Ce Jour-là

Bataille de Fougères

Bataille de la guerre de Vendée

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La bataille de Fougères a lieu le 3 novembre 1793 au cours de la virée de Galerne, pendant la guerre de Vendée. Elle oppose les troupes de l'Armée catholique et royale et les troupes républicaines de Fougères, huit mois après le début de l'insurrection vendéenne et en pleine guerre entre la France et la première coalition, qui inclut notamment la Grande-Bretagne.

Après sa défaite à la bataille de Cholet en octobre 1793, l'armée vendéenne traverse la Loire et occupe Laval. L'état-major hésite alors entre plusieurs options stratégiques : regagner la Vendée, marcher sur Rennes pour susciter une insurrection en Bretagne ou bien se rapprocher des côtes et s'emparer d'un port de la Manche dans l'espoir de recevoir des secours des Britanniques et des émigrés présents à Jersey.

L'armée vendéenne prend finalement le chemin de Fougères, ce qui a l'avantage de la rapprocher à la fois de la Manche et de Rennes. L'assaut aboutit à une victoire facile des Vendéens : inférieurs en nombre et mal commandés, les républicains sont écrasés et abandonnent la ville, laissant derrière eux des centaines de morts et de prisonniers.

L'armée vendéenne occupe la ville pendant cinq jours durant lesquels elle s'emploie à se ravitailler et à recruter des partisans. Elle reçoit deux émissaires émigrés porteurs de dépêches du gouvernement britannique qui conseillent de se détourner de Rennes et de suivre le plan anglais. L'armée reprend sa route le 8 novembre en direction de Dol-de-Bretagne, hésitant entre une attaque de Saint-Malo ou de Granville. Mais la jonction avec les Britanniques s'avère impossible et l'armée vendéenne repart vers le sud.

Réoccupée à la mi-novembre, Fougères repasse définitivement sous le contrôle des républicains le 5 décembre. La région devient un des foyers de la chouannerie après la défaite de l'armée vendéenne à Savenay, en Loire-Inférieure, le 23 décembre.

Lors de la Révolution française, le district de Fougères, situé à l'extrême nord-est du département d'Ille-et-Vilaine, connait de nombreuses agitations contre-révolutionnaires. De 1791 à 1793, il est l'épicentre de la conjuration bretonne du marquis de La Rouërie. En août 1792, une insurrection royaliste éclate dans le département voisin de la Mayenne, à Saint-Ouën-des-Toits, et dans les semaines qui suivent les insurgés mayennais, dirigés par Jean Cottereau, dit « Jean Chouan », font plusieurs incursions dans les régions de Fougères et de Vitré. En mars 1793, une vaste insurrection contre la levée en masse secoue plusieurs régions du nord-ouest de la France et notamment le district de Fougères, où 21 paroisses prennent les armes. Plusieurs milliers de paysans tentent d'entrer dans la ville le 19 mars, mais sont facilement repoussés par les gardes nationaux. Le 24 mars, la révolte est matée. Le bilan est d'une quinzaine d'insurgés tués et d'une centaine d'autres faits prisonniers, dont 14 sont condamnés à mort et guillotinés le 13 avril et le 22 mai. Les troubles s'apaisent mais ne disparaissent pas totalement. Dans les mois qui suivent, de nombreux jeunes gens refusent l'enrôlement et se cachent dans la forêt de Fougères.

Cependant si les révoltes de mars 1793 sont réprimées au nord de la Loire, il n'en est pas de même au sud, où elles marquent le début de la guerre de Vendée. Après plusieurs mois de combats indécis, les insurgés vendéens de l'Armée catholique et royale subissent une lourde défaite face aux républicains à la bataille de Cholet, le 17 octobre 1793. Acculés, les Vendéens franchissent la Loire les 18 et 19 octobre et passent au nord du fleuve, ce qui provoque le début de la campagne de la virée de Galerne.

Après avoir franchi la Loire, les Vendéens filent vers le département de la Mayenne et s'emparent de Laval le 22 octobre. La nouvelle arrive à Fougères le 23 ou le 25 octobre, provoquant l'inquiétude de la ville qui redoute d'être attaquée à son tour. Des dispositions défensives sont prises par le capitaine Rallier, ancien officier du génie. Le passage de la porte Roger, à l'est, est notamment barricadé et rendu impraticable.

