Ce Jour-là

Bataille de Dunkerque

Bataille de la Seconde Guerre mondiale, 1940

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La bataille de Dunkerque commence le 20 mai 1940. Pendant cette bataille l'opération Dynamo permettra l'évacuation de Dunkerque de l'armée britannique (incluant les forces canadiennes) effectuée du 27 mai 1940 au 4 juin 1940 avec l'appui de l'armée française contre l'armée allemande. En tout, 338 226 hommes, comprenant environ 120 000 soldats français et belges, seront évacués vers le Royaume-Uni.

Cette appellation de « bataille de Dunkerque » vient du fait que cette retraite a été présentée par Winston Churchill comme une victoire (85 % des troupes ayant été évacuées).

Bousculé par le Blitzkrieg engagé par l'armée allemande lors de la bataille de France, le front est rompu par la percée de Sedan. L'armée britannique ainsi que les unités les plus modernes de l'armée française battent en retraite vers le nord de la France, elles sont alors coupées des troupes françaises situées au sud.

La retraite des troupes britanniques en vue de leur évacuation du territoire français entraîne l'encerclement de ces dernières et de nombreuses unités françaises à Dunkerque. Les troupes françaises mènent alors une résistance héroïque et désespérée, en particulier la 12e division d'infanterie motorisée à partir du fort des Dunes, destinée à gagner un laps de temps nécessaire à l'embarquement de l'essentiel des troupes britanniques et de plusieurs unités françaises et belges vers l’Angleterre, aidées par l'indécision d'Adolf Hitler, qui confirma un ordre d'arrêt (Haltbefehl) du général von Rundstedt des armées allemandes devant Dunkerque.

L'évacuation s'est opérée à l'aide de navires de la Royal Navy et de bateaux de la marine marchande réquisitionnés pour traverser la Manche, tandis que la RAF lutte dans le ciel pour couvrir l'opération.

Les troupes et le matériel n'ayant pas pu être embarqués sont capturés par la Wehrmacht, mais la réussite du sauvetage du gros des troupes a permis au Royaume-Uni de préserver une part importante de son armée, afin de poursuivre la lutte contre le Troisième Reich.

Le mouvement de retraite stratégique consiste à la fois dans une opération maritime de rembarquement et dans une opération terrestre de protection de la poche de Dunkerque où, prises en étau par des troupes de la Wehrmacht, et sous le feu de leur Luftwaffe et de leur artillerie, les forces alliées évacuent vers l'Angleterre.

Le 20 mai, deux divisions de panzers commandées par Heinz Guderian atteignent Abbeville et la mer. La Wehrmacht parvient ainsi à couper les armées alliées en deux. Un million de soldats français, belges et britanniques sont isolés entre la Manche et les troupes allemandes dont les chars poursuivent leur progression vers la côte. Le 24 mai, les avant-gardes de Guderian établissent six têtes de pont sur l'Aa et atteignent Bourbourg. Elles ont pratiquement le champ libre lorsqu'un ordre impératif du général von Rundstedt, confirmé par Hitler, les stoppe jusqu'au matin du 27.

Plusieurs théories d'historiens ont tenté d'expliquer cet ordre ('Haltebefehl').

La première veut que ce soit Rundstedt, commandant du groupe d'armées A, qui ait voulu un arrêt pour repositionner (recoller en langage militaire) ses troupes, tout en évitant une contre-attaque de flanc qu'il redoutait. Depuis un ouvrage de Frieser, Le mythe de la guerre éclair, il est en effet admis qu'Hitler n'a fait que confirmer l'ordre d'arrêt de son général, désavouant le Oberkommando der Wehrmacht qui voulait au contraire absolument continuer les combats et s'attribuer le coup de faucille de Sedan (Plan Jaune sur une idée de Manstein) et renvoyant à Rundstedt la décision définitive à prendre. Frieser argue, par ailleurs, que dans sa directive no 13, Hitler a bien donné l'ordre le 24 mai 1940 de préparer « l'anéantissement des forces franco-belgo-anglaises enfermées dans les Flandres et l'Artois ». Il ne voulait pas ménager la Grande-Bretagne, comme il le dira plus tard, pour des raisons politiques, comme certains auteurs le dirent, en stoppant son armée.

