La bataille de France ou campagne de France désigne l'invasion des Pays-Bas, de la Belgique, du Luxembourg et de la France, par les forces du Troisième Reich, pendant la Seconde Guerre mondiale, soit de mai à juin 1940.
L'offensive allemande débute le 10 mai 1940, mettant fin à la « drôle de guerre ». Après la percée allemande de Sedan, les armées britannique, française et belge enchaînent une succession de reculs, ponctués par les batailles de la Dyle, de Gembloux, de Hannut, de la Lys et de Dunkerque qui voit le rembarquement des troupes britanniques. Diminuée et restée seule face à la Wehrmacht, l’armée française recule jusqu'à Lyon et Brest après la déclaration de guerre par l'Italie le 10 juin suivie de la Bataille des Alpes, et l'occupation de Paris par les Allemands le 14 juin. Le gouvernement Pétain demande l'armistice le 17, qui est signé le 22 juin, l’état-major français ayant refusé la capitulation.
Le territoire des quatre pays est alors occupé militairement selon différentes modalités : en France, une zone occupée par le Troisième Reich au Nord et à l'Ouest, une zone très réduite occupée par l'Italie dans le Sud-Est et une zone libre sous l'autorité du gouvernement de Vichy. Dans la zone nord de la France occupée, une zone dite « zone interdite » se compose des départements du Nord rattachés au gouvernement militaire de la Belgique occupée, sous les ordres du général von Falkenhausen, qui a tous les pouvoirs. Les cantons d'Eupen et de Malmedy, partie germanophone de la Belgique, à l'est du pays, devenus belges en 1919, sont annexés à l'Allemagne de facto ; il en est de même pour l'Alsace et le département de la Moselle ainsi que pour le Grand-duché de Luxembourg. Les Pays-Bas sont sous l'autorité d'un gouverneur issu du parti nazi, un gauleiter, qui dispose de tous les pouvoirs par délégation spéciale de Hitler.
L‘ensemble de ces territoires n'est libéré par les offensives alliées qu'à partir de juin 1944 ; les derniers ne le seront qu'en mai 1945.
18 juillet 1936 au 1er avril 1939 : la guerre d'Espagne. Le Premier ministre britannique Neville Chamberlain refuse d'aider le gouvernement républicain espagnol et le gouvernement de Léon Blum ne peut déroger aux accords de l'Entente cordiale franco-britannique, ce qui permet au général Franco d'établir son emprise en Espagne, et à Hitler et Mussolini d’intervenir aux côtés des nationalistes et de tester leurs armes de guerre respectives. L'Union soviétique, quant à elle, soutient à partir d'octobre 1936 les républicains espagnols en vendant du matériel de guerre et en envoyant des formateurs militaires pour organiser leur résistance ;
30 septembre 1938 : les accords de Munich avalisent l'annexion des Sudètes à Hitler. Avant de signer cet accord, le Premier ministre britannique Neville Chamberlain avait rencontré trois fois Hitler, sachant que le Royaume-Uni n'était pas suffisamment armé pour faire face aux ambitions du Troisième Reich et que les populations britannique et française ne voulaient pas d'une nouvelle guerre.
Lors de son retour à Londres, Chamberlain déclare : « Mes bons amis, pour la deuxième fois de notre histoire, un Premier ministre britannique revient d'Allemagne apportant la paix dans l'honneur. Je crois que c'est la paix pour notre temps… Retournez à la maison et dormez paisiblement. » (« My good friends, for the second time in our history, a British Prime Minister has returned from Germany bringing peace with honour. I believe it is peace for our time… Go home and get a nice quiet sleep. »).
De son côté, Édouard Daladier, président du Conseil français, amer et lucide, confie dans l'avion du retour à Alexis Léger, alias Saint-John Perse, secrétaire général du Quai d'Orsay : « Les cons ! Ah les cons ! S'ils savaient ce qui les attend… »
15 mars 1939 : invasion par le Troisième Reich de la Bohême-Moravie, partie occidentale de la Tchécoslovaquie.
23 août 1939 : signature du pacte de non-agression germano-soviétique, où les deux pays s'entendent notamment sur un partage de la Pologne et dans un premier temps, sur la « neutralité » de l'URSS dans le conflit à venir à l'ouest de l'Europe.
1er septembre 1939, à 4 h 45 : les troupes allemandes envahissent la Pologne, sans déclaration de guerre, et après d'intenses bombardements. Le Royaume-Uni et la France déclarent la guerre à l'Allemagne deux jours plus tard le 3 septembre.
