La bataille d'Ankara (Ankara Muharebesi) s'est déroulée le 20 juillet 1402 (19 Dhoul Hijja 804 AH) sur le champ de bataille de Çubuk, près d'Ankara, entre les forces du sultan ottoman Bajazet Ier et l'armée turco-mongole de Tamerlan, à la tête de l'Empire timouride.
La bataille s'acheva sur la victoire éclatante de Tamerlan, avec la capture de Bajazet Ier, qui conduisit à une période de crise pour le sultanat ottoman. L'Empire timouride entra cependant dans sa période de déclin final après la mort de Tamerlan († février 1405), moins de trois ans après la bataille, alors que l'Empire ottoman put retrouver toute sa puissance, qui continua ensuite à se développer sur plusieurs siècles.
L'Empire ottoman connaît une ascension fulgurante, notamment sous le règne du sultan Bajazet Ier. En parallèle, Tamerlan mène avec succès des campagnes militaires à travers les steppes ouraliennes, le Moyen-Orient, tout en écrasant les armées mameloukes en Égypte.
L'accumulation rapide de la puissance ottomane sur le flanc ouest des territoires de Tamerlan finit par provoquer une confrontation. Désireux de sécuriser ses vastes possessions, Tamerlan décide d'affaiblir l'Empire ottoman. Il est encouragé dans cette démarche par des princes turcs locaux, dont l'autonomie a été fortement réduite par la politique de centralisation menée par les Ottomans.
Le conflit direct est déclenché par l'action de Bajazet Ier, qui s'empare de territoires et d'alliés de Tamerlan, tout en offrant l'asile à certains de ses ennemis.
Tamerlan pénètre en Asie Mineure et progresse vers l'ouest. Face au refus du gouverneur d'Ankara de lui livrer la ville, il installe et fortifie un camp à l'extérieur de la cité dans l'attente des forces ottomanes. Bajazet Ier se présente avec une armée à la discipline jugée excellente. Cependant, les préparatifs et la stratégie élaborés par Tamerlan, ses généraux et ses ingénieurs s'avèrent décisifs.
Le sultan Bayezid (Bajazet) rencontre Timour Lang (Tamerlan), près d'Angora (Ankara). Les forces sont à peu près égales (220 000 pour les Ottomans contre 180 000 Timourides). Toutefois, les troupes timourides sont presque exclusivement montées, alors que l'infanterie, composée en majeure partie de Serbes, représente la plus grande part des forces ottomanes.
Analysant la topographie de cette zone aride, l'état-major de Tamerlan identifie la fragilité des ressources en eau locales. Les forces turco-mongoles décident de bloquer en amont le ruisseau desservant la zone des combats, privant ainsi l'armée adverse de tout approvisionnement. Tout en procédant à l'empoisonnement des puits, Tamerlan parvient à assoiffer les forces ottomanes, considérablement affaiblies au moment de l'engagement.
L'affrontement se déroule en juillet, dans des conditions climatiques extrêmes de chaleur et de poussière. Les troupes de Tamerlan combattent depuis des positions fortement fortifiées. Après une journée entière de combats, l'épuisement et la déshydratation des soldats ottomans conduisent à l'écrasement de leur armée.
Bernardine Kielty offre un récit particulièrement romancé de cette bataille :
« […] lesquels étaient accompagnés de trente-deux éléphants indiens, qui semèrent la panique parmi les chevaux turcs. Entouré de ses gardes du corps, Bajazet combattit jusqu'à la mort du dernier d'entre eux. Puis, quand il essaya de prendre la fuite, son cheval tomba et les Mongols le traînèrent jusqu'à Timur, en vociférant de joie. […] Au bout de huit mois, Bajazet mourut. Les Turcs Ottomans furent tous dispersés. Et les Mongols, comme une horde de loups, retournèrent au galop en Asie pour aller saccager la Chine. »
— Bernardine Kielty, La Chute de Constantinople, Éd. Nathan 1967
Malgré ce que cet extrait peut faire comprendre, les Turcs combattent ici les Timourides et non les Mongols. Menés par Tamerlan, qui se proclame descendant de Gengis Khan, ils ont attaqué l'Anatolie sans aucune ambition sur ces terres, donnant par là même un sursis inespéré aux empires byzantins de Trébizonde et de Constantinople. Mais une autre conséquence est que ces terres ont été abandonnées par les Ottomans aux Moutons blancs. Les Ottomans se sont donc concentrés par la suite sur l'Europe.
Le sultan Bajazet Ier est capturé lors des combats et meurt en captivité l'année suivante, en 1403. Malgré l'ampleur du désastre militaire pour les Ottomans, le processus de reconstruction et de réunification de l'empire est initié presque immédiatement par le fils du sultan défunt, Mehmet Ier.
Quant à Tamerlan, il meurt le 18 février 1405 (17 Cha'ban 807 AH) avant de pouvoir atteindre la Chine des Ming.
Johannes Schiltberger (1381–c. 1440)
Bertrando de Mignanelli (en) (1370–1455/1460)
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