Ce Jour-là

Bataille de Guinegatte (1513)

1513

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La deuxième bataille de Guinegatte, dite Journée des éperons, oppose le 16 août 1513 à Guinegatte (aujourd'hui Enguinegatte, dans le Pas-de-Calais) les troupes françaises de Louis de Longueville et Jacques de La Palice, destinées à libérer la place assiégée de Thérouanne, aux troupes anglo-germaniques commandées par Thomas Wolsey (futur cardinal-archevêque d'York), qui remportent la victoire de façon écrasante. Les deux commandants français, ainsi que le chevalier Bayard et Jacques d'Amboise, fils de Jean IV d'Amboise, sont faits prisonniers par les Anglais et emmenés à Londres.

Cette victoire permet à Henri VIII et Maximilien d'Autriche, coalisés contre Louis XII au sein de la Ligue catholique (1511), de terminer victorieusement la quatrième guerre d'Italie.

Cette bataille a été immédiatement appelée la « Journée des éperons » parce que la cavalerie française y aurait fait plus usage des éperons pour quitter le champ de bataille que des armes pour combattre.

En octobre 1511, le pape Jules II a formé la coalition de la Ligue catholique avec la république de Venise et Ferdinand d'Aragon afin de s'opposer aux ambitions territoriales de Louis XII, maître du duché de Milan ; Henri VIII y entre dès le mois de novembre et Maximilien d'Autriche s'y joint en mai 1512.

À la suite de sa défaite à Novare (6 juin 1513), Louis XII doit ramener son armée d'Italie afin de défendre le territoire français, en particulier contre une expédition anglaise en préparation à Calais.

Préliminaires : le siège de Thérouanne

Les préparatifs anglais à Calais (mai-juin 1513)

Au mois de mai 1513, les troupes anglaises commencent à se rassembler dans Calais pour former l'armée de George Talbot, comte de Shrewsbury, Lord Grand Intendant. Shrewsbury est promu lieutenant-général le 12 mai, le commandement de la flotte d'invasion incombant à John Hopton.

Le 17 mai, le roi Henri annonce aux Cinq-Ports et à Édouard Poynings, connétable du château de Douvres, qu'il prend le commandement en chef de l'expédition en France, et qu'il a nommé des commissaires chargés de réquisitionner tout navire en état d'appareiller. Pendant l'absence du roi « outre-mer » (ad partes transmarinas), Catherine d'Aragon doit gouverner l'Angleterre et le Pays de Galles en tant que Rectrix et Gubernatrix.

La « chronique de Calais » (Chronicle of Calais) d'Edward Hall a conservé les dates d'arrivée sur le continent des officiers d'Henri VIII à partir du 6 juin 1513.

Le départ de l'expédition anglaise (30 juin)

Henri VIII débarque à Calais le 30 juin 1513 avec le gros de son armée, quelque 11 000 hommes. Cette armée, réunie par le cardinal Thomas Wolsey, ayant fonction d’aumônier, comprend des corps de toutes armes : la cavalerie, l’artillerie, l’infanterie et les francs-archers, équipés désormais de flèches à pointe en fer pour transpercer les armures avec davantage d'efficacité. Huit cents lansquenets précèdent Henri.

L'armée anglaise prend la direction de Thérouanne, place forte française enclavée dans le territoire du comté d'Artois, qui est alors sous l'autorité de Maximilien d'Autriche, en tant que régent des Pays-Bas. Shrewsbury commande l'avant-garde forte de 8 000 hommes et Charles Somerset l’arrière-garde de 6 000 hommes.

Les débuts du siège de Thérouanne

Shrewsbury fait monter une batterie et creuser des sapes en avant des remparts de la ville, mais au cours du mois de juillet 1513, il ne fait que peu de progrès contre la garnison composée de Français et d'Allemands.

La ville était défendue par Antoine de Créquy, lequel répondit jusqu'au bout par des tirs d'artillerie au bombardement anglais. Les Anglais surnomment l'un des canons français le sifflet en raison du son qu’il émet.

L'échec des assauts successifs et l'inefficacité du siège sont connus jusqu'à Venise[réf. nécessaire]. Sur la route de Thérouanne, les Anglais avaient dû abandonner deux canons, appelés l’un Jean l’Évangéliste et l’autre le Canon Rouge, et les Français, par leurs combats d’escarmouche, parvinrent à les conserver. Edward Hall, l'auteur de la chronique de Calais, cite le comte d'Essex Henry Bourchier comme l'un des protagonistes de cette opération, et évoque un conseil donné par Rhys ap Thomas. Un agent de Marguerite de Savoie rapporte que « deux hommes entêtés » décidaient de tout, à savoir Charles Brandon qu'il appelle le Grand Écuyer et l’aumônier Wolsey.

Henri campait à l'est de Thérouanne, sur une forte position, décrite par les chroniques anglaises comme barricadée d'artillerie : « fauconneaux, serpentins, des arquebuses, des « flèches éprouvées » (tryde harowes), et des tréteaux de bâtons à poudre (tarasnice, arme à feu hussite projetant des carreaux) ». Le mobilier de campagne du roi Henri consistait en une cabine de bois chauffée par un poêle en fonte, couverte d'une grande tente aux couleurs bleu, jaune et blanc, surmontée des animaux héraldiques du roi : le Lion, le Dragon, le Molosse de Richmond, l'antilope, et la Vache de Dun.

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