Cet argument affaiblit la seconde théorie qui se base sur l'idée qu'Hitler, pour des raisons diplomatico-stratégiques et contre l'avis de ses généraux qui, en dehors de Rundstedt voulaient poursuivre, aurait voulu obtenir des Britanniques un accord de paix en écartant une solution d'humiliation, afin de lui permettre d'attaquer l'URSS dans la future opération Barbarossa. Cette thèse lui imputerait la faute stratégique énorme de cet ordre d'arrêt de l'offensive, faute qui marque un vrai tournant de la guerre. La thèse, de moins en moins défendue, s'appuie sur les dires postérieurs d'Hitler qui a tenté au cours de la guerre de se présenter en homme raisonnable recherchant la paix avec la Grande-Bretagne.

Dans ses mémoires, édités en 1959, W. Churchill adoptait déjà la thèse que consolidera Frieser en s'appuyant sur des documents allemands dont le journal du quartier général de Rundstedt (écrit à l'époque) qui précise que lors de sa visite au général, Hitler adopta le point de vue exposé par celui-ci. Il se déclara « entièrement d'accord ». Le journal rapporte, indique Churchill, que « la IVe armée protesta contre cette restriction » (ne pas attaquer Dunkerque). Il ajoute : « Il est donc par conséquent certain que les unités blindées ont été arrêtées et que cela s'est fait non à l'initiative d'Hitler mais à celle de Rundstedt. »

Parmi d'autres hypothèses, on peut signaler celle qui affirme qu'Hitler aurait voulu donner à Goering la possibilité de mettre en valeur la Luftwaffe en détruisant l'armée britannique par l'aviation ce qu'il réclamait, inconscient de la fatigue des pilotes et surtout de l'éloignement des bases aériennes. Pour ses partisans, cette thèse reprend le thème de la jalousie du dictateur vis-à-vis de ses généraux qui s'attribuaient la gloire de la réussite inespérée de la percée de Sedan et de son prolongement vers la Manche. Avec Goering, il les écartait. La directive no 13 d'Hitler confirme cette option aérienne et la rend compatible avec l'ordre d'arrêt confirmé de Rundstedt.

L'armée britannique ayant décidé d'évacuer le territoire français, les Alliés profitent de l'aubaine : ils se regroupent en hérisson pour tenir pied à pied un corridor s'étendant de la région lilloise à Dunkerque, sur une centaine de kilomètres de profondeur et trente à quarante de largeur afin de regrouper leurs troupes dans une poche allongée et ouverte sur la mer qui laisse place à deux options. L'état-major français désormais dirigé par le général français Weygand misait sur une contre-attaque qui permettrait de se dégager vers le sud. Mais le chef du corps expéditionnaire britannique, le général Gort, préfère évacuer ses positions et sans prévenir ni le gouvernement britannique ni ses alliés, il fait retraite vers les ports de la Manche. Le lendemain, le cabinet de guerre britannique, mis devant le fait accompli, confirme cette décision unilatérale, mais toujours sans prévenir ses alliés : « En de telles conditions, une seule issue vous reste : vous frayer un chemin vers l'ouest, où toutes les plages et les ports situés à l'est de Gravelines seront utilisés pour l'embarquement. La marine vous fournira une flotte de navires et de petits bateaux, et la Royal Air Force vous apportera un soutien total… ».

Les troupes britanniques abandonnent donc la droite de l'armée belge pour retraiter précipitamment en vue de se rembarquer à Dunkerque. Dès ce moment, le roi et l'état-major belges se sentent abandonnés, ainsi que le relate l'attaché militaire britannique auprès du roi Léopold III, lord Keyes. Le 28 mai à quatre heures du matin, le roi Léopold III, chef de l'armée belge capitule, après la bataille de la Lys, décision violemment contestée en France et en Angleterre et par son propre gouvernement, mais aussi par son conseiller militaire et plusieurs historiens, notamment le professeur Henri Bernard de l'École royale militaire belge, qui estime que l'armée belge (600 000 hommes) même fort entamée à la fin mai, aurait dû mieux coordonner ses mouvements avec les Français et les Britanniques.

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