Ce Jour-là

Bataille de Fort Necessity

Bataille de la guerre de Sept Ans

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La bataille de Fort Necessity, ou bataille de Great Meadows, qui a lieu le 3 juillet 1754 au Fort Necessity (actuel comté de Fayette, en Pennsylvanie), oppose 600 soldats français du Canada et 100 auxiliaires amérindiens, sous le commandement de Louis Coulon de Villiers, à 100 soldats britanniques et 193 miliciens de la colonie de Virginie et auxiliaires amérindiens, sous le commandement de George Washington, alors jeune lieutenant-colonel de la milice de Virginie. C'est une victoire française, la seule reddition qu'ait dû accorder George Washington au cours de sa carrière.

Avec la bataille de Jumonville Glen, qui en est la cause directe, la bataille de Fort Necessity marque le début de la guerre de la Conquête, appelée French and Indian War aux États-Unis, qui, à partir de 1756, s'intègrera dans le conflit général de la guerre de Sept Ans.

Le site de la bataille est aujourd'hui une zone préservée, Fort Necessity National Battlefield, sur la National Road, non loin de la tombe du général britannique Edward Braddock.

Contexte : la rivalité franco-britannique dans la vallée de l'Ohio

Depuis l'expédition de La Galissonière dans la région de l'Ohio en juin 1749, les Français du Canada cherchent à garantir une présence durable dans cette zone en construisant une série de forts et en s'assurant du contrôle des populations amérindiennes. Mais ils sont confrontés à l'expansionnisme britannique à partir des années 1750.

En 1753, George Washington, jeune planteur enrôlé, effectue à la demande du gouverneur de Virginie Robert Dinwiddie une mission auprès de Jacques Legardeur de Saint-Pierre, commandant des forces françaises en Ohio, à Fort Le Bœuf (aujourd'hui Waterford en Pennsylvanie). Il reçoit une fin de non recevoir quant à la teneur de son message : le retrait français des territoires de la vallée de l'Ohio.

En février 1754, les Virginiens construisent un fortin, le Fort Prince George, aux confins des rivières Ohio, Allegheny et Monongahela. En avril, les Canadiens les en délogent et bâtissent à la place Fort Duquesne. Washington, promu lieutenant-colonel du régiment de Virginie, récemment créé, se trouve dans le sud de la Pennsylvanie quand il apprend la chute de Fort Prince George. Le 25 mai, il prend le commandement du régiment après une chute de cheval mortelle du colonel Joshua Fry (en) et le dirige vers la vallée de l'Ohio. Il apparaît dès cette époque actif et ambitieux, désireux de se mettre en avant malgré son jeune âge.

La bataille de Jumonville Glen et la mort problématique de Jumonville (28 mai)

Le 28 mai 1754, dans une petite gorge — qui s'appelle depuis Jumonville Glen — près de Great Meadows en Pennsylvanie, se produit ce que l'on nommera aussi l'« affaire Jumonville ».

George Washington fut accusé par les Français d'avoir ouvert le feu sans sommation sur un détachement d'une trentaine d'hommes, et fait exécuter Joseph Coulon de Villiers, sieur de Jumonville, commandant le détachement, alors qu'il était son prisonnier.

Il s'avéra en outre que ce dernier était en mission de plénipotentiaire, donc sans intention belliqueuse, les deux camps étant toujours officiellement en paix. Les Français accuseront Washington de meurtre.

L'affaire eu un retentissement jusqu'en Europe, et peut être considéré comme le premier coup de feu de la guerre de Sept Ans.

Le repli de Washington à Fort Necessity (juin)

Dans l'immédiat, Washington se prépare aux représailles françaises. Il se replie à Great Meadows, alors une étendue de terre ouverte, et rassemble ses troupes dispersées. Il ordonne la construction d'une palissade circulaire autour d'un petit bâtiment existant, qu'il nomme laconiquement Fort Necessity (« Fort de la Nécessité »). Il pense que cette construction peut lui donner un avantage tactique, les Français étant obligés d'avancer à découvert jusqu'au fortin. Mais il évalue mal certains paramètres, comme la pente du terrain (le fortin est en fait dans une dépression inondable) et sa distance avec la zone arborée.

Le 14 juin, il reçoit des renforts, 100 soldats britanniques sous le commandement du capitaine James Mackay, ainsi que du ravitaillement. Washington entre immédiatement en conflit avec Mackay sur le commandement de la petite garnison : Mackay n'est que capitaine, mais dans l'armée britannique, ce qui le place statutairement au-dessus de Washington, lieutenant-colonel de la milice coloniale. Ce dernier refuse de recevoir des ordres de Mackay, qui établit un cantonnement séparé. Finalement, un accord de partage du commandement est signé, mais mal conçu, il sera des plus gênant pendant la bataille.

Autre point de friction : les coloniaux, à l'origine présents à Great Meadows pour la construction d'une piste à chariots, demandent l'aide des soldats pour creuser les tranchées défensives. Mais ceux-ci refusent, à moins d'obtenir un supplément de solde.

La contre-attaque française (28 juin)

Le 28 juin, Claude-Pierre Pécaudy de Contrecœur, commandant de Fort Duquesne, prévenu par le seul rescapé, envoie un détachement de plusieurs centaines d'hommes (des Troupes de la Marine et des miliciens) à la poursuite de Washington, sous le commandement du frère de Jumonville, Louis Coulon de Villiers. Dans leur marche, les poursuivants trouvent à Jumonville Glen les cadavres des victimes abandonnés à même le sol. Leur fureur est à son comble.

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