du Groupe d’armées Don, réclame une « liberté opérationnelle illimitée » pour lui permettre d’utiliser ses forces à bon escient. Le 6 février 1943, Manstein rencontre Hitler à son quartier général de Görlitz (actuellement Gierłoż, Pologne) pour discuter des propositions qu’il a précédemment envoyées. Il reçoit l’approbation d’Hitler pour une contre-offensive contre les forces soviétiques avançant dans la région du Donbass. Le 12 février 1943, les forces allemandes sont réorganisées. Au sud, le Groupe d’armées Don est renommé Groupe d’armées Sud et placé sous le commandement de Manstein. Directement au nord, le Groupe d’armées B est dissous, ses forces et ses zones de responsabilité étant réparties entre le Groupe d’armées Sud et le Groupe d’armées Centre. Manstein hérite ainsi de la responsabilité de la brèche massive dans les lignes allemandes. Le 18 février, Hitler arrive au quartier général du Groupe d’armées Sud à Zaporijjia quelques heures avant la libération de Kharkov par les Soviétiques et doit être évacué précipitamment le lendemain.

Une fois sa liberté d’action accordée, Manstein entend utiliser ses forces pour lancer une série de contre-attaques sur les flancs des formations blindées soviétiques, dans le but de les détruire tout en reprenant Kharkov et Koursk. Le 2e SS-Panzerkorps arrive de France en janvier 1943, après avoir été reconstitué. Des unités blindées de la 1re Panzerarmee du Groupe d’armées A se retirent du Caucase et viennent également renforcer les forces de Manstein.

L’opération de Manstein est préparée à la hâte et ne reçoit pas de nom. Plus tard connue sous le nom de troisième bataille de Kharkov, elle commence le 21 février lorsque la 4e Panzerarmee, sous les ordres général Hoth, lance une contre-attaque. Les forces allemandes coupent les têtes de pont soviétiques et poursuivent leur avancée vers le nord, reprenant Kharkov le 15 mars et Belgorod le 18 mars. Une offensive soviétique lancée le 25 février par le Front central contre le Groupe d’armées Centre doit être abandonnée le 7 mars pour permettre aux formations attaquantes de se désengager et de se redéployer vers le sud afin de contrer la menace des forces de Manstein. L’épuisement de la Wehrmacht et de l’Armée rouge, couplé à la perte de mobilité due à l’arrivée de la raspoutitsa printanière, entraîne l’arrêt des opérations pour les deux camps à la mi-mars. La contre-offensive laisse un saillant soviétique s’étendant sur 250 km du nord au sud et 160 km d’est en ouest dans la zone de contrôle allemande, centré sur la ville de Koursk.

Plans et préparation allemands

Les lourdes pertes subies par l’Allemagne depuis le début de l’opération Barbarossa entraînent une pénurie chronique d’infanterie et d’artillerie: 470 000 hommes manquent dans les rangs. Pour que la Wehrmacht puisse entreprendre une offensive en 1943 afin de détruire le saillant de Koursk, l'essentiel des responsabilités — attaquer les défenses soviétiques et tenir le terrain sur les flancs — reposent sur les divisions blindées. Le 10 mars, Manstein présente à Hitler un plan prévoyant d'étrangler le saillant de Koursk grâce une offensive rapide dès la fin de la raspoutitsa printanière.

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