Les royalistes de la région sortent également de la clandestinité. Le 24 octobre, une troupe de 260 hommes du pays de Fougères, commandée par Aimé Picquet du Boisguy, jointe à une autre de 500 à 600 hommes des environs de Vitré et de l'ouest de la Mayenne, dirigée par Louis Hubert, Jean Chouan et les frères Pinçon, vient rejoindre l'armée vendéenne à Laval et est placée sous les ordres du prince de Talmont. Le 25 octobre, d'autres insurgés parcourent les communes de Balazé et de La Bouëxière, où ils désarment Boissier-Malherbe, le commandant de la garde nationale de Fougères. Celui-ci est dénoncé comme suspect par le comité de surveillance et est assigné à résidence sur ordre du représentant en mission, Pierre Pocholle.

Le 27 octobre 1793, le nom de « chouans » apparaît pour la première fois dans un document de l'administration républicaine, lorsque le district de Fougères rapporte dans son registre des délibérations : « Les cultivateurs sont dans l'état d'inquiétude et d'alarme, les brigands sont à Balazé, quinze brigands de la Petite Vendée à la tête desquels sont les chouans frères. Il semble que ces hommes étaient les mêmes que ceux qui firent une incursion à la mi-août sur Moncontour, Châtillon, Parcé ». Le terme va rapidement devenir usuel pour désigner les insurgés du nord de la Loire.

Lorsque l'armée vendéenne franchit la Loire le 18 octobre 1793, la ville de Fougères n'a pour garnison que sa garde nationale et un bataillon de chasseurs. Comme les autres villes de la région, elle redoute une attaque et demande des renforts. Les inquiétudes redoublent après la prise de Laval, les administrateurs des districts de la région s'attendent dès lors à ce que les Vendéens marchent sur Fougères ou Vitré en vue d'attaquer Rennes. Le représentant Pierre-Pomponne-Amédée Pocholle, alors en mission en Ille-et-Vilaine, ordonne de ravitailler Fougères en grain afin qu'elle puisse accueillir une importante garnison. Quelques jours après, le directoire d'Avranches annonce l'envoi à Fougères de 800 à 900 hommes du 8e bataillon de volontaires du Calvados et de la garde nationale avec quatre canons. Le 24 octobre, le district de Mortain annonce également le départ de 300 hommes. Le 30 octobre à Avranches, le représentant en mission Garnier de Saintes écrit au général Vergnes, à Rennes, qu'il veut protéger Fougères et que 3 000 hommes et huit pièces de canons seront présents dans ce poste le lendemain. Les soldats sont logés à la Retraite, aux Urbanistes, ou bien chez l'habitant.

La garnison est placée sous le commandement de l'adjudant-général Simon-Pierre Brière, qui arrive à Fougères le 26 octobre. Il est suivi le 1er novembre par un officier du génie, Alexandre Magnus d'Obenheim, envoyé depuis Cherbourg pour disposer les moyens de défense. Au moment de l'attaque des Vendéens, la garnison de la ville comprend le bataillon de chasseurs de la Charente, le 19e bataillon d'infanterie légère, dit les chasseurs d'Imbert, le 6e bataillon de volontaires de la Côte-d'Or, le 3e bataillon de volontaires du Calvados, le 8e bataillon de volontaires du Calvados, un bataillon de volontaires de Seine-et-Oise, une compagnie détachée de canonniers de la section du Contrat-Social et 3 000 à 4 000 hommes pris parmi les gardes nationales de Fougères et d'autres communes du district, comme Saint-Georges-de-Reintembault, Louvigné-du-Désert, Antrain, La Bazouge-du-Désert et Saint-Marc-le-Blanc, ou bien de communes normandes comme Mortain, Vire, Coutances, Granville, Saint-James et Sourdeval. Cependant d'après le journal de d'Obenheim, la moitié des gardes nationaux ne sont armés que de piques. Au total, l'ensemble de ces forces rassemble environ 6 000 à 6 500 hommes.

L'Armée catholique et royale est alors sous les ordres du jeune Henri de La Rochejaquelein, tandis que le commandement en second est assuré par Jean-Nicolas Stofflet. Un conseil militaire est formé à Laval pour succéder au Conseil supérieur de la Vendée. Présidé par Guy Joseph de Donnissan, il est composé d'une douzaine ou d'une vingtaine d'officiers. Cependant, le conseil manque d'autorité réelle, une indécision extrême y règne, les débats y sont souvent l'objet de disputes et un grand nombre de personnes y assistent, y compris des femmes d'officiers.

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