17 septembre 1939 : l'armée soviétique attaque la Pologne sans déclaration de guerre préalable, soit seize jours après le début de la campagne de Pologne par l'Allemagne nazie.
Fin septembre, la Pologne est occupée par l’Allemagne et son alliée l’URSS qui se partagent son territoire selon leurs accords du mois d'août.
Après l'invasion de la Pologne commencée le 1er septembre 1939, les Alliés déclarent la guerre à l'Allemagne le 3 septembre 1939. Le Royaume-Uni communique la déclaration à 11 h et la France à 17 h. Le jour même, des troupes de reconnaissance françaises font des incursions en territoire allemand. Quatre jours après la déclaration de guerre à l'Allemagne, l’Armée française commandée en chef par le général Gamelin franchit la frontière allemande le 7 septembre 1939 pour pénétrer en Sarre ; l'opération est confiée aux troisième, quatrième et cinquième armées constituant le 2e groupe d'armées (GA2) sous le commandement du général Prételat, mettant en ligne neuf divisions (sur un total de 102 divisions).
Durant cette offensive de la Sarre, les troupes françaises avancent de dix kilomètres en territoire allemand, où les populations civiles allemandes ont été évacuées et mises à l'abri des combats. De plus, tout ce qui permet de se ravitailler est emporté ou saboté, des dizaines de milliers de mines antipersonnel (S-Mine) et antichars (Teler-Mine) sont installées sur les routes, les chemins, les ponts, les places et dans les maisons. Le 8 septembre, les groupes de reconnaissance sont atteints par les mines. Le 9 septembre à 3 h 50 du matin, quatre divisions lancent une offensive dans les vallées de la Sarre et de la Blies. Les Allemands font immédiatement sauter tous les ponts sur les cours d'eau. Quatre chars français R35 sont détruits par des mines au nord de Bliesbruck. La première armée allemande reçoit l'ordre de ne pas contre-attaquer, de laisser les unités françaises avancer et de n'opposer qu'une guerre de sabotage et d'escarmouches.
Le 17 septembre l'Allemagne et l'URSS annoncent qu'elles ont signé le Pacte germano-soviétique de non-agression, mais gardent secret le partage envisagé de la Pologne. L'Armée polonaise est donc prise en étau. Le 18 septembre, les divisions françaises progressent de 8 kilomètres et établissent un front large de 25 km. L'armée française est à 4 km de la ligne Siegfried, à portée de l'artillerie de son ennemi. Le général Gamelin apprend que la Pologne a été envahie à l'est par l'URSS qui est passée à l'offensive le 17 septembre : les opérations sur le front franco-allemand sont arrêtées, la ligne de front est fortifiée, et la presse internationale est invitée à constater la victoire remportée par l'armée française malgré la défense des troupes allemandes. Les centaines de soldats français tués, en particulier ceux de la 11e division, dite la « Division de Fer », sont rapatriés discrètement pour être enterrés à Sarreguemines où on peut toujours voir le monument. Environ 2 000 soldats français ont été perdus (blessés, malades et tués) pendant cette opération qui a duré dix jours.
Les commandements français et britannique avaient estimé l'armée polonaise capable de tenir tête plusieurs mois à l'armée allemande, c'est-à-dire jusqu'au printemps. Mais après la défaite polonaise fin septembre 1939, les troupes françaises quittent les avant-postes de la Sarre et se replient derrière la ligne Maginot. Les états-majors britannique et français sont persuadés qu'ils peuvent bloquer les Allemands comme lors de la Première Guerre mondiale. Les forces du Royaume-Uni, qui avait envoyé sur le continent un corps expéditionnaire britannique (en anglais British Expeditionary Force ou BEF en abrégé), s'installent dans l'attente du prochain mouvement allemand, en maintenant un blocus maritime afin de provoquer l'effondrement allemand comme en 14-18. Stratégie de blocus absolument illusoire puisque l'URSS livre des centaines de milliers de tonnes d'aliments et de matières premières au Reich, qui importe aussi massivement du fer norvégien et du pétrole roumain. Au 10 mai 1940, la RAF engage 416 avions dont 92 chasseurs et 192 bombardiers sur le sol français. Cette force aérienne, la BAFF (British Air Forces in France) était sous le commandement de l'Air Marshal Barratt et se subdivisait à son tour en Advanced Air Striking Force (AASF) dont la mission était de renforcer l'Armée de l'air française et l'Air Component of the British Expeditionary Force (BEF) chargée de soutenir le Corps expéditionnaire britannique.